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“Bandal c’est Paris” ? Non, Bandal c’est Venise en ruine !
Cinq jours après le passage ravageur de la pluie du jeudi 1er mai 2025, les habitants de Bandalungwa, particulièrement ceux du quartier Makelele, vivent toujours les pieds-et parfois jusqu’aux genoux-dans l’eau.
Les avenues sont méconnaissables, les maisons envahies, les enfants et les femmes exposés, et le plus choquant : aucune autorité n’a encore mis les pieds sur place.
La détresse est visible, palpable. Depuis cinq jours, des familles dorment dans l’humidité, des jeunes filles traversent les eaux sales en pleine période menstruelle, cherchant à sauver les quelques effets encore récupérables. Des enfants jouent malgré eux dans des eaux stagnantes et infectées, tandis que les maladies rôdent, silencieuses mais certaines.
Où sont les autorités ?
Pas de gouverneur, pas de député, pas de ministre, pas de bourgmestre, pas même un communiqué de compassion. Pourtant, cette même commune de Bandal-qu’on appelle “Bandal c’est Paris”-ressemble aujourd’hui plus à Venise abandonnée qu’à une commune chérie.
Les jeunes du quartier ont tenté de curer les caniveaux, de faire écouler l’eau, mais rien n’y fait. Le problème, c’est la rivière Makelele. Elle a besoin d’un curage profond, d’un dégagement sérieux-une intervention que seule l’État peut mettre en œuvre. Et pourtant, rien.
Bandal oubliée ?
Les habitants ne comprennent pas. Pourquoi tant de silence ? Pourquoi tant de mépris ? Quand d’autres quartiers ont été touchés, on a vu les caméras, les visites, les promesses. Ici, c’est le néant. Doit-on en conclure que Bandal n’appartient plus à la République ? Faut-il que ses habitants se déclarent pays indépendant pour espérer être vus, entendus, aidés ?
La population à bout
Exaspérée, la population se sent abandonnée. « Si les autorités ne se sentent pas responsables de nous, alors qu’elles le disent ouvertement. Nous irons chercher secours ailleurs », lance un habitant.
« Nous avons voté, nous avons espéré. Aujourd’hui, nous vivons dans l’eau, dans la honte, dans la maladie. »
L’appel est lancé. Il est fort. Il est douloureux. Il est urgent. Bandal ne demande pas un miracle. Elle demande qu’on la considère. Qu’on vienne. Qu’on aide. Avant qu’un drame de plus ne vienne s’ajouter à la catastrophe. Avant que la colère ne devienne rupture.
Dorcas Mwavita/CongoProfond.net