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Environnement

Conférence de Nice : Et si la RDC devenait un géant de l’économie bleue ?

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Alors que la ville de Nice accueille plus de 70 chefs d’État et de gouvernement à l’occasion de la troisième Conférence des Nations Unies sur les océans, la République Démocratique du Congo (RDC), bien que sans façade maritime, ne doit pas rester en marge de cette dynamique planétaire. Car avec l’un des réseaux fluviaux les plus vastes et les plus riches en biodiversité du monde, la RDC détient un levier stratégique pour bâtir une économie bleue durable.

Cette « économie bleue » vise à exploiter les ressources des milieux aquatiques – marins comme fluviaux – de manière responsable, afin de concilier croissance économique, inclusion sociale et préservation des écosystèmes. Elle englobe des activités telles que la pêche durable, l’aquaculture, le transport fluvial ou encore le tourisme écologique. Pour un pays comme la RDC, doté du puissant fleuve Congo et d’une myriade de rivières, c’est une voie d’avenir.

À l’échelle mondiale, les défis sont colossaux : plus de 8 millions de tonnes de plastique sont déversées chaque année dans les océans, et un tiers des stocks mondiaux de poissons sont surexploités. Pourtant, à peine 3 % des surfaces marines bénéficient d’une protection stricte. Lors de la conférence de Nice, l’Union européenne dévoilera son Pacte pour les océans, fondé sur six piliers, dont l’un est la promotion d’une économie bleue durable et l’ambition de sanctuariser 30 % des zones marines d’ici 2030.

Ce modèle peut inspirer la RDC à son tour. Car les pressions environnementales ne touchent pas uniquement les océans : elles affectent aussi les grands fleuves tropicaux comme le Congo, aujourd’hui menacé par la pollution, l’exploitation incontrôlée de ses ressources halieutiques et la déforestation. Intégrer la logique de l’économie bleue, c’est penser autrement la relation entre développement et protection des ressources hydriques.

Cela passe par l’adoption de politiques publiques rigoureuses, mais aussi par l’investissement dans l’aquaculture durable, la pêche artisanale régulée, l’assainissement des berges, ou encore la sensibilisation des communautés locales à la gestion responsable de l’eau.

La RDC peut ainsi devenir un modèle africain en matière d’économie bleue. Non seulement pour préserver ses écosystèmes uniques, mais aussi pour bâtir un socle économique fondé sur la durabilité, l’innovation et la justice sociale. Car en matière d’eau comme d’avenir, il n’y aura pas de prospérité sans protection.

Teddy Mfitu
Polymathe, chercheur et écrivain – Consultant senior, cabinet CICPAR

Environnement

Journée mondiale de l’environnement : Phinées Makasi exhorte les élèves du CS Ngemba de Kinshasa à devenir acteurs de la transition écologique

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À l’occasion de la Journée mondiale de l’environnement célébrée ce 5 juin 2026, le Complexe Scolaire Ngemba de Kinshasa a reçu un message fort de sensibilisation. L’orateur, Phinées Makasi, enseignant aux universités et chef du département des sciences de l’Environnement à l’Université du CEPROMAD-GEMENA, a appelé la jeunesse scolaire à transformer l’angoisse écologique en action concrète.

1. « La vérité est là » : un constat lucide devant les élèves

Face aux enseignants et élèves réunis en conférence, Phinées Makasi a d’abord planté le décor : « Les signaux sont clairs, la science prouve, la nature en témoigne. La vérité est là. » Citant les vagues de chaleur, érosions, inondations, sécheresses et épidémies qui frappent déjà la République démocratique du Congo, il a rappelé que « ce que nos mains ont créé n’a pas seulement aidé l’humanité, cela a aussi causé de grands torts à notre environnement ».

Le scientifique a reconnu l’écoanxiété qui gagne les adolescents. « Cette peur de vivre dans un environnement qui se dégrade touche de plein fouet les jeunes que vous êtes », a-t-il dit. Mais loin de céder au fatalisme, son message se veut un appel au courage : « Le courage c’est de chercher la vérité et de la dire. »

2. « L’avenir vous appartient » : l’école comme levier de changement

Pour Phinées Makasi, la réponse passe par l’éducation. Reprenant Nelson Mandela « Si vous voulez détruire une nation, commencez par détruire son système éducatif », il a affirmé : « Si votre école est ouverte aujourd’hui, c’est qu’il y a de l’espoir. »

Le chef de département du CEPROMAD-GEMENA croit au potentiel des élèves : « Vous n’êtes pas de simples spectateurs : vous devez agir. L’école vous donne l’opportunité de réveiller en vous ce génie capable de tout changer. » Chaque cours, chaque livre, chaque projet doit devenir « une brique pour construire le monde de demain ».

3. Aux élèves : « Osez, créez, n’ayez pas peur de l’erreur »

Le message aux enfants se veut mobilisateur : « Vos voix comptent ! Vous avez des idées, une créativité et une audace que les adultes oublient parfois. Ne laissez personne vous dire que vous êtes trop jeunes pour faire bouger les lignes. »

Phinées Makasi a listé des pistes concrètes : « Créez des voitures électriques, des photovoltaïques, des cités écologiques, des aliments avec moins d’engrais chimiques ». Pour lui, la créativité écologique « se cache aujourd’hui dans vos cours de mathématiques, de physique, de géographie ou de botanique ». L’erreur, insiste-t-il, « est un apprentissage. Ceux qui transforment le monde sont simplement ceux qui ont essayé une fois de plus que les autres ».

4. Aux enseignants : « Ne gaspillez pas une minute »

S’adressant au corps professoral de l’école, l’environnementaliste a rappelé leur responsabilité : « Vous avez la lourde tâche de les maintenir concentrés pour atteindre leurs objectifs, dans un monde qui connaît une transformation numérique sans précédent. Cette tâche n’est pas facile, mais avec un peu de sacrifice, vous le pourriez. »

5. « Les signaux sont au vert »

Concluant son allocution, Phinées Makasi a lancé : « L’avenir ne vous attend pas, il vous appartient. Le monde de demain sera exactement ce que vous déciderez d’en faire. Dès aujourd’hui, connectez-vous, créez, osez. Les signaux sont au vert. C’est votre moment. »

Par ce discours, porté par Eagle Vision Of Afrique, l’universitaire veut faire de l’école un laboratoire d’écocitoyens. Un message qui résonne particulièrement à Gemena, chef-lieu du Sud-Ubangi, province confrontée aux défis climatiques et environnementaux bien que disposant de vastes étendues forestières.

Blaise ABITA

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