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Paix à l’Est : RDC et Rwanda paraphent un accord historique sous l’égide des États-Unis, vers la fin du cycle infernal ?
C’est un tournant diplomatique que peu auraient osé prédire il y a encore quelques mois : la République démocratique du Congo (RDC) et le Rwanda ont officiellement paraphé, ce mardi 17 juin un accord de paix historique, annonce le Département d’État américain dans un communiqué conjoint. La signature formelle est attendue pour le 27 juin, lors d’une réunion ministérielle de haut niveau placée sous supervision américaine.
Un contenu ambitieux, une rupture assumée
Selon les premières fuites sur le contenu du document, cet accord entend poser les fondations d’un apaisement durable dans la région des Grands Lacs. Parmi les engagements majeurs :
– Respect strict de l’intégrité territoriale des deux États ;
– Interdiction formelle de toute hostilité, y compris par procuration via des groupes armés ;
– Désengagement et désarmement progressifs des forces déployées dans les zones de friction, notamment dans l’Est de la RDC ;
– Intégration conditionnelle de certains groupes armés non étatiques dans des programmes de démobilisation, avec appui technique international.
Une diplomatie américaine en première ligne
Le rôle des États-Unis, principal artisan de ce rapprochement, apparaît déterminant. Washington, qui redoute l’enlisement d’un conflit à dimension régionale dans un contexte mondial déjà tendu (Ukraine, Gaza, mer de Chine), a multiplié ces derniers mois les initiatives diplomatiques pour rapprocher Kinshasa et Kigali.
Ce processus s’inscrit dans le prolongement des efforts du président américain Joe Biden pour réaffirmer l’influence de son pays en Afrique centrale, face à l’activisme croissant d’autres puissances comme la Chine ou la Russie.
Un lourd passif à surmonter
La normalisation des relations entre la RDC et le Rwanda reste semée d’embûches. Depuis l’éclatement de la guerre du M23 en 2022, Kinshasa accuse régulièrement Kigali de soutenir militairement cette rébellion, ce que le Rwanda dément avec constance. L’Est du Congo, véritable zone grise sécuritaire, est toujours occupé par des dizaines de groupes armés locaux et étrangers.
Pour de nombreux Congolais, toute paix sans justice ni reconnaissance des souffrances infligées reste suspecte. La société civile attend des garanties fermes : l’arrêt des ingérences rwandaises, le retrait immédiat des troupes étrangères, et des poursuites contre les auteurs de crimes de guerre.
Et maintenant ?
La date du 27 juin marquera-t-elle le début d’une nouvelle ère pour la région ? Difficile à dire, tant les précédents accords de paix (de Lusaka à Addis-Abeba) ont fini dans les oubliettes de l’histoire. Mais la portée symbolique de ce rapprochement, parrainé par une puissance mondiale, n’est pas négligeable.
Pour Kinshasa, c’est un pari risqué mais audacieux. Pour Kigali, un possible retour en grâce sur la scène diplomatique. Pour les populations de Goma, Bukavu ou Bunagana : un espoir, encore fragile, de voir le silence des armes remplacer le fracas des bombes.
Tchèques Bukasa/CONGOPROFOND.NET