À la Une
Kolwezi-Sakabinda : Alexis Gisaro sur le terrain d’un projet stratégique pour l’intégration régionale
En mission à Kolwezi, le ministre d’État en charge des Infrastructures et Travaux publics, Alexis Gisaro Muvunyi, a inspecté l’un des chantiers les plus structurants de la région : la route Kolwezi-Sakabinda, longue de 53,6 kilomètres, ainsi que le port sec attenant. Cette infrastructure transfrontalière est conçue pour renforcer les échanges entre la RDC et la Zambie, mais aussi pour arrimer le pays aux grands corridors régionaux.
Sur place, le ministre a parcouru près de 8 kilomètres du tronçon déjà ouvert par l’entreprise TOHA, permettant au cortège ministériel de circuler sans encombre. À la base vie de l’entreprise, Alexis Gisaro s’est réjoui du stock important de matériaux — notamment du bitume — disponibles pour la suite des travaux, preuve du sérieux et de l’avancement du projet.
Un corridor stratégique pour la RDC et la SADC
Au-delà de l’impact local, la route Kolwezi-Sakabinda vise à relier la province du Lualaba aux grands axes transafricains : THA 4 et THA 3. Elle ouvre un accès terrestre vers des pays comme la Zambie et l’Angola, mais aussi vers des centres économiques majeurs tels que Cape Town et Tripoli. Un maillage continental qui promet de repositionner la RDC au cœur de la dynamique économique régionale.
D’une durée de 30 mois, les travaux sont financés à hauteur de 159,2 millions USD par Toha Investment et Bulongo Logistique. À terme, cette route apportera une alternative logistique aux ports secs de Sakania, Kasumbalesa et Mokambo, tout en renforçant l’intégration sous-régionale.
Un levier de développement économique
Le raccordement direct entre la province minière du Lualaba et la province de Western en Zambie ouvre des perspectives inédites pour le commerce, la circulation des biens et la coopération transfrontalière. Combiné à d’autres projets comme l’aéroport international de Kolwezi, ce chantier s’inscrit dans une stratégie plus large de transformation des infrastructures congolaises.
La visite du ministre Gisaro marque ainsi une étape déterminante dans la concrétisation d’un projet d’envergure, porteur de croissance, d’intégration et de souveraineté logistique pour la RDC.
Désiré Rex Owamba/CONGOPROFOND.NET
À la Une
« Descendez au refuge ! » : À Kyiv, j’ai vécu 2 alertes aériennes qui m’ont fait comprendre le quotidien des Ukrainiens sous les bombes (Carnet de voyage CONGOPROFOND.NET)
Pendant 3 heures d’échanges riches et passionnants avec des universitaires, des diplomates et des journalistes, nous avons eu l’opportunité exceptionnelle de découvrir les initiatives académiques et scientifiques portées par l’Ukraine en direction de l’Afrique, grâce au précieux accompagnement du Centre d’études africaines de l’Université nationale Taras Chevtchenko et de nombreux partenaires engagés.
Mais au-delà des discussions scientifiques et diplomatiques, c’est une expérience humaine forte qui marquera durablement ma mémoire.

Quand les sirènes interrompent la science
Alors que les échanges se déroulaient dans une atmosphère studieuse et conviviale, les sirènes d’alerte aérienne ont retenti à 2 reprises. À chaque fois, nous avons dû interrompre la conférence pour rejoindre en urgence un refuge anti-bombes.
Ces moments ont suscité en moi des émotions intenses. Descendre dans un abri souterrain alors que l’on participe à une conférence universitaire est une expérience qui dépasse l’imagination de ceux qui vivent loin du conflit. Cette réalité, je ne l’avais jusqu’alors observée qu’à travers les médias. La vivre personnellement m’a permis de mieux comprendre les conditions actuelles de l’Ukraine et les défis quotidiens auxquels les Ukrainiens sont confrontés depuis le début de l’agression russe.
Sur le chemin menant au refuge, une question me traversait l’esprit. J’ai alors demandé à notre hôte si les frappes russes visaient uniquement des objectifs militaires. Sa réponse fut aussi simple que percutante : « Que faut-il en penser lorsque nous sommes obligés, avec des étudiants et des chercheurs, de descendre dans un abri anti-bombes alors que nous discutons de science ? »
Cette interrogation résume à elle seule la réalité d’un pays où la guerre s’invite jusque dans les amphithéâtres, les salles de conférence et les espaces dédiés au savoir.
Le courage d’informer malgré la guerre

Cette visite a également été marquée par la présence d’une importante délégation de journalistes africains. Je tiens à saluer le courage et le professionnalisme de mes confrères venus de plusieurs pays du continent. Leur décision de se rendre en Ukraine en cette période particulièrement difficile témoigne d’un véritable engagement envers la recherche de la vérité et la compréhension des réalités du terrain.
Choisir de visiter un pays en guerre ne relève pas seulement du devoir professionnel ; cela exige aussi une part importante de courage personnel. Leur détermination à voir l’Ukraine de leurs propres yeux mérite d’être reconnue.
Cette visite m’a permis de découvrir une autre facette de l’Ukraine : celle d’un peuple qui continue d’enseigner, de rechercher, d’innover et de dialoguer avec le monde malgré les menaces permanentes. J’espère sincèrement que cette expérience contribuera à une meilleure compréhension des réalités que vivent quotidiennement les Ukrainiens et renforcera les liens entre l’Afrique et l’Ukraine dans les domaines de l’éducation, de la recherche et de la coopération internationale.
Une expérience qui rapproche l’Afrique et l’Ukraine

Au cours de cette tournée de presse, des journalistes venus du Bénin, de la République démocratique du Congo, du Cameroun, de la Côte d’Ivoire, de la Mauritanie, du Sénégal et du Togo ont eu l’opportunité de couvrir les activités organisées à l’Université nationale Taras-Chevtchenko de Kyiv et de découvrir de près la réalité ukrainienne. Leur présence a donné à cette mission une dimension véritablement panafricaine, favorisant les échanges d’expériences et le partage de regards sur les défis contemporains auxquels fait face l’Ukraine.
Je tiens également à exprimer ma profonde gratitude à Saleck Zeid, Josiasse Assemon, Arnauld Kassouin, Aliya, Mohamed Diop, Robert Kra, Bernadette Ayelo Ablavi Ayibe, Paul Joel Kamtchang, Mor Amar, Eddy Tshiala Katala qui ont participé à cette tournée de presse en Ukraine. Leur professionnalisme, leur courage et leur volonté de témoigner des réalités du terrain ont contribué au succès de cette mission et à une meilleure compréhension mutuelle entre nos peuples. Ensemble, nous avons vécu une expérience marquante qui restera gravée dans nos mémoires bien au-delà de ce voyage.
Tchèques Bukasa/CONGOPROFOND.NET
