Provinces
Sud-ubangi : le journaliste Jean-Pierre Mutamba défend un mémoire sur l’impact des radios communautaires dans la lutte contre le changement climatique
Le journaliste indépendant et militant de l’environnement, Jean-Pierre Mutamba, a soutenu samedi 26 Août, son mémoire de fin d’études consacré à l’« impact des radios communautaires sur l’éducation mésologique de la population de Gemena dans la lutte contre le changement climatique ».
Connu sous le surnom de « Café Bololo » grâce à une émission radiophonique populaire qu’il anime depuis plusieurs années, Mutamba est une figure médiatique de la province du Sud-Ubangi. Ancien directeur général de la Radio rurale de Gemena (RRG), il poursuit actuellement ses études en sciences de l’environnement à l’Université du CEPROMAD-Gemena.
Dans ses recherches menées pendant deux ans, le journaliste-environnementaliste a constaté que, malgré la présence d’une dizaine de stations émettant à Gemena, seules 14 % d’entre elles consacrent des programmes réguliers à la sensibilisation environnementale. Un chiffre jugé trop faible face aux défis liés au réchauffement climatique et à la dégradation des écosystèmes urbains.
« L’éducation mésologique doit provoquer une révolution intellectuelle et éthique pour répondre aux crises environnementales actuelles », a-t-il souligné lors de sa soutenance.
Mutamba recommande une collaboration renforcée entre médias locaux, experts écologistes, ONG, associations, autorités et professionnels de santé publique afin d’améliorer la sensibilisation de la population. Il cite notamment comme priorités :
- la lutte contre les pollutions sonores,
- le recyclage des déchets organiques et plastiques,
- l’interdiction de l’abattage illicite des arbres,
- et la protection durable des zones vertes autour de Gemena.
Pour le journaliste, la gestion durable de l’environnement ne concerne pas seulement Gemena, mais s’inscrit dans un combat mondial contre les conséquences du changement climatique.
Blaise Abita Etambe
Provinces
Beni : Six membres de la communauté pygmée, dont la star Nzanzu Mangesse, tués lors d’une attaque attribuée aux ADF à Ngadi
La ville de Beni, au Nord-Kivu, a de nouveau été frappée par une attaque meurtrière attribuée aux rebelles des Forces démocratiques alliées (ADF). Au moins six civils issus de la communauté autochtone pygmée ont perdu la vie dans la nuit du samedi 30 au dimanche 31 mai 2026 au quartier Ngadi, dans la commune de Ruwenzori.
D’après plusieurs témoignages recueillis auprès des habitants, les assaillants se sont introduits dans le quartier avant de s’en prendre à un campement occupé par des membres de cette communauté. « Les assaillants ont d’abord ciblé un campement des pygmées où ils ont exécuté les pygmées à l’arme blanche avant de poursuivre l’assaut dans d’autres parties de Ngadi », a relaté un jeune résident du quartier.
Après cette première attaque, les hommes armés auraient poursuivi leur incursion dans d’autres zones de Ngadi. Outre les six personnes tuées dont les corps ont été retrouvés et identifiés par la population locale, plusieurs civils auraient été enlevés et emmenés vers une destination inconnue, faisant craindre un bilan plus lourd dans les prochaines heures.
La population pleure également la disparition de Nzanzu Mangese, considéré comme l’une des personnalités les plus connues de la région. Son décès a provoqué une vive émotion parmi les habitants, qui dénoncent la persistance de l’insécurité dans cette partie du territoire de Beni.
Cette nouvelle attaque remet en évidence les défis sécuritaires auxquels restent confrontées les populations civiles, en particulier les communautés autochtones, malgré les opérations militaires menées contre les groupes armés actifs dans la région.
Franck Kaky/CONGOPROFOND.NET
