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Service national : Kaniama Kasese change de visage et se rêve en hub stratégique
Le Service national (SN) passe à la vitesse supérieure. À Kasese, dans la province du Haut-Lomami, un vaste chantier de modernisation est en cours. Objectif affiché : transformer ce site longtemps associé à la discipline militaire en une véritable vitrine de développement intégré.

Bien au-delà de ses missions agricoles et d’élevage, le SN veut frapper fort. Une aérogare flambant neuve, un hôpital ultramoderne, des écoles, des routes : la mue est visible à l’aérodrome général d’armée Denis Kalume, aujourd’hui cœur battant de cette transformation.
L’hommage au tout premier commandant du Service national devient le point d’ancrage d’une ambition plus large : faire de Kasese une destination stratégique pour l’avenir du pays.

Orthopédie, réinsertion et soins d’excellence
Le général-major Jean-Pierre Kasongo Kabwik ne cache pas son ambition : « Nous allons nous focaliser sur l’orthopédie. Beaucoup de nos bâtisseurs – souvent d’anciens Kulunas reconvertis – se blessent en travaillant dur. Il est temps d’offrir des soins adaptés, mais aussi une vraie réinsertion. »
Le nouvel hôpital, équipé d’ambulances modernes, vise aussi bien les agents du SN que les populations environnantes. Une initiative saluée, tant elle répond à un vide structurel en matière de soins spécialisés dans la région.
Mandalas City : un modèle en construction
En parallèle, Mandalas City sort de terre : une cité en chantier pensée comme un modèle de développement local. Guest house, salles de conférence, complexe omnisports… Le Service national voit loin. Et veut désormais attirer investisseurs, agriculteurs, jeunes entrepreneurs, et même les plus hautes sphères de l’État.
« Kaniama Kasese peut devenir un centre d’échange, un laboratoire de l’agriculture et de l’encadrement des jeunes », insiste Kasongo Kabwik. Avant de lancer une invitation directe au gouvernement : « Qu’il vienne ici, sur le terrain, voir, échanger, comprendre. Et surtout, connecter les politiques publiques à la réalité. »

Rendez-vous en novembre
L’inauguration de l’hôpital spécialisé en orthopédie est annoncée pour novembre prochain. Kasese, jadis terrain de redressement, veut désormais écrire une autre histoire : celle d’un pôle d’excellence made in RDC.
Monica Bubanji/CongoProfond.net
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Révision constitutionnelle en RDC : Ferdinand Lokunda plaide pour une refondation institutionnelle
Le débat sur une éventuelle révision ou réforme constitutionnelle en RD Congo continue d’alimenter la scène politique et citoyenne. Parmi les voix qui se font entendre figure celle de Ferdinand Lokunda Dasilva, président de l’Association des Métis au Congo (ASMECO), une structure de la société civile engagée notamment dans la lutte contre la discrimination raciale, la marginalisation et la défense des droits des enfants sans distinction d’origine.
À travers une série de propositions rendues publiques, Ferdinand Lokunda, à titre personnel, appelle à une « nouvelle Constitution » qu’il juge plus adaptée aux réalités politiques, sécuritaires et institutionnelles de la RDC. Ses desiderata touchent aussi bien à la nationalité, à l’organisation des institutions qu’au mode de gouvernance du pays.

La double nationalité au cœur des propositions
Parmi les réformes majeures défendues par Ferdinand Lokunda figure la reconnaissance de la double nationalité pour les Congolais. Selon lui, tout citoyen devrait avoir le droit d’acquérir une autre nationalité sans perdre celle de la RDC. Une question qui revient régulièrement dans le débat national, notamment au regard de l’importante diaspora congolaise installée en Europe, en Amérique ou ailleurs en Afrique.
L’activiste estime que cette ouverture pourrait renforcer l’apport économique et intellectuel de la diaspora dans le développement du pays, tout en modernisant le cadre juridique actuel.
Un mandat présidentiel plus long
Autre proposition phare : la modification de la durée du mandat présidentiel. Ferdinand Lokunda suggère soit un mandat de 7 ans renouvelable une seule fois, soit un mandat unique de dix ans non renouvelable. Pour lui, cette réforme permettrait au chef de l’État de disposer du temps nécessaire pour exécuter ses projets de société et garantir une certaine stabilité institutionnelle.
La proposition intervient dans un contexte où la question des institutions et de leur efficacité reste largement débattue au sein de l’opinion congolaise.
Les fonctions de souveraineté et la question identitaire
Le président de l’ASMECO propose également un durcissement des conditions d’éligibilité aux fonctions dites de souveraineté. Selon sa vision, tout Congolais ayant des « affiliations » ou des « cordons ombilicaux » avec un pays voisin ne devrait pas accéder à certaines hautes fonctions de l’État.
Une position qui s’inscrit dans un climat politique marqué depuis plusieurs années par les débats autour de la nationalité, de l’identité et des questions sécuritaires dans la région des Grands Lacs.
Vers un Parlement monocaméral ?
Dans ses propositions, Ferdinand Lokunda défend aussi l’idée d’un Parlement à chambre unique composé de 800 députés, estimant que cette formule serait plus adaptée à l’immensité géographique de la RDC. Il plaide en outre pour des élections présidentielles organisées à deux tours afin de renforcer la légitimité populaire du président élu.
Enfin, il souhaite que les gouverneurs des provinces, les responsables territoriaux ainsi que le Premier ministre soient nommés par le président de la République lorsqu’ils ne sont pas originaires des entités concernées.
Rappelons que l’activiste Ferdinand Lokunda développe depuis plusieurs années un discours axé sur la cohésion nationale, la lutte contre les discriminations et la protection des droits des personnes marginalisées. Ses nouvelles propositions constitutionnelles viennent ainsi élargir le champ d’intervention de ce citoyen qui entend désormais peser dans le débat public sur l’avenir institutionnel de la RDC.
Tchèques Bukasa/CONGOPROFOND.NET
