Coopération
Kinshasa : François Muamba appelle l’Afrique centrale à prendre en main sa propre destinée dans le courant de la coopération sino-africaine
Ouvert ce jeudi dans la capitale congolaise, le Colloque international Chine–Afrique centrale (CICAC 2025) a réuni des diplomates, des experts et des chercheurs autour du thème : « La voie à suivre pour concrétiser en Afrique centrale les acquis du Forum sur la coopération sino-africaine (FOCAC 2024) ». Ces assises, placées sous le haut patronage du président de la République démocratique du Congo (RDC), ont pour ambition de renforcer le partenariat sino-africain en tenant compte des réalités spécifiques de l’Afrique centrale.
Dans son allocution d’ouverture, François Muamba Tshishimbi, coordonnateur du Comité de pilotage de la vision stratégique (CPVS), a salué la vision d’un Congo « plus uni, plus fort et plus prospère » portée par le chef de l’État, tout en rappelant que ce colloque se tient dans un contexte régional marqué par des défis sécuritaires persistants. Malgré ces difficultés, il a insisté sur la nécessité d’une coopération « multipolaire et gagnant-gagnant » qui permette à l’Afrique centrale de s’affirmer dans le nouvel ordre mondial.
Revenant sur les grandes lignes du FOCAC 2024, tenu en septembre dernier à Beijing sous le thème « Travailler ensemble pour construire une communauté d’avenir partagé Chine-Afrique », François Muamba a rappelé les dix actions de partenariat annoncées par le président chinois Xi Jinping.
Ces engagements couvrent des domaines variés, allant du commerce à la santé, en passant par l’agriculture, les échanges culturels, le développement vert et la sécurité commune. « L’Afrique centrale doit saisir cette opportunité pour définir sa propre trajectoire au regard de ses réalités particulières », a-t-il martelé.
Le coordonnateur du CPVS a également mis en lumière les initiatives scientifiques qui ont émergé après le FOCAC 2024, notamment le dialogue des groupes de réflexion du Sud Global tenu à Nanjing et la création du réseau des connaissances Chine-Afrique pour le développement lancé au Caire en janvier 2025. Selon lui, ces plateformes d’échanges constituent des leviers essentiels pour soutenir les stratégies de coopération régionales et renforcer la voix de l’Afrique centrale dans le concert des nations.
Le CICAC 2025 s’est fixé pour mission d’évaluer la mise en œuvre des engagements issus de la déclaration de Beijing et du plan d’action 2025–2027. Les participants mèneront des réflexions structurées autour de trois sessions, notamment la présentation des six grandes propositions de Xi Jinping et l’examen des opportunités économiques et industrielles qui en découlent. L’objectif est de dégager des pistes concrètes pour maximiser les bénéfices du partenariat sino-africain.
La cérémonie d’ouverture a vu la participation de plusieurs personnalités de premier plan, dont M. Zhao Bin, ambassadeur de Chine en RDC, et M. Zhou Pingjian, vice-président de l’Institut du peuple chinois pour les affaires étrangères. Du côté chinois, étaient également présents des représentants du Centre de recherche sur le développement du Conseil d’État chinois (DRC), du Centre chinois pour les connaissances internationales sur le développement (CIKD) et de l’alliance des groupes de réflexion du Sud Global.
Outre la délégation chinoise, ces assises rassemblent des experts techniques des États de la sous-région, des universitaires, des membres de think tanks, des chercheurs et des écrivains de renommée internationale. Leur participation témoigne de l’importance stratégique accordée à la coopération Chine–Afrique centrale, appelée à devenir un modèle de partenariat équilibré et adapté aux réalités locales. Les conclusions de ce colloque devraient orienter les futures actions communes pour transformer les promesses du FOCAC 2024 en résultats tangibles pour les peuples d’Afrique centrale.
Exaucé Kaya