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Olivier Binyingo (Ivanhoe) : « Le cuivre congolais est une réponse directe aux défis mondiaux »

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Lors de la deuxième journée de la DRC Mining Week, Olivier Binyingo, représentant de Copper S.A./Ivanhoe Mines, a livré un plaidoyer fort en faveur du potentiel minier exceptionnel de la République Démocratique du Congo (RDC). Dans une intervention au chapiteau 1 du Pullman Karavia, il a appelé les investisseurs à s’engager davantage dans le secteur minier congolais, en mettant en lumière les réussites passées et les perspectives d’avenir prometteuses.

« Il existe désormais un bilan solide. Nous avons en RDC le plus grand projet de cuivre du continent africain, et l’un des plus importants au monde. C’est une preuve irréfutable que ce pays offre un environnement propice à l’investissement et à la réussite minière », affirme-t-il.

S’appuyant sur les avancées réalisées dans les régions riches en ressources à l’ouest du lac, il a rappelé que plusieurs gisements de classe mondiale ont été découverts grâce à d’importants investissements en exploration. La RDC est ainsi devenue l’un des grands pôles mondiaux du cuivre et du cobalt, avec en plus un potentiel encore sous-exploité en lithium et en zinc.

Olivier Binyingo a ensuite élargi son propos en soulignant que les besoins mondiaux en métaux critiques, « indispensables à la transition énergétique », continueront de croître dans les décennies à venir.

« Si vous regardez les projections en termes de besoins, notamment pour le cuivre, entre la modernisation des réseaux électriques, la croissance des data centers ou encore l’expansion de la mobilité électrique, le monde aura besoin de la RDC. Le cuivre congolais est une réponse directe à ces enjeux », a-t-il poursuivi.

Il a également rappelé que plusieurs projets miniers majeurs développés en RDC sont aujourd’hui opérationnels, ce qui renforce la crédibilité du pays auprès des investisseurs internationaux.

Pour Binyingo, la RDC ne doit plus seulement aspirer à une position dominante : elle l’occupe déjà en grande partie.

« J’ai l’honneur de dire que nous sommes déjà un leader dominant. Aujourd’hui, la RDC est le deuxième producteur mondial de cuivre, derrière la Chine et devant les États-Unis. Cela démontre la stature mondiale que nous avons acquise. »

Mais pour aller encore plus loin, il estime qu’il faut s’attaquer à trois défis structurels majeurs : la gouvernance, les infrastructures et le développement du capital humain.

« La gouvernance ne doit pas être réduite à la seule corruption. Il s’agit aussi d’efficacité administrative et de prévisibilité. Ensuite, il y a les infrastructures, mais surtout, la capacité humaine. »

Il a souligné que le développement du secteur des services locaux est fondamental pour un ancrage durable de l’industrie minière. Il a insisté sur la nécessité de transformer les communautés, les employés et les fournisseurs locaux en véritables acteurs du progrès.

« Il faut changer de narratif. La RDC doit être capable de faire émerger des leaders africains dans les services miniers – qu’il s’agisse de sous-traitants, de prestataires logistiques, de sociétés d’entretien industriel ou de sécurité. », a-t-il martelé.

Selon lui, ce tissu de prestataires nationaux représente un pilier clé de la localisation et du développement, et leur croissance doit permettre de conquérir d’autres marchés, notamment en Afrique australe.

« L’industrie minière du Haut-Katanga doit pouvoir offrir ses services à la Zambie voisine. C’est ainsi qu’on crée de la valeur locale exportable. »

Ce discours s’inscrit dans le thème central de cette édition 2025 de la DRC Mining Week : « Positionner la RDC en tant que pays minier de premier plan ». Un message clair : la RDC n’est pas qu’une réserve minérale. Elle peut devenir un hub industriel régional, porté par ses hommes, ses entreprises et sa vision stratégique.

Dorcas Mwavita / CongoProfond.net

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Kenge : Des réactions contrastées à l’annonce du retour de 2 magistrats

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L’annonce du retour prochain à Kenge du magistrat Makwanza et du procureur Émile Ndjale continue de susciter des réactions au sein d’une partie de la population du chef-lieu de la province du Kwango, particulièrement parmi certains groupes de jeunes.

Selon plusieurs sources locales, des discussions seraient en cours au sein de la jeunesse afin d’évaluer les actions à entreprendre pour exprimer leur désaccord avec cette éventuelle réaffectation. Des consultations informelles se tiendraient notamment autour de l’organisation d’activités citoyennes destinées à faire entendre leur position.

D’après les informations recueillies, plusieurs options seraient envisagées. Certains jeunes évoqueraient la possibilité de profiter de la marche de l’opposition prévue le 3 juin pour faire connaître leurs préoccupations, tandis que d’autres privilégieraient une initiative distincte à une date ultérieure afin de démontrer leur mobilisation.

Un retour qui ravive des controverses passées

Le magistrat Makwanza et le procureur Émile Ndjale avaient déjà fait l’objet de critiques de la part d’une frange de la population locale concernant leur gestion de certains dossiers judiciaires. À l’époque, plusieurs accusations avaient été formulées à leur encontre par des citoyens et des organisations locales.

Ces allégations portaient notamment sur de supposés abus dans l’exercice de leurs fonctions ainsi que sur des comportements jugés incompatibles avec leurs responsabilités. Toutefois, il convient de rappeler que ces accusations relèvent des dénonciations faites par leurs détracteurs et qu’elles n’ont pas nécessairement fait l’objet de décisions judiciaires définitives établissant leur responsabilité.

En juillet 2025, un mouvement de contestation populaire avait conduit à une forte tension dans la ville de Kenge, poussant les deux magistrats à quitter temporairement leur poste.

Entre interrogations et attentes

L’éventualité de leur retour suscite aujourd’hui diverses interrogations au sein de la population. Certains habitants estiment que cette décision risque de raviver des tensions encore présentes, tandis que d’autres appellent au respect des procédures administratives et judiciaires en vigueur.

Dans ce contexte, plusieurs observateurs plaident pour l’apaisement et le dialogue afin d’éviter toute escalade et de garantir le maintien de l’ordre public. Les autorités compétentes sont également attendues sur leur capacité à gérer cette situation avec sérénité et dans le respect de l’État de droit.

Alors que les spéculations se multiplient, l’attention reste désormais tournée vers les prochaines décisions administratives et les réactions qu’elles pourraient susciter au sein de la population de Kenge.

Émile Yimbu/CONGOPROFOND.NET 

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