Santé
Ituri : trois jours de mobilisation pour protéger les enfants contre la polio
La ville de Bunia a vibré, ce mercredi 27 août 2025, au rythme du lancement officiel de la campagne de vaccination contre la poliomyélite. Prévue jusqu’au 30 août, l’initiative cible les enfants de 0 à 59 mois, avec l’ambition d’éradiquer cette maladie invalidante qui continue de menacer l’avenir des plus jeunes.
Près de 1,6 million d’enfants sont concernés dans les 36 zones de santé de la province. Les équipes de vaccination mèneront une campagne de proximité en se rendant porte à porte, y compris dans les zones affectées par l’insécurité. Un jour supplémentaire a été prévu pour rattraper les enfants non vaccinés dans le délai initial, preuve de la volonté des autorités sanitaires de n’exclure aucun enfant.
« Chaque enfant recevra un marquage sur la main et chaque ménage visité sera identifié pour éviter toute confusion », a expliqué le Dr Marcel Lola, de la Division provinciale de la Santé, appelant parents, leaders communautaires et autorités locales à soutenir massivement l’opération.
La cérémonie de lancement, organisée sur l’esplanade du gouvernorat, a été marquée par un geste symbolique : le commandant de la 32ᵉ région militaire, représentant le gouverneur, a administré lui-même les premières gouttes à un enfant, rappelant que la prévention demeure la seule arme contre la polio.
La poliomyélite est une maladie virale qui attaque le système nerveux et peut provoquer une paralysie irréversible, en particulier chez les moins de cinq ans. Si elle a été éradiquée dans plusieurs régions du monde, elle persiste encore dans certains pays fragilisés par l’instabilité ou l’isolement. En RDC, des campagnes répétées sont donc indispensables pour couper la chaîne de transmission.
En Ituri, cette nouvelle campagne est perçue comme un moment décisif. Pour de nombreuses familles, elle représente l’espoir de voir grandir une génération d’enfants à l’abri de cette menace silencieuse. Pendant trois jours, la province se mobilise pour offrir un avenir plus sûr à ses enfants.
Vérite Johnson