Connect with us

Société

Lutte contre la précarité énergétique en RDC : Les femmes du Réseau Mwangaza montent au créneau

Published

on

Face à la crise énergétique aiguë qui frappe la République Démocratique du Congo, les femmes du Réseau Mwangaza ont lancé un cri d’alarme et une série d’exigences pour une transformation équitable et inclusive du secteur énergétique.

Plus de 80 % des Congolais vivent sans électricité, une situation dramatique qui affecte particulièrement les femmes et les filles. Celles-ci sont en première ligne, exposées quotidiennement aux fumées toxiques du charbon et du bois, contraintes de parcourir de longues distances à la recherche du bois de chauffe, au détriment de leur santé, de leur sécurité, de leur éducation et de leur autonomie économique.

Dans un communiqué de presse n°7, le Réseau Mwangaza un collectif de femmes et d’organisations de la société civile engagées dans la justice énergétique dénonce l’invisibilisation des femmes dans les politiques publiques et les instances décisionnelles du secteur. Elles appellent à une véritable inclusion des femmes dans la gouvernance énergétique, affirmant :

« Nous ne devrions pas être considérées comme des bénéficiaires passives ni des actrices secondaires. Nous sommes des innovatrices, des porteuses de solutions. »

Un appel à l’action et des recommandations claires

Les membres du réseau appellent à l’organisation des femmes congolaises pour défendre leur droit fondamental à une énergie propre, fiable et accessible. Elles interpellent également :
• Le Gouvernement congolais, pour qu’il reconnaisse les femmes comme actrices clés de la transition énergétique, crée des espaces inclusifs de dialogue et intègre la dimension genre dans la planification énergétique.
• Les partenaires techniques et organisations de la société civile, pour qu’ils soutiennent les capacités locales des femmes, renforcent le plaidoyer pour l’accès équitable à l’énergie, et garantissent l’écoute effective des femmes dans les processus de décisions énergétiques.

Une mobilisation nationale et interprovinciale

Cette initiative est portée par des organisations issues de plusieurs provinces du pays, notamment le Haut-Katanga, l’Ituri, Kinshasa, le Nord-Kivu, le Sud-Kivu, le Lualaba et le Kasaï Oriental. Parmi les signataires : AFREWATCH, CORAP, CREDDHO, JPT, IBGDH, CRONGD et bien d’autres.

Dans un contexte de crise énergétique chronique, le leadership féminin dans le secteur énergétique en RDC ne peut plus être ignoré. Le Réseau Mwangaza appelle à un changement de paradigme où les femmes seront pleinement impliquées dans la construction d’un avenir énergétique juste, durable et inclusif.

Désiré Rex Owamba/Congoprofond.net

Société

Entrepreneuriat féminin en RDC : Grâce Shako appelle les femmes à « oser agir sans attendre les conditions parfaites »

Published

on

Grâce Shako Kibushi, coordonnatrice de l’ONG Leadership de la Femme des Médias (LFM) et coach en leadership stratégique, a accordé, samedi 2 mai 2026, à Kinshasa, une interview à CONGOPROFOND.NET, autour du thème : « Comment l’entrepreneuriat contribue à l’émancipation économique des femmes ». Elle a appelé les femmes à prendre leur place sans demander la permission, les encourageant à oser entreprendre, à croire en elles et à ne plus attendre les conditions parfaites pour agir.

Journaliste de formation à l’UNISIC ex IFASIC, Grâce Shako Kibushi est également conférencière et consultante engagée en République démocratique du Congo. Depuis 2022, elle travaille dans les médias (radio et télévision) à Kinshasa et intervient comme conférencière sur le leadership féminin, les médias et l’engagement citoyen. Elle accompagne plusieurs organisations dans la gestion des projets liés aux droits des femmes et coordonne l’ONG Leadership de la Femme des Médias (LFM), qui promeut un journalisme sensible au genre.

Son engagement pour l’autonomisation des femmes et la justice sociale lui a valu, en 2023, le prix Mwasi Motomboli Mboka, d’où sa devise « le leadership n’est pas qu’une question de positionnement, mais d’influence. »

CONGOPROFOND : Est-ce que l’entrepreneuriat renforce la place des femmes dans la société ?

Grâce Shako : Franchement oui. Je ne parle pas de manière théorique. Je le vois tous les jours.

Une femme qui commence à entreprendre, même petit… déjà dans sa tête, il y a quelque chose qui change. Elle ne se voit plus de la même manière. Elle commence à prendre des décisions, à gérer, à négocier… et ça, ça change tout.

Et puis en RDC surtout, soyons honnêtes, quand une femme a de l’argent ou une activité qui tourne, son entourage ne la regarde plus pareil. Elle est plus écoutée. Même dans la famille.

Moi j’aime bien dire que l’entrepreneuriat, ce n’est pas seulement gagner de l’argent… c’est aussi prendre sa place sans demander la permission.

CONGOPROFOND : Quelles qualités une femme doit avoir pour entreprendre ?

Grâce Shako : il y en a beaucoup. Mais si je dois parler simplement…Déjà, il faut être forte mentalement. Parce que ce n’est pas facile. Il y a des jours où rien ne marche.

Il faut aussi accepter d’apprendre. Beaucoup de femmes pensent qu’elles doivent déjà tout savoir avant de commencer… alors que non. Tu apprends en avançant. Et puis franchement… la confiance en soi. Ça, c’est un gros problème chez nous. Il y a des femmes très capables, mais elles doutent tellement qu’elles n’osent même pas se lancer.

Et aussi, il faut savoir demander de l’aide. Aller vers les aînés, vers celles et ceux qui ont déjà de l’expérience, qui ont déjà fait le chemin… chercher des conseils, des retours, même des corrections. Ça fait gagner du temps et ça évite beaucoup d’erreurs.

Et un point que moi je défends beaucoup, surtout avec mon ong LFM : savoir parler de ce que tu fais. Parce que tu peux avoir un bon projet… si personne ne sait que tu existes, ça ne sert à rien.

CONGOPROFOND : partant de votre expérience, quels peuvent être des obstacles en RDC ?

Grâce Shako : Il y en a beaucoup. Déjà, l’argent. Ça c’est clair. Accéder au financement, c’est compliqué. Mais moi je vais être honnête… ce n’est pas seulement ça le problème.

Il y a aussi le regard des autres. Une femme qui entreprend, on va toujours trouver quelque chose à dire : “elle est trop visible”, “elle néglige ceci”, “elle fait trop, elle se prends la tête, ce n’est pas la place d’une femme, elle dirige les hommes, etc… ce genre de stéréotypes

Et puis il y a le manque de réseau. Beaucoup de femmes sont seules dans leur coin. C’est pour ça que moi je crois beaucoup aux communautés. Quand tu es entourée, tu avances différemment. Tu as des infos, des opportunités, du soutien. Parce que seule… tu peux tenir un moment, mais tu t’épuises vite.

Propos recueillis par Suzanne Ngulandjoko

Continue Reading