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Partenariat « RDC–AS Monaco »: Quand Didier Budimbu préfère l’illusion médiatique à la réalité des latrines bouchées !
Alors que les stades de football en République démocratique du Congo tombent en ruine, que les terrains pour enfants sont vendus comme de vulgaires lots immobiliers, que le Stade des Martyrs-supposé temple du sport national-empeste l’urine et les matières fécales, le gouvernement congolais trouve encore le moyen de rêver à Monaco.

Vendredi 9 mai 2025, dans un compte rendu lu à la Télévision Nationale, à l’issue du Conseil des ministres, la ministre de la Culture annonçait fièrement que la RDC est en pourparlers avec l’AS Monaco pour un partenariat « structurant », d’une durée de trois ans. Selon le ministre des Sports, Didier Budimbu, ce projet offrirait à la RDC une « visibilité exceptionnelle » à travers des événements, des matchs et des initiatives communicationnelles. L’on parle même de faire figurer le pays sur les supports de communication du club monégasque. De l’enfumage diplomatique vendu au rabais.
Mais de quelle visibilité peut-il bien s’agir, quand aucun stade congolais ne répond aux normes minimales de sécurité ? Quand les tribunes sont désertées non pas à cause du manque de talent sur la pelouse, mais parce que les gangs de fumeurs de chanvre qui rôdent autour des enceintes sportives terrorisent les familles ? Quand les supporters doivent choisir entre encourager leur équipe et préserver leur intégrité physique ?

Le Stade des Martyrs, le principal du pays, est un monument d’indignité nationale. Toilettes impraticables, excréments au sol, infrastructures vétustes, pelouse calamiteuse, éclairage déficient : c’est le reflet d’un État absent, qui ne respecte ni sa jeunesse, ni son patrimoine, ni sa population. Et pendant ce temps, on négocie des matchs à Monaco.
L’indécence de ce projet tient au fait qu’il ne résout rien des problèmes structurels du sport congolais. Il les maquille. Il détourne l’attention. Le football congolais ne manque ni de passion, ni de talents. Il manque d’encadrement, d’entretien, de vision, d’infrastructures, et surtout, de volonté politique sincère.

À quoi bon signer un partenariat international quand nos enfants n’ont même plus d’espace pour taper dans un ballon ? Quand les rares terrains restants sont vendus à des promoteurs voraces, avec la bénédiction silencieuse des autorités ? Ce partenariat est une fuite en avant. Une opération de com’ stérile. Une vitrine sans magasin.
La RDC n’a pas besoin de Monaco. Elle a besoin de toilettes propres dans ses stades. Elle a besoin de terrains pour ses jeunes, de tribunes sûres pour ses supporters, de championnats bien organisés, de clubs soutenus. Elle a besoin que le football populaire redevienne un droit et non un luxe réservé à quelques enclaves sécurisées.

Ce partenariat n’est pas structurant. Il est insultant. Il dit en creux que pour le pouvoir en place, il vaut mieux briller à l’extérieur que réparer l’intérieur. Qu’il est plus important de parader avec un club de Ligue 1 que de répondre à l’humiliation quotidienne des amoureux du ballon rond congolais.
C’est cette hypocrisie-là qu’il faut dénoncer. Et vite. Avant que le football congolais ne soit définitivement dépossédé de ses terrains, de ses valeurs et de son âme.
Tchèques Bukasa/CONGOPROFOND.NET