Infrastructures
Nord-Kivu : Le délabrement de la route, un casse-tête pour les humanitaires à Beni
Le délabrement de la Route Nationale Numéro Quatre (RN4) est devenu un casse-tête pour nombreuses organisations humaines, qui apportent secours aux déplacés de guerre dans le secteur de Rwenzori, territoire de Beni au Nord-Kivu. C’est par exemple au village Masambo où l’enfer est vécu.
Là, des nids de poule ont envahi la route, rendant la tâche difficile aux ONG. D’après nos sources, le groupement Basongora compte plus de 5000 mille ménages des déplacés en besoin d’aide. Dans une interview avec notre collaborateur dans la zone, la société civile pointe du doigt l’attributaire, censé d’assurer la réhabilitation de cette route d’intérêt national. Paul Zaidi son premier rapporteur affirme que l’état piteux de la route entraîne le ralentissement de l’acheminement de l’aide humanitaire.
« Nous demandons l’implication du gouverneur militaire du Nord-Kivu pour essayer de décanter la situation, puisque ce tronçon routier est aussi utile pour la desserte agricole », dit-il.
Dans le territoire de Beni au Nord-Kivu, la réhabilitation des routes demeure un problème permanent. Au jour le jour, la population tout comme les acteurs des forces vives se lamentatent des taxes que font payer les attributaires sur différentes routes, surtout de desserte agricole, sans réhabilitation aucune.
Kasereka Clovis/Congoprofond.net
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Réhabilitations à répétition des routes de desserte agricole : L’expert Firmin Kiala met en garde contre les solutions improvisées
L’amélioration durable des routes de desserte agricole en République démocratique du Congo passe impérativement par des études techniques approfondies, adaptées aux réalités géotechniques du pays et accompagnées d’un renforcement des compétences locales. C’est le message central défendu par Firmin KIALA KI-N’SOKI, consultant international et point focal de l’étude sur la qualité et la durabilité des routes de desserte agricole réhabilitées.
S’exprimant lors de l’atelier de synthèse du rapport provisoire de cette enquête nationale organisé du 6 au 7 mai 2026 au Cercle Elais, l’expert a dressé un état des lieux des infrastructures rurales réhabilitées à travers le pays tout en mettant en garde contre une généralisation précipitée de certaines techniques de stabilisation des routes.
« Il faut y aller progressivement », a insisté Firmin Kiala, estimant que plusieurs procédés techniques nécessitent encore des évaluations adaptées aux contextes locaux avant toute application à grande échelle.

Une étude nationale menée dans les 26 provinces
Selon le consultant, cette vaste enquête de terrain a mobilisé des équipes pendant près d’une année dans différentes régions du pays. L’objectif était d’évaluer les routes réhabilitées, d’identifier les forces et faiblesses des interventions réalisées et de capitaliser les meilleures pratiques observées sur le terrain.
L’étude a couvert un échantillon représentatif des 26 provinces de la RDC, réparties à travers sept grandes zones géotechniques. Une approche qui permet aujourd’hui de disposer d’une lecture plus précise des défis liés à la durabilité des infrastructures rurales.
Pour l’expert, il devient urgent de sortir des méthodes classiques afin d’adopter une approche globale et holistique des routes de desserte agricole. Celle-ci doit intégrer des chaussées adaptées aux besoins d’évacuation des produits agricoles en toutes saisons vers les centres de consommation, tout en tenant compte du trafic potentiel attendu.
Drainage, protection et entretien : les clés de la durabilité

Au-delà des travaux de réhabilitation, Firmin KIALA KI-N’SOKI insiste sur la nécessité d’intégrer des mesures de protection efficaces telles que les barrières de pluie, les dispositifs de lutte antiérosive ainsi qu’un système de drainage performant.
Refusant ce qu’il qualifie de « désinvestissement » consistant à revenir régulièrement sur les mêmes axes quelques années après leur réhabilitation, le consultant estime qu’avec une amélioration adéquate des sols de plateforme et un drainage efficace, une route bien exécutée peut tenir au moins dix ans avant l’apparition des premières dégradations majeures.
Dans cette logique, il recommande également la promotion du système d’entretien par Niveaux de Services (GeNis), considéré comme une alternative efficace pour assurer un suivi permanent des infrastructures rurales.
« La sagesse et l’expérience au service de la Nation »
À travers cette démarche, Firmin KIALA KI-N’SOKI confirme sa volonté de mettre son expertise au service du développement des infrastructures rurales congolaises. Une vision qui privilégie la durabilité, l’anticipation technique et la valorisation des solutions adaptées aux réalités du territoire national.
Tchèques Bukasa/CONGOPROFOND.NET
