Justice
Kinshasa : 11 jours après l’assassinat du major Jean-Benoît Ndabeleka Itongo, la famille saisit la justice militaire contre inconnu
Onze jours après le meurtre du major Jean-Benoît Ndabeleka Itongo, ex-officier du Mouvement de libération du Congo (MLC), survenu en plein cœur de Kinshasa, la famille du défunt a saisi la justice militaire. Une plainte contre inconnu a été déposée le 28 août 2025 auprès de la Cour militaire supérieure près la Cour militaire de Kinshasa/Gombe, par le cabinet Fidami & Associés. Objectif : obtenir l’ouverture urgente d’un dossier judiciaire.
Le drame s’est produit dans la nuit du 16 au 17 août 2025, dans le quartier Mimosa Pêcheur, commune de Ngaliema. Selon la plainte, le major Ndabeleka aurait été attaqué et abattu par des individus non identifiés, qui se seraient ensuite emparés de ses effets personnels — notamment son téléphone portable et sa carte militaire — avant de disparaître.
Originaire du Sud-Ubangi, précisément du territoire de Budjala (secteur de Ndolo-Liboko), le major Ndabeleka était une figure connue dans les rangs militaires. Ancien combattant du MLC, il avait participé aux affrontements armés contre le régime de Laurent-Désiré Kabila entre 2006 et 2007. Son décès est perçu comme une perte significative, tant pour sa famille que pour ses compagnons d’armes, qui le décrivaient comme un patriote engagé.
Les avocats de la famille, tout en dénonçant la gravité de cet acte, réclament une instruction sérieuse pour identifier et traduire en justice les auteurs du crime. Ils demandent également la délivrance d’une réquisition pour autopsie, afin d’établir officiellement les causes exactes du décès. Une exigence qui intervient alors que la famille redoute une tentative d’inhumation précipitée, prétendument orchestrée par des personnes se présentant comme des proches du défunt.
Dans l’attente de la réaction des autorités judiciaires, la famille Ndabeleka clame son exigence de « justice, vérité et transparence ».
Ce meurtre, toujours non élucidé, continue de susciter une vive émotion, particulièrement dans la province d’origine du major, où il était considéré comme un symbole de loyauté militaire et d’engagement patriotique pour l’unité nationale et la cohésion sociale.
Blaise Abita Etambe / CONGOPROFOND.NET
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« Maîtrisez-les n’est pas torturez-les » : La Cour militaire siégeant à Ndolo acquitte Philémon Mambabua
L’épilogue judiciaire de l’affaire dite des « Enfants Mushobekwa » est tombé ce jeudi 4 juin 2026 à 13h20, dans le décor solennel d’une audience ouverte par les honneurs militaires. L’affaire PR 540/026, appelée par le greffier, a vu comparaître physiquement Philémon Mambabua et les deux policiers Bope Tshende et Ebukalela Aaron, tandis que les parties civiles (Marie-Ange Mushobekwa et Ntabaza) étaient présentes, les 3 garçons étant représentés par leurs conseils.

Le Premier Président de la Cour, devant l’épaisseur du jugement, a dispensé l’assemblée de la lecture exhaustive pour se concentrer sur l’exposé des faits. Il est revenu sur cette soirée pyjama organisée par Malaïka, fille de Philémon Mambabua, et sa cousine Leonnie, qui invitèrent Sakina, laquelle fit appel à son petit ami Claudien Likulia vers 1h du matin fraîchement revenu de Paris. Contre toute attente, ce dernier fit irruption vers 3 heures du matin avec deux autres garçons (son petit-frère Christopher et son ami Noah), bien après l’heure convenue. Une situation qui affecta Malaïka et qui, au retour inopiné de son père, fit éclater le stratagème. Ce dernier exigea que les parents soient appelés pour une discussion au petit matin. Marie-Ange Mushobekwa présenta alors ses excuses et demanda à ses garçons d’en faire autant. L’affaire, à cet instant précis, était close.
C’est le lendemain que le cours des événements bascula, avec le dépôt d’une plainte par Me Claude Mulemba Benoit, avocat de Madame Mushobekwa auprès de l’auditorat militaire, évoquant torture et séquestration. Pourtant, au fil des audiences, Philémon Mambabua et les deux policiers ont constamment nié. La Cour, dans son office de vérification et de reconstitution des faits, a relevé que la volonté de Philémon Mambabua avait été viciée : la dissimulation des 3 garçons dans la salle de bain prouve qu’il n’avait jamais autorisé leur présence à son domicile. Sur le cœur du dossier — la torture —, la Cour s’est livrée à un examen méthodique des preuves. Elle a constaté que si les victimes ont décrit des actes sous l’effet de traumatismes, la nature et l’exactitude de leurs récits pouvaient en être altérées, notamment sur le nombre de policiers impliqués et l’instrument utilisé. Mais surtout, Sakina, témoin central, a toujours affirmé n’avoir jamais entendu Philémon Mambabua donner l’ordre de maltraiter les garçons. La Cour a donc retenu le doute sur l’incitation, rejetant la qualification du Ministère public et rappelant que l’ordre de « maîtriser » ne saurait être confondu avec celui de torturer. Faute de preuves matérielles et d’élément intentionnel caractérisé, Philémon Mambabua a été purement et simplement acquitté.
La Cour, s’en tenant aux faits et non aux définitions ontologiques, a ainsi déclaré l’infraction d’incitation non fondée en droit pour le prévenu principal. Cet acquittement emporte des conséquences civiles directes : Philémon Mambabua, déclaré non responsable, ne devra verser aucune réparation. Le droit a été dit, et pour l’ »avocat de la société » comme pour la défense, le message est limpide : sans preuve, l’accusation ne tient pas.
TEDDY MFITU
Polymathe, chercheur et écrivain / Consultant senior cabinet CICPAR
