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Quel aurait été le cours de l’histoire de ce pays sans Joseph Kasa-Vubu ?( Tribune de Pierre Anatole Matusila, ABAKO) 

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Essai pour façonner autant que faire se peut les multiples facettes de la riche et dense personnalité du premier Président de la République Démocratique du Congo.

Sans vouloir jouer à l’historien, je voudrais en situer la portée à trois niveaux : au niveau de la figure emblématique même du Président Joseph KASA-VUBU, au niveau de l’histoire politique de RD Congo et au niveau du peuple Kongo.

Il me semble que, sans le premier Président de la République, l’accession de notre pays à l’indépendance aurait été retardée de plusieurs années. Mais, en même temps, la nation congolaise aurait manqué un homme d’Etat d’exception dont les historiens et les éminentes personnalités de l’histoire politique du pays ont reconnu les qualités légendaires, parmi lesquelles je me limiterai à indiquer les qualités de sagesse et d’honnêteté, un attachement indéfectible à la patrie, le sens du devoir et de l’Etat… Tant de qualités qui ont fait de cet Homme un véritable paradigme d’une gestion politique responsable et promotrice de l’homme.

C’est grâce à ces qualités exceptionnelles que Joseph KASA-VUBU a fait preuve d’un leadership efficace dans la direction de l’ABAKO. Joseph KASA-VUBU a hérité du fondateur de l’ABAKO, Edmond NZEZA N’LANDU, d’un contenant, il lui a donné un contenu.

En effet, c’est KASA-VUBU qui a posé les bases juridiques de l’Association. C’est encore lui qui a contribué à la croissance et à la consécration du mouvement culturel, d’abord, et politique, ensuite, sur le plan national et international.

Pour de nombreux observateurs, Il existerait une relation croisée entre KASA-VUBU et l’ABAKO et j’ajouterai même entre KASA-VUBU et la République démocratique du Congo   :
«  KASA-VUBU a largement contribué à la mutation de l’ABAKO, de l’association culturelle au parti politique d’avant-garde qui a joué un rôle déterminant pour l’accession de notre pays à l’indépendance. KASA VUBU ne serait sans doute pas devenu Président de la République s’il n’était pas à la tête d’un parti politique qui a joué un rôle de premier plan dans la manifestation du nationalisme congolais ».

C’est grâce à ces qualités exceptionnelles que le premier Président de la République Démocratique du Congo a su préserver le pays de la désintégration et de l’implosion alors même que tous les signaux l’annonçaient : sécession du Katanga, sécession dans le Kasaï, rébellion dans la partie orientale, instabilité gouvernementale dans la capitale, dissensions dans la classe politique, jusqu’au sein de l’ABAKO, arrestations du commandement militaire par les hommes de troupes qui ont eu pour conséquence des mutineries … Joseph KASA VUBU a affiché clairement son attachement indéfectible à l’unité nationale comme une exigence non négociable en s’opposant à toutes les velléités autonomistes d’où qu’elles viennent.

KASA-VUBU n’était plus l’homme d’un parti mais l’homme au-dessus des partis. C’était la conviction intime qu’il se faisait de ses nouvelles fonctions!

Par son combat laborieux et résolu pour l’indépendance du Congo, aux côtés de ses pairs de l’ABAKO, et pour les qualités exceptionnelles dont il a fait montre dans la conduite du pays durant les cinq premières années de son existence en tant qu’Etat souverain, Joseph KASA-VUBU mérite d’être reconnu et proclamé «Père de l’Indépendance de la République Démocratique du Congo». En le faisant, la Nation se réconcilierait avec son histoire. Nous rendons un vibrant hommage au Président de la République Félix Antoine TSHISEKEDI TSHILOMBO de l’avoir sorti des oubliettes de la mémoire collective en le proclamant « Héros national ».

Car, une nation s’édifie autour de ses figures emblématiques, ces grands hommes qui font l’histoire d’une nation, ces héros, ces conducteurs d’âmes, ces véritables phares dans sa marche, ces véritables incarnations et assomptions des aspirations de leurs concitoyens dans l’accomplissement de l’Idée qu’ils se font d’eux-mêmes et de leur rôle dans le concert des Nations.

« Ayant saisi les fins et les idéaux qu’une population se doit de poursuivre pour son plein accomplissement, ils en font le but de leur agir, poursuivent passionnément ce but et consacrent tout leur caractère, leur génie et leur tempérament. C’est pourquoi ils exercent sur leurs concitoyens un pouvoir qu’ils acceptent malgré les réticences de leur volonté consciente ».

Pourquoi cet éveil de conscience dont l’émergence remonte déjà au combat mené tant par Kimpa Vita dans le Royaume KONGO, en passant par la colonisation et le mouvement messianique dont la figure emblématique fut Simon Kimbangu, que par beaucoup d’autres résistants et qui a pris pleinement forme avec la création et la consolidation de l’ABAKO ainsi que d’autres mouvements nationaux qui, bien que postérieurs à ce parti, ont eu pour objectif la libération de la population congolaise, pourquoi, disais-je, cet éveil de conscience a laissé place progressivement à une démission, à un désenchantement et finalement à un refus de nous assumer comme société d’hommes libres, engagés résolument et laborieusement dans le processus de transformation de nos conditions d’existence et d’appropriation de notre futur ?

Notre évidente incapacité à changer le cours de notre société, dont le sort parait comme d’avance scellé du fait de notre irresponsabilité, ne résulte-t-elle pas précisément de la dérive existentielle consécutive à notre refus de nous ressourcer auprès des monuments de notre histoire et de nous imprégner ainsi des valeurs qu’ils incarnaient ?

Il importe de le redire : il n’y a pas de nation, il n’y a pas de peuple sans conscience historique. Celle-ci se construit notamment par la reconnaissance et la consécration de ceux qui font l’histoire d’une nation et sur les traces et les sédiments psycho-sociaux laissés par les grands hommes de l’histoire, ces architectes de la destinée des peuples. Ils ont su forger en une destinée voulue et assumé le destin de leurs populations. Le Président Général de l’ABAKO, premier Président de la République Démocratique du Congo, fut un grand architecte de la destinée de la nation congolaise. Jusques à quand notre nation poursuivra-t-elle son parricide ?

Un peuple n’est pas un agrégat d’individus dont les enjeux existentiels se décideraient ailleurs. Un peuple est un corps des citoyens qui, ayant la pleine conscience de leur histoire, affirme leur volonté d’être, de participer à l’histoire et de rester dans l’histoire en termes de jouissance de leur liberté et de maîtrise ainsi que de réalisation de ses conditions d’existence en tant qu’hommes, en tant que sujets et non objet, sous la conduite de ces instruments de l’Histoire que sont les grands hommes, les héros véritables, qui œuvrent à son accomplissement.

Les idéaux et les valeurs qu’incarnaient le combat de Joseph KASA-VUBU, il les a puisés dans la mémoire historique du peuple auquel il appartenait, le peuple Kongo ; ce peuple qui a été à l’avant-garde du combat pour la liberté. Démographiquement minoritaire, Joseph KASA VUBU en a fait une minorité éveillée et agissante par le renforcement de leur conscience politique.

De ce point vue, l’ABAKO et le Président Joseph Kasa-Vubu constituent les résultats d’un long processus qui remonte aux luttes nées des illusions quant aux intentions réelles du Portugal dans ses relations avec le Royaume Kongo, se poursuivant sous la colonisation belge, jusqu’à la lutte menée par l’ABAKO sous le leadership de Joseph KASA-VUBU pour l’accession de notre pays à la souveraineté nationale et internationale.

Mais qu’est-il devenu, ce Soleil de liberté qui s’est levé très tôt au pays Kongo ? Pourquoi les Congolais en général et le peuple Kongo en particulier ont-ils participé, fût-ce par leur passivité, au parricide de Joseph KASA-VUBU et à ce que d’aucuns ont qualifié d’un «travail grossier de falsification de l’histoire » ?

Avons-nous été et sommes-nous des dignes dépositaires de ce riche héritage ? Entre les Bakongo d’aujourd’hui et ceux des origines de notre histoire, entre les Congolais d’aujourd’hui et ceux qui ont lutté pour conquérir notre liberté, un fossé immense s’est étendu qui fait douter de notre filiation concrète au monde glorieux des nos ancêtres. Sommes-nous vraiment les héritiers de nos glorieux ancêtres ? Rien ne laisse transparaître qu’il y a chez les Congolais d’aujourd’hui le souffle révolutionnaire des ces combattants de liberté. Nous sommes peut-être des rejetons dégénérés d’une grande civilisation dont nous avons perdu l’esprit.

Il ne nous reste plus qu’à nous remotiver et à nous remobiliser pour renaitre de nos cendres. Car l’esprit révolutionnaire peut se mettre en veilleuse, voir disparaitre pour rejaillir plus tard. Une pensée qui a saisi les aspirations profondes d’un peuple finit tôt ou tard par se matérialiser.

Puisse l’esprit de Joseph KASA VUBU, « cette étoile scintillante dans le firmament politique Congolais», éclairer notre agir politique et nous aider à affronter les défis auxquels notre pays fait face actuellement en ce jour commémoratif du cinquante-deuxième anniversaire de son retour triomphal au village glorieux de nos ancêtres.

Kinshasa le 24 mars 2021
Pierre Anatole MATUSILA. Président Général de l’ABAKO


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Insalubrité : Kinshasa, une capitale crasseuse…

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Kinshasa. C’était la réponse il y a quelques années à une question posée aux participants du magazine « Question pour un champion » sur la chaine de télévision francophone TV5 au sujet de la capitale la plus crasseuse de la planète. Il y avait certes eu de l’indignation à travers la ville. Mais dans la conscience collective, il s’avérait que cette réponse pouvait tout autant être correcte.

La saleté, c’est l’une de caractéristiques de Kinshasa, capitale de la République démocratique du Congo. Le chanteur JB Mpiana l’a dit dans une des ses chansons, soulignant que « Poto Moindo » (belle ville subsaharienne) de jadis est devenue une ville folle, sale, avec des mœurs détruites, une grosse poubelle. Ancien gouverneur de la ville province de Kinshasa, André Kimbuta avait bizarrement pris la décision de placer des poubelles publiques sur les grandes avenues, rendant la mégapole malodorante, des ordures ainsi exposées dégageaient une puanteur insupportable dans la ville. « J’ai demandé aux autorités un financement conséquent pour évacuer les immondices et rendre la ville propre, mais en vain », avait-il lâché une fois. L’on se souvient encore d’une autre phrase qui s’était échappée de lui face à une détérioration indescriptible sur une centaine de mètres de la chaussée de l’avenue de l’Université dans la commune de Ngaba, que la population avait nommé « Libulu Manzengele ». Celui qu’on appelle Haut Sommé ou encore Ya André s’était écrié sur un ton un peu humoristique mais sincère et hors caméra : « Mboka oyo ekobonga lisusu te » (cette ville ne s’affranchira pas de son marasme). C’est la représentation de l’Union européenne à Kinshasa qui s’est investi dans l’évacuation des immondices entassés sur les décharges publiques placées au bods de grandes artères de la ville.

Écarté des affaires, André Kimbuta a laissé la place à Gentiny Ngobila Mbaka. Et ce dernier a de go centré son action sur la propreté de la capitale, avec le programme « Kin Bopeto ». Quelques artères principales dans la ville sont réhabilitées ou même reconstruites après des décennies, mais la saleté a tellement la peau dure à Kinshasa, presqu’au grand désespoir des autorités du pays.

Lorsqu’il y a averses sur Kinshasa, après la pluie, ce n’est nullement le beau temps ! La ville est quasi inondée, l’eau des pluies s’évacuent à peine dans des tranchées et caniveaux non curées, des mares d’eau par-ci par-là ; une configuration de chaos général s’observe à Kinshasa après la pluie, sans mentionner des dégâts importants, et même de pertes en vue humaines occasionnées par le mariage entre le courant électrique dont les fils sont mal installés et les eaux de pluie qui trainent. L’on a encore frais en mémoire le drame de Matadi-Kibala dans la partie ouest de la ville où une trentaine des femmes vendant dans le petit marché à la suite du détachement d’un câble électrique de moyenne tension. C’est à croire que l’autorité n’existe pas, la ville semble ne pas être gérée.

Les communes de Lingwala et Kinshasa…

Certaines communes de Kinshasa pourraient même prétendre au meilleur prix de mauvaise gouvernance. Tenez, les communes de Lingwala et Kinshasa sont presque inaccessibles après même une petite pluie d’une trentaine de minutes. Les conduits d’eau construits depuis la colonisation belge et bourrés d’ordures y jetés par la population en déficit de conscientisation sur la gestion des ordures sont littéralement obstrués. C’est le typique cas du ruisseau de la commune de Lingwala, traversant le camp policier Lufungula, bordant les rues Kato et Entente, ainsi que Kato Nord, avant de franchir l’avenue de Libération (ancienne avenue du 24 novembre) et se muer en rivière Gombe. Ce petit cours d’eau est une parfaite illustration de l’inattention des autorités concernées sur le sujet. Ce ruisseau n’a plus été curé depuis deux ou trois ans, étant devenu un dépotoir d’ordures et un canal de vidange de fosses sceptiques des habitations environnantes. L’eau y coule péniblement, une forte végétation a poussé sur la lie du ruisseau déjà rempli de déchets en plastiques. Le bureau communal de Lingwala ne semble pas du tout s’en émouvoir.

Après la pluie dans la commune de Kinshasa, tout est boue ! La saleté est à son comble, il n’est pas surprenant de retrouver la merde -provenant des fosses sceptiques dans des caniveaux du reste pleins d’eaux qui ne coulent pas ! Les autorités urbaines (les bourgmestres), ainsi leur hiérarchie (le gouverneur), devraient être interpellées au siège de la question de l’hygiène dans la capitale de la République démocratique du Congo, plaide un natif de Lingwala ayant requis l’anonymat.

Martin Enyimo/CONGOPROFOND.NET


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