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Examen d’Etat en RDC : Une mine d’Or de plus de 14 millions USD en 2025 !
En République Démocratique du Congo (RDC), l’organisation de l’Examen d’État, censée être un service public financé par le Gouvernement, génère chaque année des recettes considérables. Pour la session 2025, on estime à plus de 14 millions USD les revenus issus de l’enrôlement des candidats, à travers la vente des fiches, la capture des photos et la numérisation.

Des frais obligatoires pour chaque candidat
Bien que cette épreuve certificative marquant la fin du cycle secondaire soit officiellement financée par l’État, chaque candidat est tenu de s’acquitter de frais obligatoires. Ceux-ci comprennent l’achat de la fiche E.01, la prise de photo, la numérisation, ainsi que les frais de participation.
Conformément à la réglementation scolaire en vigueur, ces montants sont fixés par les Gouverneurs de provinces. Les tarifs varient d’une province à l’autre. À Kinshasa, par exemple, les candidats déboursent 37.000 FC pour l’inscription au rôle, et 85.000 FC pour la participation. Dans plusieurs provinces, les frais sont légèrement plus élevés.
Des chiffres qui donnent le vertige

Lors du lancement de l’édition 2025 de l’Examen d’État, le 28 juillet au CS Don Bosco (Masina), la ministre d’État à l’Éducation nationale et à la Nouvelle Citoyenneté, Raïssa Malu Dinanga, a révélé que 1.079.341 candidats du cycle long étaient inscrits.
À raison de 37.000 FC par candidat rien que pour l’enrôlement, les recettes atteindraient 39.935.617.000 FC, soit plus de 14 millions USD. Et ce, sans compter les frais de participation et autres coûts périphériques.
Un flou inquiétant autour de la répartition

Cette manne financière soulève de nombreuses interrogations parmi les observateurs :
1. Pourquoi les arrêtés des Gouverneurs ne mentionnent-ils plus la clé de répartition des frais perçus ?
2. À qui profite réellement cette somme colossale ?
3. Comment se justifie l’allocation budgétaire de l’État si les recettes de terrain ne sont pas versées au Trésor public ?
Il est notoire que ces fonds ne transitent pas par les caisses du Trésor. Ils sont directement gérés par les acteurs du système éducatif : le Ministère, le Secrétariat général, l’Inspection Générale de l’Enseignement (IGE), les Directions provinciales (PROVED), et les IPP.
Ces fonds couvrent officiellement les coûts d’impression des fiches, la logistique liée aux documents d’examen, ainsi que le paiement des différents intervenants.
Témoignages et pratiques douteuses

Deux faits marquants donnent du crédit à ceux qui qualifient l’Examen d’État de « mine d’or » :
– Kutumisa Kiota Omer, ancien ministre de l’Éducation nationale, avait raconté avoir trouvé un jour sur son bureau une pile de billets représentant sa « quote-part » des frais d’examen, qu’il aurait refusée.
– Un autre ancien ministre, pressentant sa sortie du gouvernement, aurait tenté de faire verser les frais de participation dès le début de l’année scolaire. Une tentative avortée suite à l’intervention d’un député.
– Par ailleurs, Steve Mbikayi, alors ministre de l’Enseignement supérieur, avait proposé la suppression pure et simple de l’Examen d’État. Pour lui, non seulement il ne reflétait plus le niveau réel des élèves, mais il constituait une charge lourde pour le budget national.
Enrichissement parallèle ?
Certes, l’organisation d’un examen national implique des coûts : impression, transport, logistique, rémunération des intervenants. Mais au regard des sommes collectées, il est légitime de se demander si cette épreuve ne sert pas aussi, voire surtout, à enrichir un système opaque, au détriment de la transparence et de l’équité.
Jules Kisema Kinkatu/CONGOPROFOND.NET