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Analyses et points de vue

La médiocrité érigée en gouvernance – le Haut-Uélé, symbole d’un système défaillant

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Le classement du gouverneur Jean Bakomito Gambu parmi les plus médiocres selon certaines indiscrétions lors de la 12ᵉ Conférence des Gouverneurs au Lualaba n’est pas une simple humiliation. C’est l’illustration tragique d’une province martyrisée par l’incompétence, le clientélisme et l’absence totale de vision.

Le Haut-Uélé, terre riche en minerais, en terres arables et en potentiel humain, terre de la bienheureuse sœur Anuarité Nengampeta est aujourd’hui réduit à un fief de gabegie administrative où règnent l’improvisation et le mépris du peuple. Comment en est-on arrivé là ? Pourquoi une province aussi stratégique reste-t-elle engluée dans la misère, malgré ses ressources colossales ?

La réponse est simple : des dirigeants sans envergure, recrutés non pas pour leurs compétences, mais pour leur docilité envers un système politique prédateur. Sous Jean Bakomito Gambu, le Haut-Uélé n’a connu aucune avancée significative que des reculs. Les routes ? Délabrées. Les hôpitaux ? Déserts et sous-équipés. Les écoles ? Des coquilles vides où l’avenir de la jeunesse se meurt.

Pendant ce temps, les mines d’or, de diamants et de coltan continuent d’être pillées par des réseaux mafieux, avec la complicité tacite d’une administration corrompue. Où était Jean Bakomito Gambu pendant les crises sécuritaires qui ont ensanglanté le Haut-Uélé ? Absent. Où est-il quand les paysans crient famine malgré des terres parmi les plus fertiles du pays ? Invisible.

Son seul talent semble résider dans l’art de se maintenir au pouvoir en distribuant des postes à des affidés, plutôt qu’à des technocrates compétents. Le Haut-Uélé est un scandale géologique et agricole avec des ressources minières (or, diamants, coltan) exploitées sans retombées locales, des terres arables capables de nourrir toute la région, mais laissées en friche et jeunesse dynamique, mais condamnée au chômage ou à l’exil.

Pourtant, la province reste l’une des plus pauvres de la RDC. Pourquoi ? Parce que ses dirigeants, comme Jean Bakomito, sont des gestionnaires de la décadence, non des bâtisseurs. Les députés provinciaux, muets et complaisants, portent une lourde responsabilité. Au lieu de tenir Jean Bakomito pour redevable, ils préfèrent jouer les figurants dans un théâtre de l’absurde où le peuple paie toujours la note.

Il est temps d’exiger la démission d’un gouverneur qui n’a plus aucune légitimité, de mettre en place un audit indépendant sur la gestion des fonds publics et imposer des critères de compétence pour les futurs dirigeants, au-delà des calculs politiciens. L’heure de la dignité a sonné. Le classement humiliant de Jean Bakomito n’est que la partie émergée de l’iceberg. Qui pourrait comparer Isiro à Kolwezi ?

Le vrai drame, c’est l’acceptation passive d’un système qui recycle l’échec. Le Haut-Uélé ne se relèvera pas avec des pantins politiques, mais avec des femmes et des hommes prêts à briser les chaînes de la médiocrité. Assez de honte. Assez de complaisance. Le Haut-Uélé doit renaître, et cela commence par balayer ceux qui l’ont trahi et soutenir le seul bâtisseur qui ne vit que pour les autres.

TEDDY MFITU
Polymathe, chercheur et écrivain / Consultant senior cabinet CICPAR

Actualité

Le député Jacques Djoli brandit Tocqueville : la souveraineté populaire foudroie l’imposture

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L’Honorable Jacques Djoli Eseng’Ekeli n’a pas seulement démenti une rumeur : il a donné une magistrale leçon de grandeur. Par un tweet lapidaire convoquant la science, le Rapporteur de l’Assemblée nationale a refusé de descendre dans l’arène fangeuse où certains voulaient l’attirer. Il a choisi la verticale. Face à la manœuvre odieuse qui lui prêtait des propos imaginaires, il ne s’est pas justifié.

Il a surplombé, avec l’autorité souveraine de celui qui manie le droit comme on manie le glaive. Un silence calculé, puis une annonce : l’heure de la vérité sonnera, et elle sera sans appel. Car la riposte, c’est à Tocqueville qu’il la confie, élevant soudain le débat à des hauteurs où la calomnie ne peut plus respirer. Aux “chercheurs du Buzz” qui alimentent l’infamie, il assène la pensée centrale de l’article 5 de la Constitution.

Celle qui brûle toutes les impostures : “Au-dessus de toutes les institutions et en dehors de toutes les formes réside un pouvoir souverain : celui du peuple, qui les détruit ou les modifie à son gré.” Ce n’est plus un tweet, c’est un manifeste. Le pouvoir créateur, le pouvoir constituant originaire, est par essence illimité, inconditionné, indomptable. Placé au-delà des pouvoirs institués (simples créatures ), il détient la faculté sublime de tout refonder.

La faculté de briser les cadres établis et de redessiner, dans sa majesté absolue, le pacte national tout entier. Voilà la souveraineté populaire dans sa vérité nue, que le Professeur Jacques Djoli brandit comme une torche dans la nuit des manigances. Ainsi, en deux phrases et une citation, l’honorable rapporteur vient d’offrir à la nation congolaise bien plus qu’un rétablissement des faits : il lui restitue la puissance de son propre destin.

Là où les manœuvriers espéraient l’enfermer dans une polémique stérile, il leur oppose le granit des principes, rappelant que le peuple est le seul maître, le seul architecte, le seul juge. Par cette riposte éclatante, où Tocqueville éclaire le chemin de la RD Congo, Jacques Djoli Eseng’Ekeli lave son honneur sans une once d’aigreur, et du même geste réarme la démocratie avec une force conceptuelle rare. La calomnie n’a pas été vaincue : elle a été dissoute, dans la lumière d’une vérité plus haute. Magistral.

TEDDY MFITU
Polymathe, chercheur et écrivain / Consultant senior cabinet CICPAR

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