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« Une mise en scène ridicule » Ramazani Shadary dénonce le procès de Joseph Kabila, reporté au 31 juillet
Le procès historique de l’ancien président de la République Démocratique du Congo, Joseph Kabila Kabange, a été une nouvelle fois renvoyé. Prévue ce jeudi 24 juillet à la Haute Cour militaire, l’audience a été reportée au vendredi 31 juillet 2025 pour des raisons évoquées comme étant d’organisation.
Un ajournement qui suscite des réactions virulentes, notamment au sein du Parti du Peuple pour la Reconstruction et la Démocratie (PPRD). Son secrétaire permanent, Emmanuel Ramazani Shadary, est monté au créneau, dénonçant un « règlement de comptes politique » déguisé en procédure judiciaire.
« C’est un procès de la honte, de la haine, pour la boulimie du pouvoir et la peur d’un adversaire politique qui vous a tout donné », a-t-il fustigé, avant de marteler : « Tout est déjà fait. L’arrêt de condamnation est signé. Le reste, c’est du théâtre, de la mise en scène ridicule. »
Du côté de la défense, les avocats de l’ancien chef de l’État ont sollicité un report, affirmant qu’ils doivent « s’imprégner du dossier ». Ils dénoncent également un manque de clarté dans les chefs d’accusation, toujours non dévoilés au public, ce qui alimente la méfiance et l’agitation dans l’opinion.
Malgré l’absence d’audience, la presse nationale et internationale était massivement présente dans la salle de la Haute Cour militaire, preuve de l’importance de ce dossier à haute charge symbolique.
Ancien président ayant dirigé la RDC pendant 18 ans, Joseph Kabila Kabange reste une figure centrale de la politique congolaise. Son nom résonne encore avec force dans les sphères du pouvoir, et son implication dans une affaire judiciaire militaire interroge autant qu’elle divise.
À ce jour, les accusations précises restent inconnues, renforçant les soupçons d’un procès aux motifs politiques. Pour certains, il s’agit d’un moment de justice historique ; pour d’autres, d’un procès déjà biaisé, voué à renforcer l’autorité du régime en place en écartant définitivement l’ex-président du jeu politique.
Si le renvoi de ce procès donne un sursis technique au camp Kabila, il alimente aussi la frustration d’un peuple avide de vérité. La pression monte sur le pouvoir judiciaire, sommé de faire preuve de transparence dans un dossier aussi explosif que symbolique.
En attendant le 31 juillet, l’affaire Kabila reste le centre de toutes les attentions, sur fond de polarisation politique croissante.
Barca Horly Fibilulu Mpia/Congoprofond.net
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« Descendez au refuge ! » : À Kyiv, j’ai vécu 2 alertes aériennes qui m’ont fait comprendre le quotidien des Ukrainiens sous les bombes (Carnet de voyage CONGOPROFOND.NET)
Pendant 3 heures d’échanges riches et passionnants avec des universitaires, des diplomates et des journalistes, nous avons eu l’opportunité exceptionnelle de découvrir les initiatives académiques et scientifiques portées par l’Ukraine en direction de l’Afrique, grâce au précieux accompagnement du Centre d’études africaines de l’Université nationale Taras Chevtchenko et de nombreux partenaires engagés.
Mais au-delà des discussions scientifiques et diplomatiques, c’est une expérience humaine forte qui marquera durablement ma mémoire.

Quand les sirènes interrompent la science
Alors que les échanges se déroulaient dans une atmosphère studieuse et conviviale, les sirènes d’alerte aérienne ont retenti à 2 reprises. À chaque fois, nous avons dû interrompre la conférence pour rejoindre en urgence un refuge anti-bombes.
Ces moments ont suscité en moi des émotions intenses. Descendre dans un abri souterrain alors que l’on participe à une conférence universitaire est une expérience qui dépasse l’imagination de ceux qui vivent loin du conflit. Cette réalité, je ne l’avais jusqu’alors observée qu’à travers les médias. La vivre personnellement m’a permis de mieux comprendre les conditions actuelles de l’Ukraine et les défis quotidiens auxquels les Ukrainiens sont confrontés depuis le début de l’agression russe.
Sur le chemin menant au refuge, une question me traversait l’esprit. J’ai alors demandé à notre hôte si les frappes russes visaient uniquement des objectifs militaires. Sa réponse fut aussi simple que percutante : « Que faut-il en penser lorsque nous sommes obligés, avec des étudiants et des chercheurs, de descendre dans un abri anti-bombes alors que nous discutons de science ? »
Cette interrogation résume à elle seule la réalité d’un pays où la guerre s’invite jusque dans les amphithéâtres, les salles de conférence et les espaces dédiés au savoir.
Le courage d’informer malgré la guerre

Cette visite a également été marquée par la présence d’une importante délégation de journalistes africains. Je tiens à saluer le courage et le professionnalisme de mes confrères venus de plusieurs pays du continent. Leur décision de se rendre en Ukraine en cette période particulièrement difficile témoigne d’un véritable engagement envers la recherche de la vérité et la compréhension des réalités du terrain.
Choisir de visiter un pays en guerre ne relève pas seulement du devoir professionnel ; cela exige aussi une part importante de courage personnel. Leur détermination à voir l’Ukraine de leurs propres yeux mérite d’être reconnue.
Cette visite m’a permis de découvrir une autre facette de l’Ukraine : celle d’un peuple qui continue d’enseigner, de rechercher, d’innover et de dialoguer avec le monde malgré les menaces permanentes. J’espère sincèrement que cette expérience contribuera à une meilleure compréhension des réalités que vivent quotidiennement les Ukrainiens et renforcera les liens entre l’Afrique et l’Ukraine dans les domaines de l’éducation, de la recherche et de la coopération internationale.
Une expérience qui rapproche l’Afrique et l’Ukraine

Au cours de cette tournée de presse, des journalistes venus du Bénin, de la République démocratique du Congo, du Cameroun, de la Côte d’Ivoire, de la Mauritanie, du Sénégal et du Togo ont eu l’opportunité de couvrir les activités organisées à l’Université nationale Taras-Chevtchenko de Kyiv et de découvrir de près la réalité ukrainienne. Leur présence a donné à cette mission une dimension véritablement panafricaine, favorisant les échanges d’expériences et le partage de regards sur les défis contemporains auxquels fait face l’Ukraine.
Je tiens également à exprimer ma profonde gratitude à Saleck Zeid, Josiasse Assemon, Arnauld Kassouin, Aliya, Mohamed Diop, Robert Kra, Bernadette Ayelo Ablavi Ayibe, Paul Joel Kamtchang, Mor Amar, Eddy Tshiala Katala qui ont participé à cette tournée de presse en Ukraine. Leur professionnalisme, leur courage et leur volonté de témoigner des réalités du terrain ont contribué au succès de cette mission et à une meilleure compréhension mutuelle entre nos peuples. Ensemble, nous avons vécu une expérience marquante qui restera gravée dans nos mémoires bien au-delà de ce voyage.
Tchèques Bukasa/CONGOPROFOND.NET
