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6 juin 1956-6 juin 2025 : 69 ans de TP OK Jazz, la légende vivante de Franco Luambo
Un 6 juin 1956 naissait, dans un bar de Léopoldville, un groupe qui allait devenir le monument de la rumba congolaise : le Tout Puissant OK Jazz. Derrière cette formation, un certain Franco Luambo Makiadi, guitariste de génie et futur « Sorcier de la guitare ». Près de sept décennies plus tard, l’empreinte du TP OK Jazz est toujours vive dans les cœurs, les musiques et les mémoires.

Une naissance au cœur du Congo colonial
Ce groupe mythique a été créé au bar « OK Bar » à Léopoldville (Kinshasa aujourd’hui). Ses membres fondateurs sont : Jean Serge Essous, Vicky Longomba, et très vite Franco. Influencé par la musique cubaine et le brassage musical avec les rythmes locaux, OK Jazz a imposé son art dans l’espace congolais et africain jusqu’au point de devenir le chouchou des maisons de disques de l’époque coloniale (Opika, Loningisa, etc.).
Ascension de Franco : le TP OK Jazz devient une institution

Franco devient leader du groupe dès la fin des années 1950, au moment où la rumba congolaise s’erigeait en vecteur d’expression populaire. Quand au TP OK Jazz, il était incontestablement le reflet social, politique, voire moral, de la société zaïroise. Ses grands tubes, notamment Mario, Mamou, Attention na SIDA, Boma ngai na boma yo, etc., révèlent les pans entiers de la société zaïroise de l’époque.
Une école de la musique congolaise

Le groupe a été une pépinière de talents : Sam Mangwana, Josky Kiambukuta, Madilu System, Ndombe Opetum, Carlyto, Djo Mpoy, Diatos, Lokombe, Malage de Lugendo, etc.
Le TP OK JAZZ avait une structure musicale stricte, mais fertile et un style reconnaissable : longues introductions, solos de guitare savants, voix graves et harmonies vocales profondes.
Franco, un homme, une légende, une voix politique

Ses rapports avec Mobutu, entre proximité et critiques voilées, faisaient les choux gras de la presse nationale et surtout de la radio-trottoir.
Champion de la liberté d’expression dans ses chansons, Franco était comme un chroniqueur social, porte-voix des petites gens.
L’héritage du TP OK Jazz

A la mort de Franco en 1989, une page de l’histoire musicale de la RDC s’est tournée. Les tentatives de relance du groupe (par Simaro Lutumba notamment), se sont avérées infructueuses. Toutefois, l’influence de l’OK Jazz dans la musique congolaise, africaine, afro-cubaine demeure réelle.
Le TP OK Jazz, comme matrice de la rumba, doit être fière que son oeuvre soit inscrite au patrimoine immatériel de l’UNESCO.
À l’heure où l’Afrique redécouvre et réhabilite ses géants culturels, les 69 ans du TP OK Jazz nous rappellent que la rumba congolaise n’est pas seulement une musique de fête : c’est une mémoire, une conscience, un art de vivre. Et le TP OK Jazz, sous la houlette de Franco, en a été le cœur battant.
Tchèques Bukasa/CONGOPROFOND.NET