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Guillaume Ngefa : Un juriste pour restaurer la foi dans la Justice (Portrait du défenseur des Droits humains)
Nommé ministre d’État, Garde des Sceaux, le 7 août 2025, Guillaume Ngefa-Atondoko Andali incarne le tournant attendu pour la justice congolaise. Juriste de renommée internationale, défenseur des droits humains et vétéran du système des Nations Unies, il arrive à ce poste avec un projet clair : restaurer la confiance dans les institutions judiciaires et faire de la justice un véritable pilier de l’État de droit en République démocratique du Congo.

Un parcours forgé dans la défense des droits humains
Natif de la RDC et diplômé en droit international (Columbia University, Institut des droits de l’homme de Strasbourg, Université de Kinshasa), Guillaume Ngefa s’est distingué dès les années 1990 en cofondant l’AZADHO (devenue ASADHO), l’une des premières ONG de défense des droits humains au Congo.
Ses prises de position courageuses contre la dictature zaïroise puis contre les dérives du régime Kabila lui valent reconnaissance internationale, mais aussi menaces et exil temporaire.
Une expertise forgée aux Nations-Unies

Pendant plus de 30 ans, il œuvre dans des zones de crise comme le Mali, la Côte d’Ivoire, la Guinée-Bissau et le Sénégal. À la tête de la Division des droits de l’homme de la MINUSMA (Mali), il pilote des enquêtes sur les exactions, renforce les capacités judiciaires locales et établit des ponts entre justice transitionnelle et justice ordinaire.
En 2023, il dirige le Service de l’Examen Périodique Universel (EPU) à Genève, une instance clé de l’ONU pour l’évaluation des pratiques des États en matière de droits humains.
Ministre de la Justice : une mission nationale, un projet ambitieux

À 58 ans, Guillaume Ngefa revient dans son pays natal pour prendre les rênes du ministère de la Justice dans un contexte particulièrement sensible. La population congolais exprime depuis des années un profond malaise face à une justice perçue comme corrompue, politisée, lente et inaccessible.
Son projet se structure autour de cinq axes majeurs :
1. Lutte contre la corruption judiciaire : Audit du fonctionnement des tribunaux et mise en place d’un mécanisme indépendant de surveillance des magistrats.
2. Réforme de la formation des juges et magistrats : Révision des programmes de l’École de magistrature, renforcement des compétences éthiques et juridiques.
3. Justice de proximité et accès équitable au droit : Déploiement de tribunaux mobiles dans les zones rurales, promotion de la médiation communautaire.
4. Digitalisation de la chaîne judiciaire : Dossiers numérisés, gestion des audiences en ligne, traçabilité des décisions pour plus de transparence.
5. Indépendance du pouvoir judiciaire : Dialogue institutionnel pour limiter les interférences politiques et renforcer le rôle du Conseil supérieur de la magistrature.
Un homme de convictions, au service du peuple

Connu pour son humilité, sa rigueur intellectuelle et son intransigeance morale, Guillaume Ngefa se veut le « ministre du peuple », à l’écoute des justiciables les plus vulnérables. Il insiste sur le fait que « la justice n’est pas un privilège, mais un droit fondamental qui ne doit plus jamais être marchandé ».
Réformer pour redonner confiance

Avec Guillaume Ngefa à la tête du ministère de la Justice, la RDC entre peut-être dans une ère nouvelle. Une ère où le droit ne sera plus l’instrument des puissants, mais le rempart des citoyens contre l’arbitraire. Le chemin reste semé d’embûches, mais le cap est donné, clair, ambitieux, et attendu depuis trop longtemps.
Tchèques Bukasa/CONGOPROFOND.NET