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Traîtres en scène : Les acrobates de l’infidélité politique en RDC

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Dans le théâtre tragique et sans cesse renouvelé de la République Démocratique du Congo, la figure du traître continue de voler la vedette. Le dernier en date à s’illustrer n’est autre qu’Emmanuel « Manu » Birato, récemment catapulté au rang de gouverneur du Sud-Kivu par le tandem controversé RDF/M23, bras armé rwandais sur le sol congolais.

Une nomination qui, au lieu de surprendre, nous renforce dans l’idée que nous assistons à un cycle perpétuel d’infidélités politiques où les convictions se monnaient comme de vulgaires produits d’import-export. Il est ahurissant de constater qu’il y a à peine un souffle d’étoile filante, Emmanuel Birato se présentait comme candidat député national à Kabare sous la bannière de l’AE de Lambert Mende Omalanga.

Un regroupement rattaché à l’Union Sacrée pour la Nation. Une union aux desseins pacificateurs, mais qui, sous le poids des ambitions contradictoires et des promesses volatiles, ressemble aujourd’hui plus à une tour de Babel qu’à une alliance solide. Emmanuel Birato, comme tant d’autres avant lui, incarne à la perfection cette danse macabre et lancinante des traîtres à la nation.

Des personnages, toujours prêts à plier genou là où les vents du pouvoir soufflent le plus fort. Les acrobaties politiques de ces larbins ne sont plus des surprises dans un pays où la loyauté s’échange au gré des humeurs et où les alliances se défont avec la même légèreté qu’elles se sont faites. Ici, l’intérêt personnel devance toujours le bien commun et le sens du devoir disparaît derrière des agendas personnels opaques.

Il est essentiel de se demander ce que signifient vraiment ces incessants retournements d’allégeance. Au-delà de l’indignation, nous devrions interroger notre complaisance à voir cette politique de saltimbanques déguisés en législateurs se dérouler sans fin sur la scène nationale. Ceux qui tournent le dos à leurs engagements ne sont pas seulement des farceurs.

Ils sont aussi les symboles vivants d’un dysfonctionnement politique plus profond, où la trahison a cessé de choquer parce qu’elle s’inscrit dans les habitudes, banalisée par une répétition sans fin. Aura-t-on tôt fait de clarifier ces méandres politiques? L’existence de ces traîtres n’est pas qu’une simple parenthèse pittoresque dans l’actualité, mais un cancer à extirper d’une gouvernance en recherche désespérée d’honneur et de stabilité.

Notre nation mérite d’être dirigée par des esprits francs, engagés, et intègres, non par ces clowns pragmatiquement dégainés des numéros de cirque à la carte de l’étranger. Des questions demeurent quant à la pérennité de la République si elle continue à encourager indirectement ces jeux de bascule indécents. Il est temps de voter une loi d’inéligibilité à vie et d’indignité nationale.

La confiance du peuple ne survivra pas éternellement à ces trahisons répétées, et l’histoire ne sera pas tendre avec ceux qui auront choisi l’opportunisme au détriment d’un avenir collectif plus prometteur. En attendant, la comédie continue, et il convient de ne pas la prendre à la légère, car elle révèle à travers ses apparences grotesques une vérité que nul ne devrait ignorer ou tolérer.

TEDDY MFITU

Polymathe, chercheur et écrivain / Consultant senior cabinet CICPAR

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Rapport de monitoring de l’action publique : à peine 25% des décisions prises par le gouvernement sont finalisées, 45% en progression et 30% à documenter (CEPAS)

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Le Centre d’Études Pour l’Action Sociale (CEPAS) a présenté ce mardi 2 juin 2026, le rapport de monitoring de l’action publique en République demormcratique du Congo (RDC), démontrant qu’à peine 25% des décisions prises par le gouvernement ont été finalisés, 45% sont en progression et une grande partie d’autres décisions, dont une trentaine restent encore à documenter. 

Présentant ce document, devant la presse à Kinshasa, Christian Ndombo Moleka, consultant en CEPAS et président de la dynamique des politologues du Congo a inventorié et déploré que sur les 139 décisions prises au niveau des Conseils des ministres, seule, une vingtaine a été réalisée, reconnaissant que « la volonté d’orienter l’action stratégique est là » mais le défi reste dans la mise en œuvre et la continuité de l’action gouvernementale.

« Ce rapport, pratiquement de trois ou quatre trimestres, soit d’avril en décembre 2025 permet de mesurer l’action publique, la redevabilité du gouvernement et de renforcer l’efficacité de l’action publique », a expliqué Christian Moleka, précisant qu’il « mesure également le niveau réel de transformation de la prise de décision en action publique, identifie les contraintes structurelles et propose une cartographie des activités qui participent au monitoring. »

De son côté, le Père Alain Nzadi, directeur du CEPAS a précisé les objectifs assignés derrière cette initiative. « Notre ambition est que cette analyse contribue au débat public de manière sereine, constructive et utile. Nous espérons qu’elle permettra d’alimenter la réflexion collective sur les moyens de rendre l’action publique plus efficace, plus transparente et davantage orientée vers des résultats concrets », a-t-il déclaré.

Et de poursuivre : « les recommandations formulées dans cette étude s’inscrivent dans cette perspective. Elles visent notamment à promouvoir une culture de résultats, à renforcer les difficultés… des dispositifs de monitoring gouvernemental, à améliorer la coordination interinstitutionnelle et à développer des outils de redevabilité permettant un meilleur suivi de l’exécution des engagements publics. »

À en croire les conférenciers, « au fond, la question centrale qui traverse ce travail est simple : comment faire en sorte que chaque décision publique produise efficacement la valeur attendue pour les citoyens ? », se sont-ils interrogés, souhaitant que cette réflexion pousse le gouvernement à une mise en œuvre rapide de l’action publique au profit des intérêts de la population congolaise.

Exaucé Kaya

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