Justice
Droit : Jusqu’où va le droit de draguer sans tomber dans le harcèlement ?
En République démocratique du Congo, comme ailleurs, la frontière entre la séduction légitime et le harcèlement devient de plus en plus un sujet d’interrogation sociale, morale et surtout juridique. Si « draguer » reste un comportement social toléré dans une certaine mesure, il ne doit jamais franchir les limites du respect de l’autre, de son consentement et de sa dignité.
D’un point de vue juridique, le droit congolais n’interdit pas l’acte de séduction en soi. Toutefois, il sanctionne sévèrement tout comportement qui devient insistant, non désiré, oppressant ou humiliant, notamment dans le cadre professionnel ou éducatif. La Loi n°06/018 du 20 juillet 2006 modifiant et complétant le Code pénal congolais réprime le harcèlement même dans son aspect sexuel (article 174d et e).
Ainsi, une simple déclaration d’intérêt ou une tentative respectueuse de séduction ne constitue pas une infraction. Mais dès lors que les avances deviennent répétées, insistantes ou dégradantes, qu’elles sont accompagnées de pressions ou de gestes déplacés, on tombe dans l’illégalité.
Dans la société congolaise contemporaine, où les dynamiques de genre évoluent et où les voix s’élèvent pour dénoncer les abus, il devient crucial de sensibiliser davantage sur cette distinction. Draguer n’est pas un crime, mais harceler en est un, qui conduit à une peine de servitude pénale de un à
douze ans et d’une amende de cinquante mille à cent mille Francs
congolais ou d’une de ces peines.
Adeodat LIKINDA/CongoProfond.net
À la Une
Kenge : Des réactions contrastées à l’annonce du retour de 2 magistrats
L’annonce du retour prochain à Kenge du magistrat Makwanza et du procureur Émile Ndjale continue de susciter des réactions au sein d’une partie de la population du chef-lieu de la province du Kwango, particulièrement parmi certains groupes de jeunes.
Selon plusieurs sources locales, des discussions seraient en cours au sein de la jeunesse afin d’évaluer les actions à entreprendre pour exprimer leur désaccord avec cette éventuelle réaffectation. Des consultations informelles se tiendraient notamment autour de l’organisation d’activités citoyennes destinées à faire entendre leur position.
D’après les informations recueillies, plusieurs options seraient envisagées. Certains jeunes évoqueraient la possibilité de profiter de la marche de l’opposition prévue le 3 juin pour faire connaître leurs préoccupations, tandis que d’autres privilégieraient une initiative distincte à une date ultérieure afin de démontrer leur mobilisation.

Un retour qui ravive des controverses passées
Le magistrat Makwanza et le procureur Émile Ndjale avaient déjà fait l’objet de critiques de la part d’une frange de la population locale concernant leur gestion de certains dossiers judiciaires. À l’époque, plusieurs accusations avaient été formulées à leur encontre par des citoyens et des organisations locales.
Ces allégations portaient notamment sur de supposés abus dans l’exercice de leurs fonctions ainsi que sur des comportements jugés incompatibles avec leurs responsabilités. Toutefois, il convient de rappeler que ces accusations relèvent des dénonciations faites par leurs détracteurs et qu’elles n’ont pas nécessairement fait l’objet de décisions judiciaires définitives établissant leur responsabilité.
En juillet 2025, un mouvement de contestation populaire avait conduit à une forte tension dans la ville de Kenge, poussant les deux magistrats à quitter temporairement leur poste.
Entre interrogations et attentes
L’éventualité de leur retour suscite aujourd’hui diverses interrogations au sein de la population. Certains habitants estiment que cette décision risque de raviver des tensions encore présentes, tandis que d’autres appellent au respect des procédures administratives et judiciaires en vigueur.
Dans ce contexte, plusieurs observateurs plaident pour l’apaisement et le dialogue afin d’éviter toute escalade et de garantir le maintien de l’ordre public. Les autorités compétentes sont également attendues sur leur capacité à gérer cette situation avec sérénité et dans le respect de l’État de droit.
Alors que les spéculations se multiplient, l’attention reste désormais tournée vers les prochaines décisions administratives et les réactions qu’elles pourraient susciter au sein de la population de Kenge.
Émile Yimbu/CONGOPROFOND.NET
