Société
Kananga : les commerçants « Bayanda » dénoncent des tracasseries et extorsions sur la route de Nganza
Les commerçants à vélo, surnommés les « Bayanda », qui approvisionnent la ville de Kananga en produits agricoles, ont lancé un cri d’alarme ce vendredi 19 septembre. Ils dénoncent des tracasseries routières et des extorsions systématiques de la part des forces de l’ordre postées à une barrière illégale érigée sur la rivière Lubi, dans la commune de Nganza.
Selon les témoignages recueillis, une barrière non officielle a été mise en place dans le village de Kandibu. À cet endroit, les éléments de l’ordre rackettent les commerçants à vélo. Chaque « Bayanda » serait contraint de payer une somme allant de 2 000 à 3 000 francs congolais, à l’aller comme au retour.
Ceux qui refusent de payer subissent des violences. Les commerçants affirment être forcés de rebrousser chemin ou, pire, de céder une partie de leurs marchandises. Certains d’entre eux ont même rapporté avoir perdu leurs vélos et leurs biens, ou avoir été violemment tabassés.
Les « Bayanda » accusent directement le bourgmestre de la commune de Nganza d’être derrière cette situation. Ils affirment qu’il serait à l’origine de l’installation de cette barrière, en collaboration avec les éléments de l’ordre qui y sont affectés.
Les commerçants soulignent l’importance vitale de l’axe Nganza-Dibaya, une route de desserte agricole essentielle pour l’approvisionnement de Kananga. Ce tronçon est la principale source de produits de première nécessité, tels que les tomates, les aubergines, le maïs et le manioc. Les pratiques d’extorsion freinent l’écoulement de ces produits vers les marchés locaux, ce qui a un impact direct sur la chaîne d’approvisionnement et, par conséquent, sur les prix des denrées pour les consommateurs de la ville.
Face à cette situation qui compromet à la fois leur sécurité et leurs activités économiques, les commerçants « Bayanda » lancent un appel pressant aux autorités politico-administratives du Kasaï Central et de la ville de Kananga. Ils les exhortent à intervenir rapidement pour mettre fin à ces tracasseries et garantir la libre circulation des personnes et des biens.
Félicien MK | CONGOPROFOND.NET
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Rapport de monitoring de l’action publique : à peine 25% des décisions prises par le gouvernement sont finalisées, 45% en progression et 30% à documenter (CEPAS)
Le Centre d’Études Pour l’Action Sociale (CEPAS) a présenté ce mardi 2 juin 2026, le rapport de monitoring de l’action publique en République demormcratique du Congo (RDC), démontrant qu’à peine 25% des décisions prises par le gouvernement ont été finalisés, 45% sont en progression et une grande partie d’autres décisions, dont une trentaine restent encore à documenter.

Présentant ce document, devant la presse à Kinshasa, Christian Ndombo Moleka, consultant en CEPAS et président de la dynamique des politologues du Congo a inventorié et déploré que sur les 139 décisions prises au niveau des Conseils des ministres, seule, une vingtaine a été réalisée, reconnaissant que « la volonté d’orienter l’action stratégique est là » mais le défi reste dans la mise en œuvre et la continuité de l’action gouvernementale.
« Ce rapport, pratiquement de trois ou quatre trimestres, soit d’avril en décembre 2025 permet de mesurer l’action publique, la redevabilité du gouvernement et de renforcer l’efficacité de l’action publique », a expliqué Christian Moleka, précisant qu’il « mesure également le niveau réel de transformation de la prise de décision en action publique, identifie les contraintes structurelles et propose une cartographie des activités qui participent au monitoring. »

De son côté, le Père Alain Nzadi, directeur du CEPAS a précisé les objectifs assignés derrière cette initiative. « Notre ambition est que cette analyse contribue au débat public de manière sereine, constructive et utile. Nous espérons qu’elle permettra d’alimenter la réflexion collective sur les moyens de rendre l’action publique plus efficace, plus transparente et davantage orientée vers des résultats concrets », a-t-il déclaré.

Et de poursuivre : « les recommandations formulées dans cette étude s’inscrivent dans cette perspective. Elles visent notamment à promouvoir une culture de résultats, à renforcer les difficultés… des dispositifs de monitoring gouvernemental, à améliorer la coordination interinstitutionnelle et à développer des outils de redevabilité permettant un meilleur suivi de l’exécution des engagements publics. »

À en croire les conférenciers, « au fond, la question centrale qui traverse ce travail est simple : comment faire en sorte que chaque décision publique produise efficacement la valeur attendue pour les citoyens ? », se sont-ils interrogés, souhaitant que cette réflexion pousse le gouvernement à une mise en œuvre rapide de l’action publique au profit des intérêts de la population congolaise.
Exaucé Kaya
