Justice
RDC : Le ministre des Droits humains dénonce le génocide à l’Est et salue le travail du FONAREV
Le ministre des Droits humains, Me Samuel Mbemba Kabuya, lors d’un point de presse tenu ce vendredi 19 septembre, à Kinshasa, à rappeler que les atrocités commises depuis plusieurs décennies dans l’Est de la République démocratique du Congo relèvent de crimes de génocide.
Organisée par son ministère, cette prise de parole publique a mis en lumière la nécessité de rendre justice aux victimes et de mobiliser la communauté internationale face à des violences massives et documentées.
S’appuyant sur les rapports onusiens, notamment le Rapport Mapping, les résolutions récentes du Conseil de sécurité et divers rapports d’experts, le ministre a dénoncé les massacres, épurations ethniques, viols massifs et déplacements forcés imputés au Rwanda et à ses supplétifs (RCD, CNDP, M23, AFC/M23), ainsi qu’à d’autres groupes armés. « Ces atrocités sont bel et bien des actes de génocide qui doivent interpeller la conscience universelle », a déclaré Me Mbemba.
Le ministre a invité l’opinion nationale à s’approprier ce combat, initié par le Chef de l’État Félix Tshisekedi, pour la reconnaissance du génocide en RDC. Il a également exhorté la communauté internationale à briser le silence et à se solidariser avec les victimes.

Au cours de cet échange avec la presse, une question a porté sur le rôle du FONAREV (Fonds national de réparation des victimes des violences sexuelles liées aux conflits et des crimes contre la paix et la sécurité de l’humanité).
En réponse, Me Mbemba a affirmé que le FONAREV « fait bien son travail ». Il a rappelé qu’en sa qualité d’ancien ministre intérimaire de la Justice, il connaît le sérieux de cette institution :
• le FONAREV a déjà identifié de nombreuses victimes, notamment de violences sexuelles ;
• un rapport consolidé a été produit et sera prochainement présenté devant l’Assemblée nationale ;
• le processus d’indemnisation n’a pas encore débuté, mais il interviendra une fois le rapport validé.
Le ministre a insisté : « L’indemnisation ne signifie pas seulement une compensation financière. Elle inclut aussi la reconnaissance officielle du génocide, la réparation morale et judiciaire, ainsi que la poursuite des auteurs. »
Il a enfin mis en garde contre toute précipitation : « Nous devons éviter que des erreurs ne conduisent à indemniser d’autres personnes au détriment des véritables victimes. L’objectif est de rendre justice, pas de créer une double victimisation. »
Dorcas Mwavita