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Analyses et points de vue

Goma : Face au discours de Kabila, Wilfried Akilimali fait entendre la vigilance de la société civile

Joseph Kabila a brisé le silence. Après plus d’un mois d’absence médiatique, l’ancien président congolais s’est adressé à la Nation, ce vendredi 23 mai 2025, pour proposer un plan de sortie de crise en douze points. Appelant à un “sursaut patriotique”, il plaide pour la paix, la démocratie et l’unité nationale.

À Goma, dans l’Est du pays, la réaction d’Akilimali Linjanja Wilfried, juriste et figure montante de la société civile, ne s’est pas fait attendre. “C’est un discours très responsable et sage, un appel fort à la restauration de la paix dans l’Est de la RDC. Il ne pouvait pas tomber à un moment plus crucial”, analyse-t-il.

Mais dans cette région meurtrie par des décennies de violences, la prudence reste de mise. “Ici, à l’Est, nous avons appris à juger les intentions politiques à l’aune des actions concrètes”, prévient Akilimali. Il souligne que les promesses, aussi solennelles soient-elles, ne suffisent plus : “Ce sont les actes qui nous intéressent désormais.”

Parmi les douze propositions de l’ancien chef de l’État, une en particulier fait écho aux urgences du terrain : la fin immédiate des hostilités. “Sans hésiter, le point 2, mettre fin à la guerre, est pour nous une urgence absolue. Des millions de Congolais dans le Kivu, en Ituri, au Katanga et dans le Maï-Ndombe vivent sous la menace constante de groupes armés”, insiste Akilimali, rappelant l’ampleur du désastre humanitaire et sécuritaire.

Le timing du discours n’est pas anodin. La RDC traverse l’une des périodes les plus instables de son histoire récente. Si les propositions de Kabila ont ravivé l’espoir chez certains, elles n’effacent pas la méfiance d’une société civile désormais aguerrie. “Sur le papier, c’est un programme ambitieux. Nous saluons le geste, tout en gardant une vigilance citoyenne face à son application réelle”, conclut Wilfried Akilimali.

Dans les jours à venir, les regards resteront tournés vers Kinshasa, mais aussi vers le terrain. Car pour les populations de l’Est, seule une mise en œuvre rapide et tangible de ce plan permettra de rétablir un tant soit peu la confiance.

Franck Kaky/CONGOPROFOND.NET