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Kinshasa : la population dénonce les pratiques frauduleuses au sein de la SNEL

La Société nationale d’électricité (SNEL) est au cœur d’une controverse majeure, alors que des accusations de corruption et de pratiques frauduleuses émanent de la population kinoise.

Créée en 1970, la SNEL, établissement public à caractère industriel et commercial, est chargée de la production, du transport et de la distribution de l’électricité en RDC. Cependant, son fonctionnement est de plus en plus remis en question par les usagers.

Selon un sondage mené auprès des habitants de Kinshasa, des agents de la SNEL se livreraient à des extorsions et à des actes de corruption. Ils exigeraient des paiements illégaux sous divers prétextes, tels que « somba délestage » ou « cotisation pour achat de fusible », en échange du rétablissement du courant.

« Les agents, sous ordre de mission donné à voix basse par leur chef, passent chez les abonnés sans carte de service pour leur faire payer une taxe mafieuse appelée somba délestage. Ils se remplissent les poches sur le dos des populations, qui, à la fin du mois, auront encore des factures officielles à payer », dénonce un habitant.

Un jargon obscur et des coupures intempestives

La SNEL est également accusée d’utiliser un jargon obscur, incompréhensible pour les usagers, et de procéder à des coupures de courant intempestives, sans préavis.

« La SNEL a créé des termes qui n’existent nulle part ailleurs, ni dans un dictionnaire français, ni dans un lexique technique : Fédéré (que je comprends comme Feu d’Air), Somba délestage, Cotisation pour achat de fusible, Sololisa agent, Mère mutu nayo aye », témoigne un autre usager.

Plus grave encore, la SNEL est soupçonnée de complicité avec des criminels, notamment dans les communes de Kalamu et Matete. Des coupures de courant nocturnes coïncideraient étrangement avec des actes criminels, et des agents de la SNEL seraient aperçus sur les lieux juste après les forfaits.

« Cela arrive souvent, surtout entre minuit et deux heures du matin. Vous verrez que le courant est coupé, et aussitôt après, les criminels commencent à opérer. Dès que la population est alertée et se réveille, les criminels prennent la fuite et, comme par magie, le courant est rétabli », raconte un témoin.

Appel à une enquête et à une réforme

Face à ces accusations, la population kinoise demande une enquête approfondie et une réforme en profondeur de la SNEL. Elle appelle également les organisations de défense des droits de l’homme à se saisir de cette affaire.

« Nous appelons les ONG, les ASBL, ainsi que les ministères des Affaires sociales et de la Justice à assister la population et à lui expliquer ce que dit la loi en matière de droit commercial. Il est crucial que les citoyens comprennent le fonctionnement de la SNEL, ses obligations, ainsi que les droits et devoirs des usagers pour une meilleure collaboration », déclare un représentant d’une association de défense des droits de l’homme.

Mike Tyson Mukendi / CONGOPROFOND.NET