Provinces
Sud-Ubangi : Jules Dabia dénonce l’absence des élus et salue la proximité de Jeef Andaka avec sa base
À l’approche de la rentrée parlementaire du 15 septembre 2025, une critique sévère monte du Sud-Ubangi contre les députés nationaux jugés absents de leurs bases électorales pendant les vacances parlementaires.
Jules Dabia, coordinateur provincial du parti Ensemble pour la République de Moïse Katumbi, a dénoncé vendredi 12 septembre ce qu’il appelle des « mandataires désengagés », accusant les élus de privilégier leurs affaires personnelles à Kinshasa et à l’étranger, au détriment de leurs électeurs.
« La population du Sud-Ubangi n’attende rien de cette rentrée parlementaire. Nos députés ne reviennent plus ici, ils abandonnent leur peuple dans la misère. Le seul qui reste proche de sa base est Jeef Andaka », a-t-il déclaré.
Membre du regroupement politique AABC (Alliance des acteurs pour le bon changement, affilié à l’Union sacrée), le député de Gemena est présenté comme un contre-exemple positif. Selon Jules Dabia, Jeef Andaka se distingue par sa régularité auprès de ses électeurs : consultations, échanges et appui aux projets de développement local.
Pour le cadre d’opposition, l’absence prolongée des élus reflète une crise de représentativité. « Le mandat parlementaire n’est pas une récompense mais une mission. Ce silence et ce détachement démontrent un profond mépris envers les électeurs », insiste-t-il, appelant la population à la vigilance et à la sanction électorale.
Dans une province marquée par l’insécurité, l’enclavement, le chômage des jeunes et la dégradation des infrastructures, ce constat sonne comme une interpellation directe à la classe politique locale.
Alors que la session de septembre s’annonce tendue au niveau national, notamment avec le budget et la situation sécuritaire à l’Est, les attentes dans le Sud-Ubangi restent centrées sur une plus grande proximité et redevabilité des députés envers leurs électeurs.
Blaise Abita Etambe / Congo Profond.net
Provinces
Beni : Six membres de la communauté pygmée, dont la star Nzanzu Mangesse, tués lors d’une attaque attribuée aux ADF à Ngadi
La ville de Beni, au Nord-Kivu, a de nouveau été frappée par une attaque meurtrière attribuée aux rebelles des Forces démocratiques alliées (ADF). Au moins six civils issus de la communauté autochtone pygmée ont perdu la vie dans la nuit du samedi 30 au dimanche 31 mai 2026 au quartier Ngadi, dans la commune de Ruwenzori.
D’après plusieurs témoignages recueillis auprès des habitants, les assaillants se sont introduits dans le quartier avant de s’en prendre à un campement occupé par des membres de cette communauté. « Les assaillants ont d’abord ciblé un campement des pygmées où ils ont exécuté les pygmées à l’arme blanche avant de poursuivre l’assaut dans d’autres parties de Ngadi », a relaté un jeune résident du quartier.
Après cette première attaque, les hommes armés auraient poursuivi leur incursion dans d’autres zones de Ngadi. Outre les six personnes tuées dont les corps ont été retrouvés et identifiés par la population locale, plusieurs civils auraient été enlevés et emmenés vers une destination inconnue, faisant craindre un bilan plus lourd dans les prochaines heures.
La population pleure également la disparition de Nzanzu Mangese, considéré comme l’une des personnalités les plus connues de la région. Son décès a provoqué une vive émotion parmi les habitants, qui dénoncent la persistance de l’insécurité dans cette partie du territoire de Beni.
Cette nouvelle attaque remet en évidence les défis sécuritaires auxquels restent confrontées les populations civiles, en particulier les communautés autochtones, malgré les opérations militaires menées contre les groupes armés actifs dans la région.
Franck Kaky/CONGOPROFOND.NET
