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Médias

« Vous n’êtes pas la République » : Marie-Ange Mushobekwa répond à Christian Bosembe après sa censure contre Kabila

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La réplique est cinglante, le ton sans détour. Face à la tentative de musellement médiatique orchestrée par Christian Bosembe, président du Conseil supérieur de l’audiovisuel et de la communication (CSAC), l’ancienne ministre des Droits humains Marie-Ange Mushobekwa a sorti la machette verbale. Dans un message au vitriol publié sur ses réseaux sociaux, elle démonte, pièce par pièce, la posture autoritaire de Bosembe, qui vient récemment d’intimer l’ordre aux journalistes de ne pas donner la parole à l’ancien président Joseph Kabila.

« Vos grimaces et menaces ne nous font pas peur… », lance-t-elle, s’adressant directement à Christian Bosembe, avant de moquer son allié politique : « Autant celles de votre camarade de l’Union sacrée Constant Mutamba ont fini par paraître comme une pièce de théâtre au sein de l’opinion publique. Vous connaissez la suite : la crédibilité en lambeaux ! »

C’est un véritable rappel à l’ordre que Mushobekwa adresse à ceux qui, grisés par les privilèges momentanés du pouvoir, s’imaginent pouvoir effacer des voix, réécrire l’histoire ou sélectionner les interlocuteurs autorisés à s’exprimer dans l’espace public congolais. « La RDC nous appartient tous », insiste-t-elle. Un rappel élémentaire mais nécessaire à une époque où les institutions indépendantes peinent à dissimuler leur alignement flagrant sur l’Exécutif.

Christian Bosembe, censé être le garant de la liberté de la presse et du pluralisme, s’est enfoncé dans un dangereux amalgame entre régulation et censure. En interdisant que la parole soit donnée à Joseph Kabila, il outrepasse ses prérogatives et expose son institution à une dérive liberticide.

Marie-Ange Mushobekwa ne se limite pas à défendre un homme-Joseph Kabila-mais une idée : celle d’un débat démocratique ouvert, respectueux des mémoires et des voix plurielles. « Je vais continuer à m’exprimer sur toutes les questions touchant à la vie de la Nation. Et cela, à travers la télévision, la radio ainsi que les réseaux sociaux. Que je sois dans les airs, dans les eaux ou sur la terre », écrit-elle avec détermination.

Dans une République qui se veut démocratique, censurer un ancien président-quelle que soit l’opinion qu’on ait de son héritage-revient à prendre en otage la mémoire nationale. Cela revient aussi à nier aux citoyens le droit de se faire leur propre opinion. Et cela, Mushobekwa ne l’accepte pas.

La sortie de l’ex-ministre pourrait bien marquer un tournant. Car si, dans l’opinion publique, les gesticulations de Bosembe et consorts commencent à apparaître pour ce qu’elles sont des tentatives malhabiles de contrôle narratif, elles n’en demeurent pas moins préoccupantes. Le débat démocratique congolais, déjà malade, n’a pas besoin qu’on lui injecte davantage de poison.

Dorcas Ntumba/CONGOPROFOND.NET 

À la Une

« Descendez au refuge ! » : À Kyiv, j’ai vécu 2 alertes aériennes qui m’ont fait comprendre le quotidien des Ukrainiens sous les bombes (Carnet de voyage CONGOPROFOND.NET)

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Pendant 3 heures d’échanges riches et passionnants avec des universitaires, des diplomates et des journalistes, nous avons eu l’opportunité exceptionnelle de découvrir les initiatives académiques et scientifiques portées par l’Ukraine en direction de l’Afrique, grâce au précieux accompagnement du Centre d’études africaines de l’Université nationale Taras Chevtchenko et de nombreux partenaires engagés.

Mais au-delà des discussions scientifiques et diplomatiques, c’est une expérience humaine forte qui marquera durablement ma mémoire.

Quand les sirènes interrompent la science

Alors que les échanges se déroulaient dans une atmosphère studieuse et conviviale, les sirènes d’alerte aérienne ont retenti à 2 reprises. À chaque fois, nous avons dû interrompre la conférence pour rejoindre en urgence un refuge anti-bombes.

Ces moments ont suscité en moi des émotions intenses. Descendre dans un abri souterrain alors que l’on participe à une conférence universitaire est une expérience qui dépasse l’imagination de ceux qui vivent loin du conflit. Cette réalité, je ne l’avais jusqu’alors observée qu’à travers les médias. La vivre personnellement m’a permis de mieux comprendre les conditions actuelles de l’Ukraine et les défis quotidiens auxquels les Ukrainiens sont confrontés depuis le début de l’agression russe.

Sur le chemin menant au refuge, une question me traversait l’esprit. J’ai alors demandé à notre hôte si les frappes russes visaient uniquement des objectifs militaires. Sa réponse fut aussi simple que percutante : « Que faut-il en penser lorsque nous sommes obligés, avec des étudiants et des chercheurs, de descendre dans un abri anti-bombes alors que nous discutons de science ? »

Cette interrogation résume à elle seule la réalité d’un pays où la guerre s’invite jusque dans les amphithéâtres, les salles de conférence et les espaces dédiés au savoir.

Le courage d’informer malgré la guerre

 

Cette visite a également été marquée par la présence d’une importante délégation de journalistes africains. Je tiens à saluer le courage et le professionnalisme de mes confrères venus de plusieurs pays du continent. Leur décision de se rendre en Ukraine en cette période particulièrement difficile témoigne d’un véritable engagement envers la recherche de la vérité et la compréhension des réalités du terrain.

Choisir de visiter un pays en guerre ne relève pas seulement du devoir professionnel ; cela exige aussi une part importante de courage personnel. Leur détermination à voir l’Ukraine de leurs propres yeux mérite d’être reconnue.

Cette visite m’a permis de découvrir une autre facette de l’Ukraine : celle d’un peuple qui continue d’enseigner, de rechercher, d’innover et de dialoguer avec le monde malgré les menaces permanentes. J’espère sincèrement que cette expérience contribuera à une meilleure compréhension des réalités que vivent quotidiennement les Ukrainiens et renforcera les liens entre l’Afrique et l’Ukraine dans les domaines de l’éducation, de la recherche et de la coopération internationale.

Une expérience qui rapproche l’Afrique et l’Ukraine

Au cours de cette tournée de presse, des journalistes venus du Bénin, de la République démocratique du Congo, du Cameroun, de la Côte d’Ivoire, de la Mauritanie, du Sénégal et du Togo ont eu l’opportunité de couvrir les activités organisées à l’Université nationale Taras-Chevtchenko de Kyiv et de découvrir de près la réalité ukrainienne. Leur présence a donné à cette mission une dimension véritablement panafricaine, favorisant les échanges d’expériences et le partage de regards sur les défis contemporains auxquels fait face l’Ukraine.

Je tiens également à exprimer ma profonde gratitude à Saleck Zeid, Josiasse Assemon, Arnauld Kassouin, Aliya, Mohamed Diop, Robert Kra, Bernadette Ayelo Ablavi Ayibe, Paul Joel Kamtchang, Mor Amar, Eddy Tshiala Katala qui ont participé à cette tournée de presse en Ukraine. Leur professionnalisme, leur courage et leur volonté de témoigner des réalités du terrain ont contribué au succès de cette mission et à une meilleure compréhension mutuelle entre nos peuples. Ensemble, nous avons vécu une expérience marquante qui restera gravée dans nos mémoires bien au-delà de ce voyage.

Tchèques Bukasa/CONGOPROFOND.NET

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