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Guerre du M23 : Émile Mapatano Kamboris appelle à la culture de paix et au développement
Face à la persistance des violences dans la région des Grands Lacs, l’acteur de la société civile et défenseur des droits de l’homme, Émile Mapatano Kamboris, tire la sonnette d’alarme et appelle à un sursaut collectif pour mettre fin aux conflits. Il déplore le fait que la situation dramatique en République démocratique du Congo soit largement ignorée.
« La guerre dans la région des Grands Lacs est une triste réalité malheureusement ignorée du grand monde, en cette période où le vivre-ensemble devrait être un slogan pour l’humanité. Mais hélas, au Congo, la guerre déchire des familles, des ambitions, voire même l’humanisme, car l’homme avant la guerre est différent de l’homme après la guerre », prévient-il.
Pour cet activiste, il est urgent de bannir les discours haineux et de privilégier des politiques de développement inclusif au profit des populations civiles. Il estime que les ressources actuellement consacrées à la guerre pourraient être utilisées pour améliorer les conditions de vie des citoyens.
« D’où l’intérêt de bannir tout discours de haine, de violence et même toutes les actions de violence, à l’occurrence la guerre, car pour les populations actuellement, nous avons besoin de moyens pour finir la famine, le chômage, construire des écoles, des hôpitaux, faire des travaux champêtres. Ainsi, les moyens mis en place pour faire la guerre dans la sous-région seraient des moyens mis en place pour le développement inclusif ».
Dans la ville de Goma, particulièrement touchée par les violences, il exhorte les habitants à faire preuve de résilience et de détermination, malgré les souffrances quotidiennes.
« Nous appelons la population de Goma encore une fois à survivre à ce énième chaos par le sens du courage et du travail, car sans eux-mêmes, le pain de tous les jours à mettre sous la dent sera un rêve », lance cet leader d’opinion et de la société civile congolaise.
Émile Mapatano Kamboris interpelle les différentes parties en conflit, les invitant à s’inspirer des idéaux panafricanistes prônant l’unité et la solidarité, afin de rétablir la paix et la stabilité dans la région.
« Ainsi, nous transmettons notre demande à toutes les parties prenantes en conflit de repenser les discours de nos aînés panafricains comme Julius Nyerere avec le slogan Ujamaa, donc vivre ensemble. »
Dans une région marquée par des décennies d’instabilité, cet appel à la paix et au développement résonne comme une lueur d’espoir pour des millions de personnes aspirant à un avenir meilleur.
Franck Kaky/CONGOPROFOND.NET
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La mosaïque d’un peuple-monde : RDC, l’empître géologique qui défie l’indifférence du monde
Avec ses 250 ethnies, ses 450 tribus, ses 78 855 villages et sa myriade de provinces, villes, territoires et chefferies, la RD Congo n’est pas un pays : c’est un continent d’humanité. Là où d’autres nations peinent à gérer trois langues ou dix régions, la RD Congo tient, vivante, bouillonnante et résiliente, une diversité qui ferait vaciller n’importe quelle administration occidentale.
Ce n’est pas un chaos, c’est un miracle politique et social – un laboratoire du vivre-ensemble à l’échelle de l’Afrique tout entière. Sous ce kaléidoscope humain repose un sous-sol à faire pâlir les milliards du Golfe : coltan, cobalt, cuivre, or, diamants, lithium… La RDC est le scandale géologique par excellence, un coffre-fort naturel que le monde pille sans vergogne tout en feignant d’ignorer sa dette historique.
Chaque batterie de nos smartphones, chaque transition énergétique “verte” repose sur les entrailles congolaises – et pourtant, ce pays reste traité en périphérie du jeu mondial. Quelle autre nation supporterait une telle contradiction sans imploser ? La grandeur doit être exigée à tous ceux qui osent prétendre la diriger. Alors oui, diriger cette exception planétaire ne se mesure ni en sièges dorés ni en discours lisses.
Celui qui aspire à gouverner la RD Congo doit porter en lui la hauteur vertigineuse de ce peuple et l’humilité face à cette terre prodigieuse. Il ne s’agit pas de gérer une crise, mais d’incarner une renaissance. Si les dirigeants congolais prenaient pleinement la mesure de ce qu’ils ont – cette diversité, ces ressources, cette âme indomptable – leur stature deviendrait aussitôt celle des plus grands bâtisseurs d’histoire. Car la RD Congo n’attend pas un chef : il attend un géant à sa mesure.
TEDDY MFITU
Polymathe, chercheur et écrivain / Consultant senior cabinet CICPAR
