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Patrice-Emery Lumumba : L’héritage éternel d’un combattant de la liberté
Patrice-Emery Lumumba, figure emblématique de la lutte pour l’indépendance du Congo, transcende le simple cadre d’un homme politique. Son combat, sa vision et ses valeurs immatérielles continuent d’inspirer et de galvaniser les consciences, non seulement au Congo, mais également au-delà des frontières africaines. Aujourd’hui, 64 ans après sa mort tragique, il est impératif de revisiter son héritage et de réfléchir à la manière dont ses idéaux peuvent guider les générations futures.
Patrice Lumumba a incarné le rêve d’un Congo libre, autonome et fier. Sa célèbre déclaration lors de l’indépendance, où il a affirmé que « le Congo doit être un pays libre et indépendant », résonne encore dans les cœurs des Congolais. Ce cri de ralliement n’était pas simplement une demande de liberté politique ; c’était un appel à la dignité, à la justice sociale et à la reconnexion avec une identité culturelle souvent étouffée par le colonialisme. La souveraineté, pour Lumumba, n’était pas qu’un mot, mais un principe cardinal, une valeur immatérielle qui devait guider l’action politique et sociale.
Les valeurs immatérielles que Lumumba a transmises sont indélébiles. Courage, intégrité, solidarité et amour pour la patrie sont les pierres angulaires de son discours. Il a compris que la lutte pour l’indépendance ne se limitait pas à la conquête du pouvoir, mais qu’elle englobait également la construction d’une société juste et équitable. Lumumba a osé défier les puissances coloniales, mais il a également plaidé pour une unité africaine, une vision où les nations du continent pourraient se soutenir mutuellement dans la quête d’une véritable autonomie.
Le combat de Lumumba pour l’indépendance est loin d’être achevé. À une époque où la République Démocratique du Congo fait face à de nombreux défis – corruption, exploitation des ressources, et ingérence étrangère – il est crucial que les Congolais continuent de s’inspirer de son engagement. Le legs de Lumumba n’est pas seulement une mémoire à honorer, mais un appel à l’action. Chaque Congolais a la responsabilité de mener le combat pour la souveraineté, de revendiquer les droits fondamentaux et de travailler pour un avenir où les richesses du pays profitent réellement à son peuple.
En réfléchissant à l’héritage de Lumumba, nous sommes confrontés à une question philosophique essentielle : qu’est-ce que la véritable indépendance? Peut-on être libre tout en étant dépendant économiquement ou politiquement d’autres nations? Lumumba nous pousse à interroger notre réalité contemporaine et à aspirer à une autonomie totale, où chaque Congolais peut se réaliser pleinement.
Patrice-Emery Lumumba, à travers son sacrifice, a planté les graines d’un avenir meilleur pour le Congo. Ses valeurs immatérielles et sa vision d’une nation souveraine continuent de vivre dans le cœur des Congolais. En ce 17 janvier, alors que nous commémorons sa mémoire, il est temps de raviver la flamme de son combat. L’héritage de Lumumba doit servir de boussole pour le peuple congolais, un rappel que la lutte pour la justice, l’égalité et la dignité humaine est plus pertinente que jamais. Le chemin est long, mais avec détermination et solidarité, cet héritage peut se transformer en réalité, affirmant ainsi que le rêve de Lumumba n’est pas mort, mais se poursuit vigoureusement à travers chaque acte de résistance et de revendication pour un Congo véritablement libre et indépendant.
TEDDY MFITU
Polymathe, chercheur et écrivain / Consultant senior cabinet CICPAR
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Zaïko Langa Langa : L’héritage éternel de Mbuta Matima dans les nuits de Kinshasa
Le 26 mai 1996 disparaissait à Liège l’un des artisans les plus discrets mais les plus importants de l’histoire de Zaïko Langa Langa : Zéphyrin Matima Mpioso. 30 ans après son décès, de nombreux mélomanes continuent de s’interroger : pourquoi parle-t-on si peu de celui qui a pourtant tant contribué à la réussite et à la rigueur musicale du mythique orchestre kinois ?

Connu affectueusement sous le nom de « Ya Matim’s », Mbuta Matima était un véritable enfant de Matonge, anciennement Renkin, sur l’avenue Inzia. Guitariste talentueux, musicien méthodique et homme de l’ombre respecté, il incarnait le professionnalisme au sein du groupe.
Avant de rejoindre Zaïko Langa Langa en 1969, il avait débuté chez Stukas Boys aux côtés de Lita Bembo. D’abord influencé par les reprises pop occidentales, il évoluera progressivement vers la rumba et le sebene, devenant au fil des années l’un des piliers techniques du son Zaïko.

Un directeur artistique rigoureux et respecté
Souvent présenté comme soliste secondaire, Mbuta Matima était bien plus qu’un simple guitariste. Il occupait un rôle central dans l’organisation musicale du groupe : directeur artistique, arrangeur, coordinateur et auteur-compositeur.
Les habitués des concerts du mythique Kimpwanza Bar se souviennent encore des balances minutieuses qu’il dirigeait avant chaque prestation. Rigoureux et exigeant, il veillait à la qualité sonore et à la cohésion musicale de l’orchestre.
Plusieurs chansons portent son empreinte artistique, notamment :
« Toli Kolumpe »
« Kin Kiesse »
« Solomo »
« Nandimi te Nakotika te »
« Kazo »
« Masela »
« Kabobo »
« Mena »
« Reviens Hyppau »
À travers ces œuvres, Mbuta Matima a participé à construire l’identité musicale moderne de Zaïko, devenue une référence majeure de la rumba congolaise.
« A nge Matima, a Mbuta Matima, kolele ! » : cette phrase résonne encore comme un hommage à un homme dont le nom mérite d’être gravé parmi les grands bâtisseurs de la légende Zaïko.
Tchèques Bukasa/CONGOPROFOND.NET
