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Indécence vestimentaire aux Examens d’État : Symptôme d’un effondrement éducatif et moral ( Par Régis MBUYI NGUDIE/Philosophe, communicologue, penseur et formateur des jeunes )
Depuis le lundi 28 juillet 2025, Kinshasa vit au rythme des Examens d’État, une étape cruciale pour des milliers d’élèves qui franchissent le seuil de l’école secondaire vers l’univers académique ou professionnel. Mais au-delà de l’enjeu éducatif et de la portée symbolique de cette épreuve, un phénomène aussi désolant que choquant vient ternir cette édition : l’indécence flagrante de l’accoutrement de certains finalistes, en particulier des jeunes filles.

Au fil des jours, la capitale congolaise s’est muée en un défilé déroutant, où l’uniforme scolaire, censé incarner discipline, rigueur et dignité, est outrageusement détourné. Jupes ultra-courtes, chemises moulantes déboutonnées jusqu’au nombril, poitrines exhibées, pantalons effilés ou portés de manière volontairement provocante… Dans une confusion inquiétante des repères, des élèves foulent aux pieds la sobriété et le respect qui devraient accompagner une telle épreuve nationale.
Ce qui scandalise encore davantage, c’est le silence assourdissant, voire la complicité passive, des autorités scolaires, éducatives et même parentales. Où sont passés les inspecteurs, proviseurs, encadreurs pédagogiques, censés incarner l’éthique et veiller à l’ordre ? Comment peut-on laisser des jeunes, pour la plupart mineurs, se transformer en objets de spectacle dans les rues de Kinshasa, alors qu’ils sont censés représenter l’élite intellectuelle de demain ?

Ce laisser-aller n’est pas un simple détail esthétique ou moral : il révèle un effondrement plus profond de la conscience éducative. L’école n’apparaît plus comme un sanctuaire de formation intégrale, mais comme le théâtre d’une dérive culturelle où l’apparence écrase le savoir, où la provocation supplante le mérite, où la décadence se banalise à grande vitesse.
Et pendant ce temps, la République regarde. Elle observe ses enfants exposer leur intimité en public, comme si cela allait de soi. Mais non, cela ne va pas de soi ! Ce n’est pas normal. Ce n’est pas tolérable. C’est une honte collective.

Un peuple qui ne protège pas l’image de sa jeunesse creuse sa propre tombe. Un système éducatif qui ferme les yeux sur l’indécence ouvre grand les portes à la médiocrité, à la confusion morale, et à l’effritement des repères.
Nous lançons ici un appel solennel et pressant : aux ministres de l’Éducation et de la Jeunesse, aux chefs d’établissements, aux Églises, aux parents, aux organisations de jeunesse, aux intellectuels… Réveillez-vous ! Réagissez ! Redonnez à l’uniforme scolaire sa noblesse.
Rappelez à nos enfants que la beauté ne réside pas dans l’exhibition, mais dans la dignité. Que le savoir exige l’humilité, non l’arrogance. Et que l’école est un lieu de formation, non une passerelle vers la débauche.

Le Congo mérite une jeunesse habillée de conscience, de valeurs et de dignité.
Assez de silence. Il est temps de crier notre indignation. Il est temps de reconstruire, avant qu’il ne soit trop tard.
Régis MBUYI NGUDIE
Philosophe, communicologue, penseur et formateur des jeunes