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« Obliger un couple à s’embrasser sous peine d’annulation de mariage est un abus du pouvoir » (Isaac Mukendi, bourgmestre adjoint de Limete)

Un fait insolite mais profondément symbolique s’est déroulé vendredi 4 juillet 2025, à la maison communale de la Ruashi, à Lubumbashi, dans le Haut-Katanga. Deux jeunes époux, fidèles de l’église Tabernacle ont refusé de s’embrasser devant le bourgmestre lors de leur mariage civil, invoquant leur foi au Message du Temps de la Fin, qui interdit tout contact physique avant la nuit de noces.

Face à ce refus, l’officier de l’état civil, manifestement surpris, a suspendu la cérémonie, estimant que le baiser constituait une condition indispensable à la validation du mariage. Mais après réflexion et retour au calme, la cérémonie a finalement été célébrée sans embrassade, au respect strict des convictions religieuses du couple.

Ce que dit la loi : mise au point du bourgmestre adjoint de Limete

Saisi par cette situation qui a vite fait le tour des réseaux sociaux, Isaac Mukendi, bourgmestre adjoint de la commune de Limete à Kinshasa, a apporté un éclairage juridique important, en se référant au Code congolais de la famille.

Il précise que :
• Aucun article de la loi n’oblige un couple à s’embrasser devant l’officier de l’état civil ;
• Le refus d’embrassade ne constitue ni une condition de fond, ni une condition de forme du mariage ;
• L’article 396 du Code de la famille prévoit que la nullité d’un mariage ne peut être prononcée que par un juge, et non par un bourgmestre ;
• Seul un empêchement prévu aux articles 351 à 364 (parenté, polygamie, absence de dot, minorité…) peut motiver un sursis à la célébration, mais jamais le refus d’un baiser.

« Obliger un couple à s’embrasser sous peine d’annulation est un abus de pouvoir », déclare Isaac Mukendi, qui souligne que cela peut tomber sous le coup de l’article 395, en cas d’ordre manifestement illégal.

Finalement, le mariage a pu être célébré dans la paix et la sobriété, sans contact physique, conformément à la foi du couple. Cette affaire soulève des questions essentielles sur le respect des convictions religieuses au sein même des institutions publiques.

Dorcas Mwavita/Congoprofond.net