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Parler de saleté devient un crime : 2 journalistes interpellés pour avoir dit la vérité sur le Stade des Martyrs
Dans une ironie aussi crasse que les gradins du Stade des Martyrs, deux journalistes sportifs de la Radiotélévision Nationale Congolaise (RTNC), Willy-Albert Kande et Marcelin Mwananteba, ont été interpellés lundi par les services de sécurité pour avoir osé dire tout haut ce que tout le monde voit : l’état d’insalubrité du principal stade du pays.
Leurs propos ont été diffusés lors de la retransmission du match amical RDC-Madagascar. Rien de plus qu’un constat objectif, partagé par des milliers de supporters et d’observateurs : le stade est sale, indigne, délabré. Mais à Kinshasa, dire la vérité peut vous envoyer au poste.
Marcelin Mwananteba a été libéré après un bref interrogatoire. Willy Kande, lui, a passé la nuit dans les locaux de la LENI, la police des renseignements. Une mesure disproportionnée qui sonne comme un avertissement à toute la profession : taisez-vous ou subissez !
La réaction du milieu médiatique ne s’est pas fait attendre. Journalistes et défenseurs des droits humains dénoncent une atteinte flagrante à la liberté de la presse. Punir ceux qui montrent la saleté au lieu de ceux qui la laissent s’installer ? Voilà l’absurdité d’un système qui préfère bâillonner que nettoyer.
Pendant ce temps, le Stade des Martyrs reste ce qu’il est : un symbole d’abandon. Mais grâce à ceux qui persistent à parler, la saleté ne sera pas enterrée sous le silence. Elle continuera de tacher l’image du pays, tant que ceux qui pourraient agir choisissent d’emprisonner les mots plutôt que de changer les choses.
Désiré Rex Owamba/CONGOPROFOND.NET