Analyses et points de vue
Mascarade académique en RDC : Quand les universités fabriquent des diplômes sans avenir
En République démocratique du congo, l’obtention d’un diplôme universitaire n’est pas forcément synonyme de compétence ni de garantie d’emploi. Le phénomène des « Usines à diplômes » prend de l’ampleur, créant une génération de lauréats souvent laissés à eux-mêmes, dans un pays où les débouchés professionnels restent dramatiquement insuffisants.
Ce Samedi 20 Septembre 2025, l’université de Kisangani(UNIKIS) a lancé sur le marché d’emploi, 831 nouveaux lauréats. Une cérémonie pleine de faste, de toges et de discours de motivation. Mais derrière les apparences, une réalité sombre se cache : rien ne marche dans le pays, du moins en matière des politiques concrètes d’insertion des jeunes diplômés.
Chaque année, des milliers d’étudiants sont formés, diplômés puis abandonnés à un système qui ne leur réserve que la précarité, débrouillardise ou exil forcé. Les multiples institutions universitaires publiques et privées du pays, certaines nées dans des conditions floues, produisent des diplômés en masse, sans toujours garantir la qualité de formation et la pertinence dans des filières par rapport aux besoins du marché.
L’illusion d’une réussite Académique marque une tragédie licencieuse : la grande majorité de ces jeunes n’accorderont jamais à un emploi descent dans leur domaine. Le tissu économique congolais est très fragile pour absorber ces compétences, réelles ou supposées. Et dans bien des cas, les diplômes sont devenus des simples papiers, obtenus après des parcours semés de compromis, d’arrangements ou de formations bâclées.
Cette situation alimente une perte de confiance généralisée envers l’enseignement supérieur et universitaire congolais. Des voix s’élèvent pour dénoncer « la marchandisation de l’éducation », où certaines universités, à la recherche de gains, favorisent le quantitatif au détriment de la qualité.
Face à cette crise, des réformes profondes s’imposent.
«Il faut refonder le système universitaire, réévaluer les programmes, renforcer la formation pratique, et surtout connecter l’université avec le monde réel du travail. Sinon, le pays continuera à produire des diplômés frustrés, sans avenir, pendant que les universités se félicitent de faux succès », déclare un des lauréats de la facilité de droit du système PADEM.
Blaise ABITA ETAMBE/Congo Profond.net