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Affaire » Chebeya « : FIDH, Lotus, ASADHO, VSV et Ligue des électeurs appellent à la réouverture du dossier
L’Observatoire pour la protection des défenseurs des droits de l’Homme (FIDH-OMCT), la Ligue des Électeurs, le Groupe Lotus, l’Association africaine de défense des droits humains (ASADHO) et la Voix des Sans-Voix pour les droits de l’homme (VSV), appellent à la réouverture du dossier Chebeya après de nouveaux éléments dans l’affaire Chebeya viennent d’être publiés par Radio France Internationale (RFI) qui pointent des responsabilités dans l’assassinat du défenseur des droits humains et de son chauffeur, Fidèle Bazana, plus de 10 ans après les faits.
Dans leur communiqué de ce mardi 9 février parvenu à Congoprofond.net, ces organisations affirment que des éléments nouveaux sur les circonstances de l’assassinat du défenseur des droits humains Floribert Chebeya et de son chauffeur, Fidèle Bazana, le 1er juin 2010 en RDC, viennent d’être révélés par RFI, qui les tient de sources policières en exil.
Hergile Ilunga wa Ilunga, à l’époque des faits adjudant de la police au service du colonel Daniel Mukalay et Alain Kayeye Longwa, lui-même chauffeur du major Christian Ngoy Kenga Kenga, aujourd’hui en exil, apparaissent comme les deux exécutants du double assassinat dans l’affaire Chebeya. Ils ont notamment expliqué comment Floribert Chebeya et Fidèle Bazana ont été tués ce 1er juin 2010 par une équipe de policiers mise sur pied par les haut gradés de l’Inspection générale de la Police nationale congolaise (PNC) à Kinshasa, Daniel Mukalay et Christian Ngoy, sur ordre du général John Numbi, alors Inspecteur général de la PNC, protégé de Joseph Kabila, à l’époque président de la RDC, confortant ainsi les déclarations déjà faites par Paul Milanbwe à RFI en 2012.
Hergile Ilunga wa Ilunga et Alain Kayeye Longwa auraient participé à l’exécution extrajudiciaire des deux activistes en transportant les corps et en mettant leur mort en scène.
Leurs déclarations révèlent un élément clé de l’affaire, resté sous silence jusqu’à présent : l’assassinat et l’emplacement du corps de Fidèle Bazana, considéré comme disparu depuis 10 ans. Le corps, selon leurs dires, serait enterré sur la parcelle du colonel Djadjidja, chef de la police militaire à l’époque.
Après l’arrestation de Christian Ngoy Kenga Kenga en septembre dernier à Lubumbashi, les deux exécutants ont fui le pays, craignant que les commanditaires ne les sacrifient. Ils vivent aujourd’hui en exil et se disent prêts à comparaître devant la justice congolaise si leur sécurité est assurée.
Suite à la publication par RFI de nouveaux éléments dans l’affaire Chebeya, l’Observatoire, la Ligue des Électeurs, le Groupe Lotus, l’ASADHO et la VSV appellent les autorités congolaises à rouvrir le dossier pour que la vérité éclate et que la justice soit enfin rendue, permettant d’appréhender les plus hauts niveaux de responsabilité qui ont jusqu’à présent été épargnés par la justice congolaise. La sécurité des nouveaux témoins qui pourraient également être poursuivis devra être assurée par les autorités congolaises et les preuves, conservées.
« Il est grand temps que justice et vérité se fassent dans cette affaire, que les cartes tombent. Le président de la RDC s’y est engagé. La réouverture du procès est inévitable »
Paul Nsapu, Vice-président de la FIDH et président de la Ligue des Électeurs
« La démocratie et l’Etat de droit ne peuvent plus attendre. Il est urgent que l’Etat congolais mette enfin un terme à l’impunité et protège les défenseurs des droits humains »
« Ces révélations témoignent du rôle joué par les autorités congolaises dans l’assassinat de Floribert Chebeya et Fidèle Bazana et rappellent une nouvelle fois l’urgence que justice leur soit enfin rendue », a réagi Gerald Staberock, secrétaire général de l’OMCT. « ».
Thierry Mfundu/CONGOPROFOND.NET
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HGR Kinkole sous tension : Après les violentes échauffourées, les médecins déclenchent une grève dès ce jeudi 16 avril
L’Hôpital Général de Référence de Kinkole a vécu des heures de vive tension dans la nuit du 14 au 15 avril 2026, plongeant le personnel soignant, les malades et leurs gardes dans une situation de panique généralisée. Selon les témoignages recueillis auprès des médecins de garde, des individus venus de Pakadjuma auraient pris le contrôle d’une partie du service de chirurgie, armés notamment de flèches et d’autres instruments jugés agressifs.
D’après les récits du personnel médical, plusieurs portes administratives ont été forcées, notamment celles du secrétariat, du bureau de l’Administrateur Gestionnaire Titulaire (AGT) ainsi que d’autres bureaux centraux. Si les assaillants ne sont pas parvenus à ouvrir certaines pièces, leur présence a suffi à semer la peur dans tout l’établissement. Les malades, les gardes-malades et les soignants ont été pris de panique face à cette intrusion brutale au sein d’un lieu censé être dédié aux soins et à la sécurité.
Le bilan provisoire communiqué par les médecins fait état d’au moins quatre morts alors qu’un premier rapport faisait état de deux décès par balle ainsi que de douze blessés, dont trois cas graves. Plusieurs biens appartenant aux prestataires, patients, stagiaires et accompagnants auraient également été emportés lors des violences. Les blessés ont été transférés à l’hôpital militaire de Kokolo sur décision des autorités communales de N’sele.
Face à cette situation jugée intenable, la quasi-totalité du personnel soignant a quitté l’hôpital et a décrété une grève à compter de ce jeudi 16 avril. Les médecins dénoncent l’absence de garanties sécuritaires et refusent de reprendre le travail tant que leur intégrité physique, celle des patients et celle des infrastructures hospitalières ne seront pas assurées.
Dorcas Mwavita/CONGOPROFOND.NET
