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Guillaume Ngefa, un style discret qui tranche avec les codes du populisme politique congolais
La scène aurait pu passer inaperçue si elle ne contrastait pas autant avec les habitudes bien ancrées du microcosme politique congolais. Ce mardi 12 août, la passation de pouvoir entre le ministre a.i. sortant de la Justice, Samuel Mbemba, et son successeur, Guillaume Ngefa, s’est déroulée à Kinshasa dans un dépouillement rare, presque déroutant.
Pas de tam-tam, pas de cortège motorisé bruyant, pas de chants, ni de banderoles proclamant l’avènement d’un « sauveur », autant de signes pourtant familiers à chaque prise de fonction ministérielle en République démocratique du Congo, où le populisme et la mise en scène sont souvent au rendez-vous.
À la fin de la cérémonie, Guillaume Ngefa est reparti comme il était arrivé : simplement, avec sérieux, un léger sourire aux lèvres. Une sobriété qui a marqué les esprits dans les couloirs du ministère, où plusieurs fonctionnaires ont salué cette attitude comme un signe de rupture.
Cette approche tranche radicalement avec certaines prises de fonction récentes, dont celle, très commentée, de Constant Mutamba, ancien ministre de la Justice, qui avait fait son entrée officielle accompagné… d’un chien, dans une mise en scène qui avait alimenté les chroniques politiques et les réseaux sociaux.
Pour de nombreux observateurs, le style Ngefa ne relève pas seulement du choix personnel : il pourrait traduire une volonté de replacer le travail et la rigueur au centre, loin des démonstrations tapageuses. Sa réputation, forgée au fil d’années d’engagement dans les droits humains et de missions internationales, le présente comme un homme réservé, peu enclin à chercher la lumière, mais déterminé sur le fond.
Désormais à la tête d’un ministère stratégique dans un contexte politique tendu, Guillaume Ngefa hérite de dossiers lourds : réforme de la justice, lutte contre l’impunité, modernisation des institutions judiciaires, et restauration de la confiance des citoyens envers l’appareil judiciaire. Sa première apparition officielle laisse entrevoir un style sobre et pragmatique, reste à savoir si cette posture résistera à la tempête politique congolaise.
Tchèques Bukasa/CONGOPROFOND.NET
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Ebola : avec un taux de létalité de 17%, le gouvernement rassure et souligne les premiers cas de guérison en RDC
Invité du Briefing hebdomadaire coanimé avec le ministre de la Communication et Médias, Patrick Muyaya Katembwe, ce jeudi 4 juin 2026, le ministre de la Santé publique, Hygiène et Prévoyance sociale, Samuel Roger Kamba Mulamba, a présenté la situation sanitaire réelle de l’épidémie d’Ebola, vingt jours après l’annonce officielle de cette résurgence en République démocratique du Congo.
Selon le ministre de la Santé, 381 cas confirmés d’Ebola ont déjà été enregistrés dans le pays, avec 63 décès, soit un taux de létalité estimé à 17 %. À ce jour, sept personnes sont déclarées guéries, dont six en Ituri et une à Goma.
Le gouvernement indique que seulement trois provinces sont touchées par cette épidémie : l’Ituri, le Nord-Kivu et le Sud-Kivu. La province de l’Ituri demeure l’épicentre de l’épidémie avec près de 95 % des cas confirmés. Le Nord-Kivu compte 19 cas, tandis que le Sud-Kivu en enregistre 3.
Le Dr Roger Kamba a insisté sur l’importance d’une prise en charge rapide des personnes contaminées afin de limiter les décès.
« Nous avons la possibilité de sauver les gens si les personnes contaminées rejoignent rapidement les centres de prise en charge », a-t-il déclaré.
Le ministre a également rassuré l’opinion nationale et internationale concernant les déplacements des Congolais à l’étranger, notamment dans le cadre des compétitions sportives internationales.
« Il n’y a aucune raison de fermer les frontières ou d’empêcher les joueurs et supporters congolais de participer au mondial. Ce n’est pas la nationalité qui représente un risque, mais le contact avec une personne infectée », a précisé le ministre.
Abordant la question du suivi des patients guéris, le ministre de la Santé a expliqué que le virus Ebola peut rester présent dans le sperme jusqu’à deux ans après la guérison. Pour cette raison, les survivants continuent d’être suivis médicalement afin d’éviter tout risque de transmission à leurs partenaires.
Toutefois, il a affirmé qu’une personne guérie d’Ebola ne peut pas contracter une seconde fois le même virus.
Parmi les principales mesures de riposte recommandées par les autorités sanitaires figurent le lavage régulier des mains et l’évitement de tout contact avec les personnes contaminées ou suspectées de l’être.
Glodi Bukasa
