Tribune
Réforme de la Police en RD Congo : Vers une Institution Professionnelle et Intellectuelle ( Tribune de Jules Tshipamba/Juriste)
La réforme institutionnelle de la Police Nationale en RD Congo est essentielle pour garantir la stabilité et le développement du pays. À une époque où la sécurité de la population et la confiance envers les forces de l’ordre doivent être renforcées, il est impératif de répondre aux défis contemporains par une réforme en profondeur de la police nationale. Les nombreuses initiatives menées jusqu’ici n’ont pas permis de combler les lacunes persistantes de ces institutions. Ainsi, une révision ciblée des lois, notamment la Loi Organique n°11/013 du 11 août 2011 portant organisation et fonctionnement de la Police Nationale Congolaise et la Loi n°13/013 du 1er juin 2013 portant statut du personnel de carrière de la Police Nationale, est nécessaire pour professionnaliser le recrutement, instaurer une chaîne de formation, créer une école de police et améliorer les conditions de travail des agents.

1. Professionnalisation et formation
La réforme doit viser à élever le niveau d’exigence du recrutement. Nous proposons que seuls les détenteurs d’une licence (bac+3) soient éligibles au concours d’entrée dans la police ( En commençant par une formation à l’académie spécialisé). Cette mesure assurera que les agents soient non seulement compétents sur le terrain, mais aussi capables de réfléchir stratégiquement aux enjeux complexes de notre société. De plus, la création d’une école de police est indispensable pour ancrer dès le jeune âge les valeurs fondamentales de la discipline, du civisme et du respect des droits humains. ( À l’école de police, les diplômés d’Etat sont aussi admissible moyennant un concours). Les élèves y apprendront également la gestion des conflits, la médiation et les stratégies adaptées à la mission de protection des citoyens.
À l’issue de leur formation initiale, les diplômés de l’école de police intégreront une académie spécialisée pour des cours avancés en droit pénal, procédure pénale, criminologie, cybercriminalité, leadership et gestion des crises.
2. Amélioration des conditions de travail
Il est crucial de revaloriser les conditions de travail des policiers. Cela inclut l’instauration d’un salaire minimum de 1.450.000 FC (500 USD au taux du jour) pour le dernier grade, accompagné d’une prime de risque de 50 % du salaire. Une couverture médicale complète, des pensions de retraite dignes et des indemnités en cas de blessure ou décès en service doivent également être mises en place. De plus, il est essentiel de fournir des outils de travail adaptés, tels que des véhicules, des radios et des équipements de protection, pour assurer l’efficacité des interventions. Des logements durables devront être construits pour les agents.
Au finish ces réformes visent à :
a. Moderniser la Police Nationale, en en faisant une force intellectuelle et stratégique face aux défis sécuritaires contemporains;
b. Rétablir la confiance des citoyens en une police formée et respectueuse des droits humains.
c. Renforcer l’État de droit, en faisant de la police un pilier de la démocratie.
Nous pouvons utiliser le même modèle de réforme que je propose pour la Police Nationale, afin de réformer en profondeur l’Armée Nationale Congolaise