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Actualité

Ce dimanche à Lubumbashi : Un office spirituel pour Moïse Tshombe, 56 ans après sa mort

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Ce dimanche après-midi, à la paroisse Jérusalem de l’Église Méthodiste Unie, un hommage vibrant sera rendu à l’un des pères oubliés de l’indépendance congolaise : Moïse Kapend Tshombe. Cinquante-six ans après sa mort en exil à Alger, ses proches, ses compagnons de lutte, ainsi que les familles Tshombe, Mawawa, Mbindakan et Ayind Rufum, appellent à raviver la mémoire de celui qui fut président du Katanga et Premier ministre de la République.

Cette commémoration spirituelle, placée sous le sceau de l’action de grâce, ne célèbre pas seulement une vie, mais interroge une histoire. Celle d’un patriote trop souvent relégué à la marge du récit national. Celle d’un homme politique visionnaire, au destin aussi lumineux que tragique. Celle d’un Congolais dont le corps repose encore en Belgique, loin de sa terre natale, sans que la République n’ait jamais organisé le deuil national qu’imposait son rang.

Un prince dans la République

Né en 1919 à Musumba, dans l’ancien royaume Lunda, Moïse Tshombe est l’héritier d’une lignée royale et d’un patrimoine économique familial important. À la fois formé par les missions protestantes et rompu aux affaires industrielles, il incarne une synthèse rare entre tradition et modernité.

Fondateur du CONAKAT, parti régionaliste du Katanga, il participe à la Table Ronde de Bruxelles en 1960 et milite ardemment pour l’unité du Congo indépendant. Il fait notamment pression pour que Patrice Lumumba, pourtant écarté des discussions au départ, soit convié à la table des négociations. Un geste d’ouverture que peu rappellent aujourd’hui.

Mais le rêve tourne court. À l’aube de l’indépendance, confronté à une grave crise politique, Tshombe proclame unilatéralement l’indépendance du Katanga le 11 juillet 1960. Une sécession qui déclenche une guerre avec Léopoldville, la mobilisation des forces de l’ONU, et qui fige pour longtemps son image dans les tensions géopolitiques de la Guerre froide.

De la sécession à la Primature

Après la chute du Katanga en 1963, Moïse Tshombe accepte l’appel de Kinshasa. En 1964, dans un pays en proie aux rébellions, Joseph Kasa-Vubu le nomme Premier ministre. Tshombe tente alors de ramener l’ordre et la stabilité, notamment à travers l’opération militaire qui libère Stanleyville (Kisangani) en novembre 1964, avec l’aide controversée de mercenaires.

Mais l’équilibre est fragile. Le 24 novembre 1965, le général Mobutu renverse Kasa-Vubu et écarte Tshombe. Ce dernier s’exile en Espagne, avant d’être victime d’un détournement d’avion en 1967 qui le conduit de force en Algérie. Il y sera retenu prisonnier dans des conditions opaques, jusqu’à sa mort, le 29 juin 1969, officiellement des suites d’un malaise cardiaque

Un exil éternel, un retour incertain

Depuis plus d’un demi-siècle, le corps de Moïse Tshombe repose dans un cimetière belge. Le silence officiel autour de son éventuel rapatriement reste pesant. L’ancien Premier ministre fut condamné à mort par contumace sous le régime Mobutu. Faudrait-il d’abord réhabiliter l’homme pour accueillir sa dépouille ? Ou lui offrir, au nom de la paix des mémoires, une sépulture digne sur la terre pour laquelle il a combattu ?

Mémoire nationale : un puzzle à recomposer

En évoquant Moïse Tshombe, ce n’est pas seulement le Katanga des années 60 que l’on convoque, mais toute une époque d’effervescence politique, de rêves d’unité contrariés, de figures ambivalentes. Tshombe fut tout cela à la fois : le sécessionniste et le républicain, le stratège et l’homme traqué, l’homme d’État et le mal-aimé.

La chanson « Indépendance Cha-Cha » de Joseph Kabasele continue de résonner comme l’hymne de cette génération pionnière. Et dans les paroles de Grand Kallé, le nom de Moïse Tshombe côtoie ceux de Lumumba, Bolikango ou Kasavubu. Il est temps que le Congo reconnaisse toutes ses fondations, même celles que l’histoire officielle a voulu effacer.

Tchèques Bukasa/CONGOPROFOND.NET

 

Politique

DPS Kwango : Jean Dilonga affirme avoir refusé des tentatives de corruption liées à un dossier de détournement

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Le dossier de détournement et malversations au sein de la Division provinciale de la Santé qui a secoué notamment des responsables des Programmes spécialisés de santé publique a risqué de s’enterrer et d’être classé « sans suite ». Cette situation est monnaie courante au Kwango, où certains médecins érigés en chefs coutumiers à la tête de certains programmes ont eu l’habitude de corrompre les autorités pour garder les postes et même monter en grade au grand dam des faits parfois tangibles.

Les gris-gris de Kimafu n’ont pas fonctionné cette fois

Quatre médecins chefs de programmes ont été mis en cause : Dr Deo Lulengwa, coordonnateur du Programme National pour la santé sexuelle et de la reproduction (PNSR), est accusé d’avoir détourné une importante somme d’argent et des matériels (ordinateurs, médicaments, etc). Il a détourné 19.000 ampoules de Carbétocine, une molécule destinée aux femmes. Dr Lulengwa, en lieu et place d’utiliser le médicament dans le cadre du programme, a choisi de le vendre et se faire de l’argent.

Il n’a organisé aucune activité de supervision des activités de son programme alors qu’il est financé par les partenaires ; Dr Serge Kandi (coordonnateur provincial du Programme National de Lutte contre les Maladies Tropicales Négligées à Chimiothérapie Préventive MTN-CTP) a été audité autour d’une fuite d’information sur l’utilisation des fonds du partenaire End-Fund Ufar.

L’audit a donc révélé un vol de 18.000 $ destinés à la formation de formateurs ; Dr Théo Kulonda (coordinateur du Programme National de Transfusion Sanguine, PNTS) est reproché de mégestion et de détournement des fonds. Selon l’inspecteur provincial de la santé, son programme ne fonctionne pas. Il est inexistant. Pas d’activités, il s’est transformé en commerçant des poches de sang et se fait du fric.

Il y a aussi Dr Abbé Marc Lukanzu, médecin et prêtre du diocèse de Kenge qui a reçu la charge de conduire la coordination provinciale du programme national de santé de l’adolescent (PNSA). Il lui est reproché des erreurs minimes d’administration. Il a été recadré et orienté. Il reste le seul jugé clean parmi les médecins audités.

Dr Lulengwa, Kandi et Kulonda ont écopé d’une suspension et sommés de restituer les sommes et les matériels détournés avant d’espérer la réintégration. Les autorités provinciales sont déterminées à piocher jusqu’au dernier voleur de la DPS pour éradiquer le mal dans la système de santé au Kwango dont la qualité de soins de santé ne bouge jamais d’un iota malgré l’implication des pouvoirs publics et des partenaires techniques et financiers, à cause des détournements protégés des complices et des marabouts. C’est un empire qui s’effondre !

Selon des informations à notre possession, les médecins visés par l’audit de l’inspection provinciale de la santé du Kwango sont revenus à la charge. Des sommes d’argent ont circulé pour convaincre certaines autorités à taire le dossier. Le chef de l’Inspection provinciale de la santé du Kwango, M. Jean Dilonga, a confié à CONGOPROFOND.NET que certaines personnes l’ont contacté avec des enveloppes à la clé pour obtenir l’enterrement du dossier.

« J’ai refusé tous les avantages en nature comme en argent qui m’ont été présentés par ces médecins qui sont venus me corrompre », a-t-il dit. M. Dilonga a révélé qu’il a été plusieurs fois contacté au téléphone et reçu des visites à sa résidence pour effacer le dossier.

« L’impunité ne régnera pas toujours », a-t-il pensé, renvoyant « les corrupteurs les mains vides. » En l’en croire, il faut que cet empire de voleurs s’effondre.

Émile Yimbu

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