Provinces
Nord-Kivu : Trafic des poids lourds suspendu sur la RN4, le pont Semuliki menace de s’effondrer
Le couperet est tombé ! Les véhicules transportant plus de 20 tonnes sont désormais formellement interdits de circuler sur le tronçon Kasindi-Beni de la RN4. La décision a été prise ce lundi 14 avril 2025, lors d’une réunion d’urgence du comité provincial de sécurité, présidée par le gouverneur militaire du Nord-Kivu, le général Evariste Somo, à Beni-ville.

En cause : le pont de la rivière Semuliki, dont l’état de délabrement avancé fait peser une menace réelle sur les usagers. L’alerte a été lancée par l’Office des Routes, qui redoute un effondrement imminent si rien n’est fait.
« Le pont montre déjà des signes inquiétants. Les usagers doivent impérativement respecter les limitations de tonnage », a averti Dieudonné Okanju, chef de brigade de l’Office de Beni.
Un nouveau seuil imposé : 20 tonnes maximum
Pour y veiller, la Direction Générale des Douanes et Accises (DGDA) prend le relais. Son sous-directeur, Alain Badivila, a annoncé que toutes les marchandises devront désormais être déclarées à la douane de Kasindi avec un tonnage vérifié. Objectif : éviter toute surcharge et limiter les risques.
Mais Semuliki n’est pas seul à vaciller
Le pont Hululu et le pont Lume, tous deux construits en planches il y a plus de cinq ans, sont également en voie d’effondrement. Le tronçon Kasindi-Beni, long de 80 km, devient ainsi un axe à haut risque.
Un verrou stratégique sous pression
Ce tronçon est d’autant plus critique que la frontière de Kasindi reste la seule voie d’entrée et de sortie encore fonctionnelle du Nord-Kivu. Les autres points frontaliers — Goma, Ishasha et Bunagana — sont sous contrôle des rebelles du M23-AFC, tandis que la route Nobili-Mbau-Kamango est rendue impraticable par l’insécurité imposée par les rebelles ougandais ADF.
Autrement dit, si Kasindi tombe, c’est toute la province qui se retrouve enclavée. Et avec un pont Semuliki sur le point de céder, le compte à rebours est enclenché.
L’heure est à l’action, pas aux promesses.
Gerlance Sengi / CONGOPROFOND.NET