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Tribune

S.O.S à Kinshasa : la ville est prise en otage par les criminels, où sont les autorités ? (Tribune de Dorcas Mwavita)

Kinshasa, notre capitale, n’est plus une ville où l’on dort tranquille. Chaque réveil est une nouvelle douleur, un nouveau crime, un autre viol, un nouveau deuil. À chaque aube, une autre famille pleure un être cher, tombé sous les coups de malfrats sans foi ni loi. Les 24 communes de la capitale sont désormais le terrain de chasse d’une criminalité galopante, armée, brutale, et impunie.

Plus une seule commune n’est épargnée. Que ce soit à Bandal, à Limete, à Gombe ou à Selembao, etc, la peur règne. Et cette peur s’infiltre jusque dans nos maisons.

Des cambrioleurs n’hésitent plus à pénétrer dans les domiciles pour tuer, voler, violer. Ce fut le cas récemment à Selembao où Priscille, une jeune fille, a été assassinée alors qu’elle tentait de protéger son père et ses frères.

Aujourd’hui, Kinshasa n’a plus de nuits. Les cambistes ferment boutique dès 18heures. Là où autrefois on pouvait échanger de la monnaie jusqu’à 22h, aujourd’hui à 18h, les volets sont déjà tirés. Pourquoi ? Parce qu’ils sont devenus des cibles. Armés, les bandits n’hésitent pas à traquer, dépouiller et tuer ces travailleurs qui n’ont pour tort que de manier de l’argent.

Et que dire de la police ? Ces fameux « bus de Kabasele », censés ramener l’ordre, se contentent d’embarquer de jeunes innocents. On les voit circuler dans toute la ville, mais rarement intervenir lorsque des scènes de vol se produisent en pleine rue, à l’œil nu.

Il suffit de regarder les vidéos qui circulent sur les réseaux sociaux, dont celle où une consoeur, Rachel Kitsita, a failli se faire voler le rétroviseur de son véhicule, pendant que la police regardait, impassible.

À quoi sert une police qui n’intervient pas ? À quoi servent ces unités qui laissent la population se faire saigner à blanc dans son propre sang ?

Kinshasa ne devrait pas être livrée à la loi du plus fort. Kinshasa n’est pas un Far West africain. Et pourtant, c’est le sentiment général : que chacun doit se débrouiller pour survivre. Que l’État a abandonné son devoir de protection.

Nous lançons un SOS. Un cri d’alarme. Si l’Est du pays est aujourd’hui contrôlé par des rebelles, la ville de Kinshasa, elle, est sous l’emprise de criminels. Et tant que rien ne sera fait, ce cri se transformera en colère. Et cette colère, un jour, deviendra tempête.

Aux autorités : où êtes-vous ? Où est votre autorité ? Où est votre compassion ?
La population souffre. La population est en danger. La population est seule.

Dorcas Mwavita
Journaliste, Citoyenne et Libre penseuse