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Crise sécuritaire M23/Rwanda : Lutala Trésor, élu de Mwenga, plaide contre les injustices à l’Est devant l’Assemblée française

L’honorable Lutala Trésor, député élu de Mwenga (Sud-Kivu), fait partie de la délégation parlementaire congolaise envoyée à Paris pour sensibiliser les partenaires européens sur la situation dramatique à l’Est de la République Démocratique du Congo. La mission, organisée par l’Assemblée nationale, avait pour objectif de rencontrer des parlementaires français, belges et de l’Union européenne afin de dénoncer les atrocités commises dans cette région et de solliciter un soutien international plus actif.

Hon. Lutala Trésor, lui-même victime des atrocités rwandaises en 1998, s’est présenté comme un témoin vivant des violences perpétrées à cette époque. « J’ai vu des femmes enterrées vivantes, des massacres inimaginables. Aujourd’hui, je suis ici pour parler de ces horreurs et dénoncer ce qui se passe encore actuellement à l’Est », précise-t-il.

Le député a évoqué la dégradation de la situation sécuritaire dans le Sud-Kivu, notamment à Bukavu, où des vidéos récemment diffusées montrent des violences inouïes et des attaques meurtrières. Il a également interpellé les dirigeants français sur leur position ambiguë, critiquant Emmanuel Macron pour son appel au cessez-le-feu uniquement après l’occupation de Bukavu, et non lors de la prise de Goma. « Pourquoi ce silence sur Goma ? Pourquoi cette réaction sélective ? », s’est-il interrogé.

Il a accusé la France et l’Union européenne de complicité tacite avec les agresseurs en ne dénonçant pas fermement les violences et les pillages qui ravagent l’Est du Congo. « Ils ont dénoncé le génocide rwandais, mais ils ferment les yeux sur ce qui se passe ici », a-t-il ajouté.

Face à cette crise, l’élu de Mwenga appelle à un dialogue national inclusif entre le président Félix Tshisekedi et tous les Congolais. Cependant, il rejette toute idée de négociation avec les rebelles ou les forces ennemies, soulignant que la priorité est de rassembler les enfants de la nation autour d’une vision commune pour sauver le pays.

Il exhorte également les Congolais à intégrer massivement les Forces armées de la RDC (FARDC) pour renforcer et réformer une armée minée par des pratiques douteuses. « Certaines autorités militaires exploitent illégalement nos minerais pour les vendre au Rwanda. Cela doit cesser. Nous avons besoin d’une armée digne de confiance, composée de patriotes engagés », a-t-il martelé.

La crise humanitaire s’aggrave également, avec des déplacements massifs de populations vers le Burundi passant à Uvira. Les pillages, la libération de prisonniers, et les épidémies imminentes ajoutent à la détresse des habitants. Le député a lancé un appel pressant aux Nations Unies et à ses agences pour venir en aide à ces populations.

Il a aussi encouragé la population de Mwenga à rester unie, à ne pas céder aux propositions de l’ennemi et à résister face à la situation. « Le Congo est notre pays, notre richesse. Nous devons le protéger et rester solidaires », a-t-il conclu.

Le fils élu de Mwenga réitéré son engagement à défendre les intérêts de ses électeurs et à plaider pour la paix et la stabilité dans la région. Il a promis de continuer à porter la voix des victimes à toutes les tribunes internationales, tout en exhortant les Congolais à s’unir pour surmonter cette crise sans précédent.

Dorcas Mwavita/CONGOPROFOND.NET