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Contre la balkanisation de la RDC, Moïse Moni Della appelle à la création d’un « Camp de la Nation »
Face à la montée des tensions à l’Est de la République démocratique du Congo et à la reconstitution d’un pôle d’opposition armé et politique autour de l’ancien président Joseph Kabila à Goma, Moïse Moni Della, président du parti Conade, co-fondateur de l’UDPS et ancien vice-ministre de l’Information, appelle à un sursaut national.
Dans une déclaration musclée, celui qui se présente comme « porte-parole du peuple » propose la mise en place d’une nouvelle coalition politique autour du président Félix Tshisekedi. Baptisée « Camp de la Nation » (CANA), cette structure aurait pour vocation de rassembler toutes les forces républicaines face à ce qu’il qualifie de « double pouvoir de fait » qui s’installe dangereusement dans le pays.
« Aujourd’hui, nous avons l’impression d’avoir deux États dans un État, deux capitales-Kinshasa et Goma-et deux chefs de l’État : l’un légitime, Félix Tshisekedi, et l’autre illégitime, Joseph Kabila », affirme Moni Della. Une situation inédite, selon lui, qui fait écho aux craintes exprimées jadis par Patrice Lumumba à propos de la balkanisation du pays, mais aussi à celles formulées récemment par le cardinal Fridolin Ambongo après une tournée dans l’Est.
Le CANA que propose Moïse Moni Della se veut plus large et plus offensif que l’Union sacrée, qui avait permis au président Tshisekedi de réunir une majorité parlementaire en 2021. Pour l’ancien ministre, l’Union sacrée « n’a pas démérité » mais elle n’est plus adaptée à la nouvelle configuration géopolitique née de la guerre dans les provinces orientales. Il appelle donc à la création d’un nouveau front politique, capable à la fois de mobiliser pour la paix et de se préparer à la guerre, en vertu du principe bien connu : « Qui veut la paix, prépare la guerre ».
« Il y a aujourd’hui un impératif politique et patriotique de constituer un pôle fort autour du président Tshisekedi. Le Camp de la Nation doit être une machine de mobilisation, d’action et de souveraineté pour mettre fin à la guerre et empêcher la dislocation programmée de notre territoire », martèle-t-il.
Dans un contexte où des voix s’élèvent de plus en plus pour dénoncer les manœuvres de fragmentation du pays, la proposition de Moïse Moni Della vient relancer le débat sur la refondation du socle politique présidentiel. Plus qu’une coalition électorale, il appelle à un pacte national, un rassemblement de toutes les forces républicaines décidées à défendre l’unité de la RDC.
Tchèques Bukasa/CONGOPROFOND.NET
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Joseph Kabila : « Il faut balayer le système actuel et renouveler la classe politique congolaise »
L’ancien président de la République démocratique du Congo, Joseph Kabila, a livré une rare prise de parole publique dans une déclaration rendue publique ce jeudi 11 juin. Au cœur de son message : une critique sévère de la gouvernance actuelle et un appel à une profonde transformation du paysage politique congolais.

Un plaidoyer pour un changement radical
Selon Joseph Kabila, la crise multidimensionnelle que traverse la RDC est avant tout le résultat d’un problème de gouvernance. L’ancien chef de l’État estime qu’un simple changement de dirigeants ne suffirait pas à redresser le pays.
« Il faut balayer ce système », affirme-t-il, plaidant pour une refonte de la classe politique congolaise afin de permettre l’émergence d’une nouvelle génération de dirigeants.
Une nouvelle classe politique pour la RDC
Pour l’ancien président, les mécanismes traditionnels de renouvellement politique n’ont pas produit les résultats escomptés. Il suggère ainsi d’explorer d’autres voies, notamment l’organisation de primaires, afin de favoriser une compétition politique plus ouverte et plus représentative.
Joseph Kabila considère que le système actuel ne permet pas d’apporter les changements profonds dont le pays a besoin et qu’une participation accrue des citoyens sera indispensable dans ce processus.
Le rôle central des citoyens
Au-delà des réformes institutionnelles, l’ancien président insiste sur la nécessité de renforcer le sens civique de la population. Selon lui, la transformation de la RDC ne pourra se réaliser que grâce à une implication active des Congolais dans la vie publique et dans la défense des valeurs démocratiques.
Il prévient toutefois qu’un tel chantier demandera du temps et ne pourra être mené à bien « ni en quelques semaines, ni en quelques mois ».
Une vision pour l’avenir du pays
Cette sortie médiatique intervient dans un contexte politique et sécuritaire particulièrement tendu en RDC. À travers ses déclarations, Joseph Kabila appelle à une réflexion de fond sur l’avenir du pays, estimant que les défis actuels nécessitent des réponses structurelles plutôt que des solutions ponctuelles.
L’ancien président défend ainsi l’idée d’un renouvellement du système politique et d’une mobilisation citoyenne capable d’accompagner les réformes qu’il juge indispensables pour la stabilité et le développement de la République démocratique du Congo.
Tchèques Bukasa/CONGOPROFOND.NET
