Environnement
New York : Marie Nyange plaide pour l’intégration de la RDC dans le Conseil d’administration du Fonds CAFI
En marge de la célébration du dixième anniversaire du Fonds pour la Forêt de l’Afrique Centrale (CAFI), la ministre congolaise de l’Environnement, du Développement durable et de la Nouvelle économie du Climat, Marie Nyange Ndambo, a plaidé avec insistance pour l’intégration de la République démocratique du Congo au sein du Conseil d’administration de ce mécanisme financier international.
Pour la ministre, la présence de la RDC dans cette structure de gouvernance est « capitale », car elle permettrait au pays de participer directement aux décisions concernant l’arrivée, la gestion et le décaissement des fonds destinés à la préservation des forêts du bassin du Congo.
« Si nous voulons avoir des résultats efficaces et durables, nous devons être là où les choses se décident », a-t-elle déclaré devant ses homologues réunis à New York.
Au cours de cette réunion de haut niveau, les ministres des pays bénéficiaires du CAFI ont exprimé leurs préoccupations sur la lenteur des décaissements et ont appelé à un climat de confiance renforcé entre les États et le Fonds. Marie Nyange a insisté sur la nécessité de laisser les pays assumer leur leadership :
« L’argent vient au nom des États, il faut laisser les États prendre le leadership pour assurer la durabilité dans le temps », a-t-elle soutenu.
Pour sa part, Alain Noudéhou, Directeur exécutif du Bureau du Fonds d’affectation spéciale multi-partenaires des Nations Unies (MPTFO), a qualifié la décennie du CAFI d’« histoire de succès », tout en reconnaissant les défis à relever. Il a appelé à simplifier les processus, à utiliser des instruments innovants et à amplifier l’action pour maximiser l’impact.
Les participants ont également souligné l’urgence d’investir davantage dans l’amélioration des conditions de vie des communautés locales et des peuples autochtones dépendant des forêts. Ils ont insisté sur la nécessité de mettre en avant, à l’échelle mondiale, le rôle déterminant des forêts du bassin du Congo dans la régulation du climat.
La célébration officielle du 10ᵉ anniversaire du Fonds CAFI est prévue ce mercredi 24 septembre 2025 au siège du PNUD à New York, en présence du Secrétaire général des Nations Unies, Antonio Guterres.
Dorcas Mwavita
À la Une
Peuples autochtones en RDC : Félix Tshisekedi à l’écoute d’une communauté encore marginalisée
Le président de la République, Félix Tshisekedi, a récemment reçu des représentants des peuples autochtones pygmées, accompagnés notamment du professeur Jean-Robert Bwangoy, porteur du projet pilote REDD+ Maï-Ndombe.
Cette rencontre s’inscrit dans la volonté affichée du chef de l’État de renforcer la promotion et la protection des droits des peuples autochtones, longtemps victimes de discrimination et de marginalisation en République démocratique du Congo.
Près de 30 ans après les initiatives de l’ancien président Mobutu Sese Seko visant à valoriser ces communautés, la question de leur intégration socio-économique demeure un défi majeur.

Une discrimination persistante dans la cuvette centrale
Selon le professeur Jean-Robert Bwangoy, la situation des peuples autochtones pygmées reste préoccupante, particulièrement dans les zones forestières de la cuvette centrale, où vivent de nombreuses communautés.
« Il y a eu beaucoup de discriminations dans notre pays. Malgré certains progrès, les peuples autochtones pygmées continuent à être marginalisés, notamment dans les zones de la forêt équatoriale », explique-t-il.
Pour cet universitaire, la discrimination dont sont victimes ces populations est avant tout d’origine économique. D’où la nécessité d’améliorer leurs conditions de vie en leur garantissant l’accès :
– à l’éducation,
– à l’eau potable,
– aux soins de santé,
– et aux opportunités économiques.
Lors de leur rencontre avec le chef de l’État, les représentants autochtones ont plaidé pour une intégration réelle dans le système national, afin que ces communautés puissent bénéficier des mêmes droits que les autres citoyens congolais.
Une loi pour protéger les peuples autochtones
La rencontre intervient dans un contexte marqué par la promulgation, il y a quelque temps, d’une loi portant protection et promotion des droits des peuples autochtones pygmées.
Le professeur Bwangoy salue cette avancée juridique et rend hommage à tous ceux qui ont contribué à son élaboration.
« Je voudrais remercier le chef de l’État, mais aussi l’ensemble des citoyens congolais qui ont participé à l’élaboration de cette loi. Elle reconnaît enfin les efforts et la dignité de nos compatriotes pygmées », souligne-t-il.
L’éducation comme clé de l’émancipation
Au-delà du plaidoyer politique, le professeur Poingoy mène également des initiatives concrètes sur le terrain, notamment dans le village d’Ikita, dans la province du Maï-Ndombe, où il a contribué à la construction d’une école favorisant la cohabitation et l’apprentissage commun entre enfants bantous et pygmées.
Pour lui, l’éducation demeure la clé de l’émancipation des peuples autochtones.
Il cite notamment l’exemple de Suzanne, une jeune fille pygmée qu’il a prise sous son encadrement afin de lui permettre de poursuivre ses études.
« Lorsqu’elle terminera ses études, elle pourra servir d’exemple à d’autres filles pygmées. Leur destin ne doit pas se limiter à rester au village sans perspective. Elles peuvent aussi s’insérer dans le système national », affirme-t-il.
Forêt, peuples autochtones et crédits carbone
Cette dynamique d’inclusion est également liée à la question de la conservation des forêts et des crédits carbone, un sujet de plus en plus présent dans les débats internationaux sur le climat.
Selon le professeur Bwangoy, les peuples autochtones jouent un rôle essentiel dans la préservation de la forêt équatoriale congolaise, et devraient bénéficier directement des mécanismes économiques liés à la protection de ces écosystèmes.
« Les populations qui vivent dans et autour de la forêt doivent profiter réellement de leurs efforts de conservation », insiste-t-il.
Tchèques Bukasa/CONGOPROFOND.NET
