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72 heures pour disparaître : Colère et détresse sur l’avenue de la Paix à Ngaliema

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L’angoisse et l’indignation secouent les quartiers riverains de l’avenue de la Paix, dans la commune de Ngaliema. Le ministère des Infrastructures et Travaux Publics a donné un ultimatum de 72 heures aux habitants installés le long de la rivière : ils doivent évacuer leurs maisons, sous peine de voir les bulldozers les réduire en poussière.

Dans un communiqué officiel daté du 15 mai 2025, le ministre Alain Tshilungu ordonne la démolition des constructions « anarchiques » implantées sur les berges et dans les zones de servitude. L’objectif affiché : « restaurer l’intégrité du domaine public ». Passé ce délai, l’Exécutif provincial de Kinshasa interviendra sans sommation.

Mais sur le terrain, c’est le désespoir. Deux jours après la distribution de la mise en demeure, l’émotion est à son comble. Des familles tentent, en panique, de vider leurs maisons. D’autres refusent de céder, dénonçant une mesure brutale et incohérente.

« Trois jours pour déguerpir ? Sans aucune solution de relogement ? C’est inhumain ! », s’insurge un habitant, documents officiels à la main. « Ce sont des maisons construites légalement, sur des parcelles pour lesquelles l’État nous a délivré des titres fonciers. »

Les témoignages accusent un État à double visage : celui qui vend ou régularise les terrains d’un côté, et celui qui les détruit de l’autre, au nom de l’urbanisme.

« Si ces terrains étaient illégaux, pourquoi l’État nous a-t-il laissé construire ? », questionne un autre riverain. Derrière l’argument environnemental-la protection des rivières et la prévention des inondations-se cache, selon eux, un mépris de la dignité humaine.

« On ne demande pas l’impossible. Mais au moins du temps et une solution de repli. Là, on perd tout », pleure une mère de famille, entourée de ses enfants et de quelques effets empilés à la hâte.

Sur place, le reporter de CONGOPROFOND.NET a pu constater l’urgence : maisons éventrées, familles en détresse, enfants errants, et colère sourde. Certaines parcelles sont déjà vidées, d’autres restent farouchement occupées. Pour ces derniers, la résistance est une question de survie.

Le compte à rebours est lancé : les 72 heures expirent ce vendredi 23 mai. D’ici là, les bulldozers sont attendus. Le ministère appelle à la responsabilité pour éviter les affrontements. Mais pour beaucoup, l’État a déjà manqué à la sienne.

Dorcas Mwavita / CONGOPROFOND.NET

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Produits pétroliers : 43,7 millions USD de pertes certifiées, Daniel Mukoko Samba salué pour la stabilité du secteur énergétique

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Alors que le marché pétrolier international continue de subir les contrecoups des tensions géopolitiques mondiales, la RD Congo poursuit ses efforts pour garantir l’approvisionnement régulier du pays en carburants. C’est dans ce contexte que le Comité de Suivi des Prix des Produits Pétroliers (CSPPP) a certifié un montant global de 43,7 millions de dollars américains au titre des pertes et manques à gagner (PMAG) enregistrés par les sociétés pétrolières au cours du premier trimestre 2026.

Une facture lourde pour les opérateurs pétroliers

Réunis les 28 et 29 mai derniers à Kinshasa, les membres du CSPPP ont examiné la situation des entreprises pétrolières opérant dans les 4 principales zones de consommation du pays : Ouest, Sud, Est et Nord.

À l’issue des travaux, les pertes certifiées se répartissent comme suit :
– Zone Ouest : 35,4 millions USD ;
– Zone Sud : 3,95 millions USD ;
– Zone Est : 3,64 millions USD ;
– Zone Nord : 727.491 USD.

Selon les experts du secteur, ces contre-performances sont principalement liées aux turbulences observées sur les marchés internationaux des hydrocarbures à la suite des tensions entre l’Iran, Israël et les États-Unis, qui ont affecté les coûts d’approvisionnement.

Le Gouvernement mobilisé pour éviter une crise d’approvisionnement

Face à cette situation, le Gouvernement congolais a opté pour une approche visant à préserver la continuité de l’approvisionnement du pays en produits pétroliers. Les discussions ont notamment porté sur les mécanismes permettant d’accorder des avances sur les pertes et manques à gagner, grâce aux recettes issues des stocks de sécurité. Cette mesure vise à maintenir la fluidité de la chaîne d’approvisionnement et à éviter toute rupture susceptible d’impacter les consommateurs.

Au cœur de cette dynamique figure le Vice-Premier ministre et ministre de l’Économie nationale, Daniel Mukoko Samba.

Selon le Coordonnateur du Comité de Régulation des Prix (CRP), le ministre a renforcé les équipes chargées du suivi de la collecte des ressources parafiscales destinées au financement des remboursements des pertes et manques à gagner des sociétés pétrolières. Cette décision a permis d’améliorer la mobilisation des ressources nécessaires au fonctionnement du mécanisme de stabilisation des prix.

Depuis son arrivée à la tête du ministère de l’Économie nationale, Daniel Mukoko Samba s’est illustré par plusieurs initiatives visant à renforcer la régulation des marchés, lutter contre les spéculations sur les prix des produits de première nécessité et améliorer le suivi des mécanismes de fixation des prix stratégiques. Son action s’inscrit dans la volonté du Gouvernement de préserver le pouvoir d’achat des ménages tout en garantissant la viabilité économique des opérateurs.

Le secteur privé satisfait

Les représentants des sociétés pétrolières et du secteur privé ont salué la qualité du travail réalisé durant le processus de certification. Le président de la Commission nationale des hydrocarbures de la Fédération des Entreprises du Congo (FEC), Ali Mamina, a notamment mis en avant l’esprit de concertation qui a prévalu tout au long des échanges.

Cette reconnaissance traduit la confiance croissante entre les autorités publiques et les opérateurs économiques dans la gestion d’un secteur particulièrement sensible pour l’économie nationale.

Un enjeu stratégique pour l’économie congolaise

Dans un pays où le transport, l’industrie et une grande partie des activités économiques dépendent des produits pétroliers, la maîtrise des fluctuations du marché demeure un défi majeur. La certification régulière des pertes et manques à gagner, associée aux efforts de mobilisation financière entrepris par le Gouvernement, constitue un levier important pour préserver la stabilité du secteur et protéger les consommateurs contre les effets des crises internationales.

À travers ces mesures, l’exécutif entend maintenir l’équilibre entre les impératifs économiques des opérateurs et la nécessité de garantir aux Congolais un accès continu aux produits énergétiques indispensables à la vie quotidienne.

Tchèques Bukasa/CONGOPROFOND.NET 

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