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À Musonoie, les familles de Kolwezi étouffent sous la poussière des mines

Musonoie, un quartier de la ville de Kolwezi, dans la province du Lualaba. Ici, les maisons semblent prisonnières d’un décor industriel : des sites miniers à perte de vue, des camions surdimensionnés qui rugissent jour et nuit, des nuages de poussière qui s’accrochent aux murs, aux toits, aux visages.

Dans une salle de classe, des enfants récitent une leçon à mi-voix. Soudain, une explosion retentit au loin. Les pupitres vibrent, les vitres tremblent, et certains élèves quittent précipitamment la pièce, les mains plaquées sur les oreilles. « Ça arrive tout le temps », souffle l’instituteur, impuissant. « Comment apprendre dans ces conditions ? »

À quelques rues de là, une mère de famille nous montre les fissures qui lézardent les murs de sa maison. « Chaque détonation fragilise un peu plus notre toit. Nous vivons dans la peur de tout voir s’écrouler », raconte-t-elle. Sa cour est recouverte d’une fine poussière rougeâtre, que même la pluie n’arrive plus à laver.

Les habitants accusent la Kamoto Copper Company (KCC), filiale du géant suisse Glencore, dont les activités minières encerclent peu à peu le quartier. « Le cuivre part pour l’exportation, mais nous, nous héritons de la poussière et du bruit », lâche un vieil homme, assis à l’ombre d’un manguier fatigué par la pollution.

Ce quotidien est devenu un fardeau collectif :

– Les enfants toussent sans cesse.

– Les femmes se plaignent des odeurs toxiques.

– Les familles craignent pour leurs maisons fissurées.

Et pourtant, leurs voix résonnent dans le vide. Pas de justice. Pas de réparations. Pas même une oreille attentive aux souffrances de Musonoie.

Dans ce quartier de Kolwezi, on n’aspire plus à la prospérité minière mais à un droit fondamental : vivre dignement, respirer un air pur, et ne plus être sacrifiés au nom d’un développement qui ne profite qu’aux multinationales.

Tchèques Bukasa/CONGOPROFOND.NET