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Kasaï – Conflits à Ilebo : l’OCDH alerte sur les conséquences potentielles des tensions communautaires

L’Observatoire congolais pour les droits de l’homme (OCDH), coordination provinciale du Kasaï, alerte l’opinion publique sur les risques graves que pourraient entraîner les troubles communautaires qui secouent actuellement le territoire d’Ilebo, si aucune solution durable n’est trouvée.

Le coordonnateur provincial de l’OCDH, Maître Hubert Ngulandjoko Ngulandjoko, appelle le gouverneur provincial à prendre ses responsabilités face à cette situation préoccupante.

« Les territoires de Mweka et d’Ilebo sont des entités administratives créées par la loi. J’ai entendu certains de mes frères Bakele déclarer qu’ils ne veulent plus appartenir au territoire de Mweka, préférant être rattachés à celui d’Ilebo. Pourtant, ils se sont toujours réclamés autochtones d’Ilebo, alors que leurs villages se trouvent bel et bien dans le territoire de Mweka. C’est incohérent. En 1913, une première ordonnance a établi le territoire de Bashilele ; à cette époque, Mweka n’existait pas encore », a-t-il expliqué.

Selon Maître Ngulandjoko, les Bakele disposent de sept villages, tous situés dans le territoire de Mweka, et non dans celui d’Ilebo — un fait historique, rappelle-t-il.

Il précise également que l’arrêté du gouverneur de Lusambo, ayant créé le secteur d’Ilebo, inclut 21 groupements de villages : trois autochtones de Bashilele, trois autres de Bashilebo (à l’origine du nom Ilebo), et 18 groupements non autochtones, principalement baluba. Les Bakele ne figurent dans aucun de ces groupements.

L’OCDH s’inquiète du fait que les Bakele aient récemment installé des pancartes dans deux villages officiellement rattachés à Mweka, provoquant la colère des habitants et faisant craindre une escalade de la tension.

Pour mémoire, une communauté Bakele vivant à Ilebo a adressé une lettre à l’administrateur du territoire de Mweka pour demander l’annexion de sept villages à Ilebo. Une démarche vivement dénoncée par l’administrateur de Mweka, François Mingambengele, qui accuse le député national d’Ilebo, Espérant Kamanda, d’alimenter délibérément un conflit artificiel.

Faustin Nkumbi