Mine
Raoul Wazenga Vitima, DG du SGN-C plaide pour une meilleure connaissance géologique et une traçabilité renforcée des ressources minières
Lors de la conférence « Dessiner l’avenir de l’industrie minière en RDC », tenue dans le cadre de la DRC Mining Week 2025, le Directeur général du Service Géologique National du Congo (SGN-C), Raoul Wazenga Vitima, a livré un message fort, axé sur la nécessité de passer du potentiel géologique à une réelle mise en valeur des ressources minières de la RDC.
« Nous ne pouvons plus nous contenter de parler de potentiel minéral. Il faut certifier nos ressources, les transformer en réserves exploitables, et cela passe par une meilleure connaissance géologique du territoire national », a-t-il déclaré devant un parterre d’experts, de décideurs politiques et d’investisseurs.
Le DG du SGN-C a rappelé que si certaines provinces comme le Katanga ou le Kongo Central bénéficient d’une connaissance géologique relativement avancée, de larges parties du territoire congolais restent encore mal connues. Cette situation freine non seulement l’exploitation minière mais aussi l’attractivité du pays pour les investissements à long terme.
« Le défi est immense. Sans recherche géologique approfondie, nous restons dans le flou. Or, le monde attend beaucoup de la RDC. Serons-nous à la hauteur de cette demande mondiale croissante en minéraux critiques ? »
Pour répondre aux exigences internationales en matière de traçabilité, le SGN-C, en collaboration avec les pays de la sous-région des Grands Lacs, prévoit la création d’un laboratoire de traçabilité baptisé AFP (Amanistère Fingerprint). Ce laboratoire permettra de déterminer avec précision l’origine des minerais, notamment les 3T (étain, tungstène, tantale) et l’or, dès la phase d’exploration.
« Cette initiative va renforcer notre capacité à contrôler la chaîne de valeur minière depuis la source, et ainsi garantir la conformité aux normes internationales », a souligné le directeur du SGN-C.
En parallèle, Raoul Wazenga a insisté sur l’importance de structurer un écosystème complet autour de l’exploitation minière : gouvernance, infrastructures, ressources humaines, et développement local. Pour lui, ces piliers sont essentiels si la RDC veut passer de « pays-scandale géologique » à « pays-solution » dans la transition énergétique mondiale.
« Nous devons arrêter de répéter les slogans. Le temps est venu d’agir, de cartographier, de certifier et de sécuriser notre patrimoine géologique », a-t-il conclu.
Dorcas Mwavita/CongoProfond.net