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Kinshasa : À N’Sele, l’atelier de menuiserie du Service National transforme des ex Kuluna en artisans de l’éducation
Bienvenue dans l’atelier de menuiserie du Service National, niché dans la commune de la N’Sele, à Kinshasa. C’est ici que prennent vie les bancs-pupitres destinés aux écoles, universités et instituts supérieurs de la République démocratique du Congo. Mais avant la livraison, place au travail : un labeur exigeant, précis, minutieux.

Découpe du bois, rabotage, assemblage, ponçage, finition… Le processus est rigoureux et organisé comme une chaîne industrielle. Ce savoir-faire, pourtant, n’a rien de spontané. Il est le fruit d’une formation dispensée au centre d’instruction et de formation Félix-Antoine Tshisekedi de Kaniama Kasese. Là-bas, d’anciens kuluna -ces jeunes longtemps stigmatisés pour leur violence urbaine- ont troqué la rue contre l’atelier.
Des témoignages éloquents
Parmi eux, un ajusteur, pensionnaire du centre en 2020, devenu aujourd’hui formateur : « Je m’attelle à transmettre mes connaissances aux nouveaux arrivants parce que je suis déjà maître dans mon domaine. ». Une fierté palpable, portée par une volonté manifeste de transmettre.

Trésor, ex-kuluna du quartier Matonge, se faisait appeler « Trésor Satan ». Repenti, il appartient à la première promotion de Kaniama Kasese. Aujourd’hui, il parle avec assurance de son objectif : « Nous voulons produire 3.000 bancs par mois. Pour l’instant, nous en faisons entre 1.500 et 1.700. Être kuluna n’est pas une bonne chose. Nous devons construire notre pays nous-mêmes. »
Un processus difficile, mais salvateur
Théodore Matumona, maître d’atelier, se souvient des débuts : « Ce n’était pas facile. Mais grâce à la discipline inculquée par la formation paramilitaire, ces jeunes sont devenus utiles à la nation. »

Le Service National ne se contente pas de désarmer ces jeunes de leurs pulsions destructrices ; il les réarme socialement, en les dotant de compétences utiles et concrètes. Une reconversion qui dépasse le simple geste technique : elle redonne dignité, valeur et avenir à ceux que la société avait relégués.
Un choix politique visionnaire

La relance du Service National n’est pas le fruit du hasard. Elle répond à une vision politique portée par le président Félix Tshisekedi, qui a fait de la jeunesse une priorité nationale. Saluons aussi le travail de son commandant en chef, le général Kasongo Kabwik, artisan de cette reconversion nationale à grande échelle.
Conclusion : rebâtir des vies pour rebâtir la nation

Loin des clichés sur la jeunesse perdue, ces anciens kuluna démontrent qu’avec de la rigueur, de la formation et une chance, on peut devenir bâtisseur. Pas seulement de bancs, mais aussi de société. Car réinsérer, c’est prévenir. Et prévenir, c’est gouverner.
Tchèques Bukasa/CONGOPROFOND.NET