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Médias

Grand Katanga : la presse écrite ne séduit plus que 4 % des consommateurs des médias

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L’étude d’audience des médias en RDC, réalisée par Target Sarl dans les 26 chefs-lieux de province, révèle une mutation profonde des habitudes médiatiques dans l’espace Grand Katanga.

Si l’internet domine largement (62 %), la presse écrite apparaît comme le parent pauvre, ne recueillant que 4 % d’audience.

Les données de l’étude montrent que l’internet est désormais le média le plus consommé dans trois provinces du Grand Katanga : Haut-Katanga (75 %), Haut-Lomami (67 %) et Lualaba (55 %). Dans le Tanganyika, la tendance se renverse : la télévision payante (47 %) y devance légèrement l’internet (40 %).

Si la radio garde encore une certaine importance, notamment au Lualaba (33 %) et au Haut-Lomami (33 %), elle se retrouve nettement en retrait dans le Haut-Katanga (14 %).

Avec seulement 4 % d’audience, la presse papier est de moins en moins consultée, concurrencée à la fois par le numérique et par les chaînes câblées (30 %). Cette chute traduit une transformation des pratiques d’information, où le public privilégie désormais l’instantanéité et l’accessibilité offertes par les supports digitaux et audiovisuels.

Cette enquête, menée du 1ᵉʳ au 7 mars 2025 sur un échantillon de 2 000 personnes représentatives de la population congolaise âgée de 18 ans et plus, met en évidence une dynamique qui dépasse le Grand Katanga : la presse traditionnelle peine à résister face à la montée en puissance des nouveaux médias.

Dorcas Mwavita

Médias

CSAC : le régulateur congolais étranglé, la démocratie médiatique en danger

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Depuis quatre ans, le Conseil supérieur de l’audiovisuel et de la communication (CSAC) survit dans une précarité devenue systémique. Officiellement chargé de contrôler le secteur des médias, il fonctionne “par à-coups, avec quelques mois de budget débloqués ponctuellement avant que le gouvernement ne ferme le robinet”.

Les salaires de ses agents accusent jusqu’à 32 mois d’arriérés, une situation d’autant plus incompréhensible que les crédits sont votés chaque année dans la loi de finances. Le CSAC dénonce un “affaiblissement organisé” : un cycle de promesses budgétaires, de déblocages temporaires, puis d’un retour brutal à l’abandon qui érode ses capacités opérationnelles et humilie ses membres. Comme le résume l’institution elle-même, “un CSAC sans moyens devient contrôlable.

Et un régulateur contrôlable cesse d’être un pilier démocratique”. Au-delà des salaires, c’est toute la mission régalienne du CSAC qui est sabotée par l’absence de moyens de mobilité. Les frais de mission et les titres de voyage, pourtant inscrits noir sur blanc dans la loi de finances, ne sont jamais exécutés, clouant au sol le président, les membres du Bureau et les experts. Résultat : le régulateur congolais est tenu à l’écart des grands forums africains et francophones — RIARC, REFRAM, ICASA — où se discutent les fake news, les deepfakes, la régulation des géants du numérique et de l’intelligence artificielle.

“Pendant que les autres régulateurs africains échangent sur les algorithmes et la responsabilité des plateformes, le CSAC est maintenu dans une immobilité humiliante”. Pour sauver les apparences, certains déplacements jugés essentiels ont été financés sur les deniers personnels du président ou par des emprunts, une humiliation qui renvoie l’image d’un État étranglant délibérément son propre organe de contrôle. La tragédie est aussi humaine.

Trois agents du CSAC sont décédés en l’espace de quelques mois, faute d’avoir pu se payer des soins. Des témoignages poignants évoquent des enfants déscolarisés, des familles brisées, des agents réduits à la mendicité dans une institution censée incarner l’autorité de l’État. Cette lente asphyxie ne laisse guère de place au doute :

“Laisser l’institution sans moyens, attendre que la situation devienne explosive, puis débloquer un ou deux mois de fonctionnement avant de replonger le régulateur dans l’abandon” n’est plus une simple défaillance administrative, mais une méthode. À l’heure où la désinformation et les discours de haine prolifèrent, le silence budgétaire imposé au CSAC n’est pas une économie, c’est un sabotage silencieux de la démocratie congolaise.

TEDDY MFITU
Polymathe, chercheur et écrivain / Consultant senior cabinet CICPAR

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