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Kinshasa : A son tour, le ministre provincial de l’Intérieur adresse un sévère rappel à l’ordre au directeur Israël Mutala !

Une lettre officielle datée du 4 juillet 2025, signée par le ministre provincial de l’Intérieur, Sécurité, Justice et Affaires coutumières de Kinshasa, est parvenue à Congoprofond.net, jette une lumière crue sur les tensions qui couvent au sommet de l’exécutif provincial de la capitale congolaise.

Estampillée N°SC/903/MISJAC/TTK/CA/ISD/2025, la correspondance est adressée au Directeur de cabinet du Gouverneur de la ville. Le ministre l’accuse d’« interférences répétées » dans les services relevant de son ministère, sans consultation préalable avec l’autorité compétente.

Malgré de « multiples rappels verbaux », souligne le ministre, le directeur de cabinet continuerait à émettre des instructions directes aux services de l’intérieur, minant ainsi l’ordre hiérarchique et provoquant un « dysfonctionnement dans la chaîne de collaboration institutionnelle ».

Le ton du courrier est sans équivoque. « Afin de maintenir un climat apaisé dans le fonctionnement des affaires publiques de la Ville de Kinshasa, je vous demande de mettre fin à cette façon de faire », écrit le ministre, avant de durcir son propos : « La présente vaut dernier avertissement. Le cas échéant, vous regretterez toute récidive de votre part. »

Sous couvert d’un souci d’efficacité administrative, cette mise au point musclée pourrait traduire des dissensions profondes au sein du gouvernement provincial. Dans une ville confrontée à d’innombrables défis – insécurité croissante, insalubrité, pression démographique, crise économique-toute cacophonie institutionnelle fragilise encore davantage l’action publique.

Fait notable : la lettre a été envoyée en copie à plusieurs hauts responsables de la province, dont le Président de l’Assemblée provinciale, le Vice-Gouverneur, les ministres provinciaux, les chefs des services de sécurité (PNC, ANR, DGM), ainsi qu’aux bourgmestres et administrateurs des marchés de la capitale. Un geste qui confère à ce rappel à l’ordre la portée d’un acte politique fort, à défaut d’une déclaration de guerre ouverte.

Dorcas Mwavita/Congoprofond.net