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7 000 kilomètres pour la Paix : Miguel Masaisai, le rêveur à vélo qui relie l’Afrique
Le 15 mai 2025, à l’aube, sans fanfare ni cortège, Miguel Masaisai a enfourché son vélo à Goma, avec pour seuls compagnons un sac, une tente, un panneau solaire et une conviction inébranlable : la paix vaut chaque coup de pédale. À 23 ans, cet athlète congolais s’est lancé dans une aventure de 7 000 kilomètres à travers huit pays africains, de Goma à Cape Town, pour porter haut un message devenu rare sur le continent : celui de la réconciliation, de l’unité et de l’espoir.
Un rêve plus grand que lui
« Je suis parti avec un rêve trop grand. Un rêve qui s’appelle PAIX. Une paix pour Goma. Pour l’Est du Congo. Pour l’Afrique. » Ces mots, partagés à la fin de sa première journée de route, illustrent la portée symbolique de cette traversée baptisée « Pedals for Peace ».
Depuis les premiers 170 kilomètres entre Goma et Kigali, Miguel ne roule ni pour la gloire ni pour un record : il roule pour faire entendre un cri. Celui des enfants déplacés, des femmes fuyant les violences, d’une jeunesse en quête d’avenir. Ayant déjà accompli deux Ironman à Rubavu et traversé le lac Kivu à la nage sur 10 kilomètres, Miguel connaît l’endurance. Mais cette fois, c’est l’âme qu’il engage.
Un parcours, une vision
Son périple traversera la RDC, le Rwanda, le Burundi, la Tanzanie, la Zambie, le Botswana, la Namibie et l’Afrique du Sud. À travers ce tracé, il relie deux symboles africains : Goma, ville meurtrie par les conflits et les éruptions, et Cape Town, symbole de renaissance post-apartheid. Une route chargée d’histoire, de blessures et de possibles guérisons.
« Je roule pour inspirer. Pour dire aux jeunes : on peut rêver, même au milieu des ruines. On peut agir, même sans budget. Je veux que la voix de Goma traverse les murs du silence. », a-t-il déclaré.
L’acte de foi d’un jeune d’aujourd’hui
Miguel voyage sans équipe de soutien. En totale autonomie, il documente chaque étape de son aventure avec l’idée d’en faire un documentaire. Ce projet, estimé à 5 000 euros, cherche encore des partenaires. Mais pour Miguel, « ce n’est pas l’argent qui fait avancer un homme, c’est le sens qu’il donne à ses pas. »
Il veut prouver que la jeunesse africaine peut être actrice de paix, sans armes, sans haine. « Pedals for Peace, ce n’est pas un exploit sportif. C’est un acte de résistance. Un message vivant contre le tribalisme, la haine et le découragement. »
L’après-voyage : continuer à semer
À son arrivée prévue en août 2025 à Cape Town, Miguel entend prolonger l’élan par des conférences et des actions auprès des jeunes, des communautés déplacées, des écoles. Il veut transformer cette route en catalyseur, cette aventure en levier. « Aujourd’hui, j’ai mal aux jambes. Mais mon cœur bat fort. Parce que je sais pourquoi je roule. Et pour qui. » Le jeune homme surnommé « The Unstoppable Masai » conclut dans un souffle : « Ce n’est que le début. Le monde n’a encore rien vu. On ne peut pas arrêter un rêve en mouvement. »
Tchèques Bukasa/CONGOPROFOND.NET